Josiah Wedgwood

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Josiah Wedgwood
Le vase néoclassique Portland de Wedgwood

Josiah Wedgwood (12 juillet, 17303 janvier, 1795) était un industriel britannique, né à Burslem (Stoke-on-Trent, Staffordshire) dans une famille de potiers. Il a fondé Josiah Wedgwood and Sons, alias Wedgwood (entreprise), une entreprise de porcelaine et de faïence qui existe toujours aujourd'hui et qui contribua aux débuts de la révolution industrielle britannique. Il était le père de Thomas Wedgwood, ainsi que le grand-père de Charles Darwin et de son épouse Emma Wedgwood (qui étaient donc cousins).

Josiah Wedgwood s'établit dans les propriétés d'Ivy et de Bell House, et s'associa dès 1754 à Thomas Whieldon, qui a également joué un rôle prépondérant dans l'histoire de la céramique anglaise, dans la fabrique de Little Fenton, très prospère entre 1740 et 1780, avec Aaron Wood, qui lui fournissait des moules. Le vernis vert, inventé par Josiah Wedgwood vers 1754, permit à la manufacture de Little Fenton de simuler des fruits et des végétaux.

En 1759, il ouvrit à Burslem, sa ville natale du Staffordshire, sa propre manufacture, qui reçut en 1765 la première commande de la famille royale. En 1769, Wedgwood fonda aux environs de Stoke-on-Trent, avec le marchand et homme de lettres Thomas Bentley, la grande usine « Etruria », donnant à la fabrication industrielle un développement et une qualité jusque-là inconnus. Les ateliers de l'Etruria poursuivent aujourd'hui la fabrication régulière de la faïence fine pour les services de table.

Josiah Wedgwood était l'archétype du « praticien éclairé ». Obsédé par l'analyse, il était attaché à comprendre puis à modifier ses coûts et a étudié de près les méthodes de production. Il se tint informé des progrès de la technologie des matériaux et se lança lui-même dans la recherche scientifique, pour créer des produits novateurs et transformer les techniques de production.

Son entreprise devint ainsi un laboratoire, qui innova tant sur le plan de l'organisation de la production que sur celui de la gestion du personnel. Ayant constaté que ses ventes évoluaient, il les géra avec beaucoup d'attention dans l'optique de créer un nouveau mode de consommation. Avec son associé Thomas Bentley, il inventa d'audacieuses techniques de commercialisation, sa clientèle reflétant l'émergence d'une nouvelle société bourgeoise et donna une nouvelle signification sociale au dîner.

Membre très tôt, avec son fils, de la Lunar Society, Josiah Wedgwood devint membre de la Royal Society le .

médaillon abolitionniste : « Am I Not a Man and a Brother ? »

Wedgwood produisit en avril 1787 dans son entreprise un médaillon abolitionniste en camée de jasperware (en) reprenant le dessin du sceau de l'Anti-Trade Slavery Society (ATSS), créé par William Hackwood ou Henry Webber[1]. Le médaillon visait à étendre le soutien populaire à la lutte pour l'abolition de l'esclavage, en représentant, à genoux, un esclave noir enchaîné interpellant le lecteur : « Am I not a man and a brother ? » (« Ne suis-je pas un homme et un frère ? »). Très percutant, ce médaillon connut un très grand succès et fut reproduit en de nombreux exemplaires, arboré par les hommes et les femmes de la bonne société britannique et américaine et même recopié en France par la Société des amis des Noirs pour établir leur sceau[2],[3].

Josiah Wedgwood était lui-même un fervent abolitionniste, tout comme son ami Samuel Garbett, président du Birmingham Commercial Committee, et la majorité de ses membres[4],ainsi que la plupart des entrepreneurs de Manchester[5].

Il est mort près de son usine, « Etruria », en Stoke-on-Trent.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Am I Not a Man and a Brother? sur le site de Africans in America
  2. Olivier Pétré-Grenouilleau, Les traites négrières, Essai d'histoire globale, éd. Gallimard, 2004, p.255
  3. The Black Figure in 18th-century Art
  4. Eric Williams, « Capitalism and Slavery » (ISBN 9781443728874) p. 154
  5. Eric Williams, « Capitalism and Slavery » (ISBN 9781443728874) p. 136

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Les Wedgwood : de la poterie à l'industrie des arts de la table, par Laurence Machet

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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