Jourdain de Hauteville

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Jourdain de Hauteville[1] (Giordano d'Altavilla en italien ; né v. 1058 — † 18 septembre 1092[2]) est un chevalier normand qui participa à la seconde phase de la conquête de la Sicile musulmane (v. 1075 - 1091).

Biographie[modifier | modifier le code]

Jourdain est le fils aîné de Roger de Hauteville, 1er comte normand de Sicile. L'identité de sa mère n'est pas connue ; selon Geoffroi Malaterra, c'était une concubine de son père. Jourdain naît probablement dans le sud de l'Italie dans une période comprise entre 1054 et 1062[3].

Il s'illustre en Sicile contre les Musulmans aux côtés de son père, notamment lors du siège de Trapani en 1077. Les assiégés envoyaient paître leurs troupeaux sur un promontoire qui s'étendait aux pieds des murailles. Une nuit, Jourdain, avec quelques compagnons, traversa le bras de mer qui séparait le rivage du promontoire et réussit à s'emparer de tout le bétail. Le manque de vivres ne tarda pas à se faire sentir et la ville dut capituler[4]. Jourdain participe également à la prise de Taormina (1079) et de Syracuse (1086). Il est également présent lors de la capture du dernier bastion musulman, Noto (1091), qui marque la fin de la conquête normande de l'île. Déjà comte de Syracuse, il deviendra seigneur de Noto.

Cependant, en 1075 ou 1076, aux côtés de son beau-frère Hugues de Gercé, il avait subi près de Catane un terrible échec face aux troupes musulmanes de Benavert. Attirés dans une embuscade, les deux jeunes chevaliers furent sévèrement battus ; Hugues trouva la mort au combat tandis que Jourdain put se sauver de justesse avec les survivants de son armée.

Peu après la rébellion d'un vassal de son père, Angelmar (1082), Jourdain se révolte lui aussi en Sicile, soutenu par quelques barons, profitant de l'absence du comte de Sicile, rappelé sur le continent. Il s'empara de Mistretta et de San Marco d'Alunzio, puis marcha sur Troina, espérant qu'il pourrait mettre la main sur le trésor de son père. Ce dernier revint en toute hâte en Sicile, craignant de voir son fils chercher refuge auprès des Musulmans, et étouffa la révolte. Jourdain, croyant obtenir facilement le pardon de son père, décida de cesser les hostilités et vint de lui-même à sa rencontre. Une fois maître de Jourdain et de ses complices, Roger fit crever les yeux aux douze principaux coupables et fit craindre pendant quelques jours à son fils d'avoir à subir un pareil châtiment ; finalement, à la demande de son entourage, Roger consentit à pardonner son fils[5].

En 1089 ou 1090, il se marie avec une sœur d'Adélaïde de Montferrat, la dernière épouse de son père[6].

En 1090, Jourdain obtient le commandement de la Sicile pendant que son père part à la conquête de Malte.

Coupole de l'église arabo-normande Santa Maria de Mili San Pietro.

Encore jeune, il meurt de cause inconnue à Syracuse en 1091 ou en 1092. Geoffroi Malaterra raconte que Jourdain fut d'autant plus regretté qu'on le regardait comme le futut héritier parce que le comte Roger de Sicile n'avait pas eu d'autres fils en état de lui succéder (l'un de ses fils était atteint de la lèpre). Il est ensevelit près de Messine et une pierre tombale le mentionnant se trouve toujours dans le village de Mili San Pietro (près de Messine), dans l'église Santa-Maria-di-Mili, rebâtie par son père peu de temps avant[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dit aussi Jourdain de Sicile (Giordano di Sicilia).
  2. Jeremy Johns, Arabic Administration in Norman Sicily : The Royal Diwan, Cambridge University Press, 2002.
  3. Son père arrive en Italie après la bataille de Civitate (1053) et se marie en 1061 ; la liaison entre sa mère et son père a vraisemblablement eut lieu entre 1053 au plus tôt et 1061 au plus tard. Il est donc possible que Jourdain naît entre 1054 (au plus tôt) et 1062 (au plus tard). Jourdain est déjà chevalier vers 1075, il a donc à cette époque au minimum une quinzaine d'années.
  4. G. A. Loud, The age of Robert Guiscard : southern Italy and the Norman conquest, Longman, 2000.
  5. John Julius Norwich, The Normans in the South, 1016-1130, Longman : London, 1967.
  6. Giovanni Modica Scala, Sicilia medievale : dagli Arabi ai Normanni e agli Svevi, Associazione Culturale Dialogo, 1995.
  7. (it) "Abbazia di Mili".

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Geoffroi Malaterra, De rebus gestis Rogerii Calabriae et Siciliae comitis et Roberti Guiscardi ducis fratris eius, Livres III et IV.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ferdinand Chalandon, Histoire de la domination normande en Italie et en Sicile, t. I, Paris, 1907.
  • John Julius Norwich, The Normans in the South, 1016-1130, Longman : London, 1967.
  • Graham A. Loud, The age of Robert Guiscard : southern Italy and the Norman conquest, Longman, 2000.

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • (en) Charles Cawley, "Jordan of Sicily" sur Medieval Lands, Foundation for Medieval Genealogy, 2006-2013.