Journée sans voiture

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Une journée sans voiture vise à expérimenter dans le monde une journée de fermeture de la ville aux voitures. Cette journée est pour les piétons, les cyclistes et les transports en commun l'occasion de s'approprier l'espace urbain.

Initialement fixées au 22 septembre au niveau européen, les journées sans voiture font à présent partie d'une initiative plus large appelée Semaine européenne de la mobilité.

Bruxelles sans voiture 2005

Historique[modifier | modifier le code]

Les premières expériences de journées sans voiture remontent à 1956, lorsque la crise de Suez force certains pays à prendre des mesures drastiques pour économiser du carburant. En Belgique, aux Pays-Bas et en Suisse, celles-ci prendront la forme de dimanches sans voiture entre novembre 1956 et janvier 1957. Ces opérations seront répétées en Suisse et en Belgique en 1973 à l'occasion de la crise pétrolière[1].

La première manifestation officielle moderne eut lieu en juin 1996 à Reykjavik en Islande. Les autorités y avaient organisé une journée sans voiture pour encourager les habitants à une mobilité plus propre, moins consommatrice d'énergie et moins dangereuse.

Carte représentant les pays participants aux manifestations de la Semaine européenne de la mobilité et de la Journée sans voitures

En France, c'est La Rochelle qui fut la première, le 9 septembre 1997, à réserver son centre-ville aux piétons, rollers, vélos, tandems, planches à roulettes etc.

Depuis 1998, un nombre croissant de villes y ont adhéré (avec un nombre maximal de près de 1500 villes en 2005). En 2006, le nombre total a diminué, tout en impliquant de nouvelles villes participantes.

L'initiative fut officiellement lancée à échelle européenne en 1998, inscrite dans une Semaine de la mobilité qui présente une thématique différente chaque année (par exemple le changement climatique en 2006). L'idée de situer cette journée à date fixe, le 22 septembre semble souvent céder devant les difficultés à l'organiser un jour de semaine dans les grandes villes[réf. nécessaire].

Certains pays ou villes, comme Bruxelles ou Anvers en Belgique organisent cette journée le samedi ou le dimanche précédant le 22 septembre. L'interdiction de circuler est alors totale pour les véhicules à moteur dans un périmètre très étendu (161 km² pour Bruxelles) : seuls les transports en commun (gratuits ce jour-là), les taxis, les véhicules de secours et les voitures dont les conducteurs sont munis d'une dérogation peuvent y circuler.

En France[modifier | modifier le code]

Si certains commerçants ont protesté, craignant une perte de clients, selon le Ministère de l'Environnement, l'initiative En ville sans ma voiture du 22 septembre 1998 a été appréciée de 84 % de Français et 81 % ont souhaité la voir se renouveler et même s'étendre à toutes les villes en 1999. Le bruit a diminué de 50 % ce jour et la pollution de 40 à 50 %. Ces résultats n'ont cependant été publiés que le 12 janvier suivant. Un autre sondage[2] révèle que 64 % des Français jugent que la circulation en ville n'est que « peu » ou « pas du tout supportable »[3].

Depuis la création de la Semaine de la mobilité en France la « journée sans ma voiture » a disparu en tant que tel. Des collectifs cyclistes dont Vélorution souhaitent faire revivre cette journée en organisant chaque 22 septembre des manifestations giratoires dans plusieurs grandes villes de France. À Paris, en 2006, cette manifestation s'est soldée par l'arrestation de 60 cyclistes par la police.

Statistiques de participation des villes[modifier | modifier le code]

En 2002, le dimanche 22 septembre a vu 1 353 villes de 37 pays européens et quatre villes canadiennes participer officiellement.

En 2003, un millier de villes participent. En dehors de l'Europe, Buenos Aires, Montréal, Taipei et une dizaine de villes du Brésil participent également à l'opération[4].

En 2004, près de 1 500 villes dans une quarantaine de pays se sont mobilisées dont 450 en Espagne[5].

En 2005, la journée sans voiture concerne 1 452 villes dans le monde[6] et concerne une bonne centaine de millions de citadins dont 70 millions en Europe.

En 2006, le mercredi 22 septembre, 1 279 villes se sont inscrites officiellement dans une quarantaine de pays[7]. On constate une certaine baisse dans certains pays comme la France et la Belgique, mais de nouveaux pays s'inscrivent comme par exemple : la Bulgarie, la Croatie, l’ancienne République yougoslave de Macédoine, de Serbie et de Roumanie[8].

En 2007, la journée sans voitures semble remplacée en France par une journée pour favoriser l'usage des transports en commun (ticket valable toute la journée à 1 €). La ville de La Rochelle décide seule de faire la journée sans voitures le 5 octobre 2007, deux semaines après la semaine de la mobilité.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. En Belgique, les 18 et , (Yves Vander Cruysen, Un siècle d'histoires en Brabant wallon, page 142, Éditions Racine 2007, (ISBN 978-2-87386-519-1) (sur GoogleBooks)
  2. Réalisé par 60 Millions de Consommateurs en février 1999
  3. Revue Silence, mars 1999, p. 12
  4. article du 29 septembre 2003 dans envirodroit
  5. notre planete- info, article du 23 septembre 2004
  6. site de la semaine de la mobilité, 2005
  7. Site officiel de la Semaine de la mobilité, avec la liste des pays participants
  8. http://www.notre-planete.info/actualites/actu_1002_semaine_europeenne_mobilite.php site de notre planete-info article du 15 septembre 2006, Édition 2006 de la Semaine européenne de la mobilité

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marcel Robert, « Pour en finir avec la société de l'automobile », 2005, 106 pages. (Livre en téléchargement gratuit). (fr)
  • Chris Carlsson,, Critical Mass, Bicycling's Defiant Celebration, 2002, 256 pages. (en)
  • Anna Semlyen, Cutting Your Car Use, Save Money, Be Healthy, Be Green, 2000, 160 pages. (en)
  • Jane Holtz Kay, Asphalt Nation, How The Automobile Took Over America and How We Can Take It Back. 1998, 440 pages.(en)
  • J.H. Crawford, Carfree Cities 2000, 324 pages. (en)
  • Andy Singer, « CARtoons », 2001 (livre de 100 pages contenant des cartoons sur le thème de l'omniprésence de l'automobile dans nos sociétés, avec en option un Cd Rome présentant les illustrations en haute-résolution (TIF) (Exemples / animation). (en)
  • Lynn Sloman, Car Sick, 2006, 192 pages. (en)
  • Katie Alvord, Divorce Your Car! Ending the Love Affair With the Automobile, 2000, 320 pages.(en)

Liens externes[modifier | modifier le code]