Joseph de Jouvancy

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Joseph de Jouvancy (latinisé en Josephus Juvencius), né le 14 septembre 1643 à Paris et décédé le 29 mai 1719 à Rome, est un prêtre jésuite français, poète, pédagogue, philologue et historien de renom.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jouvancy est né à Paris en 1643. À l'âge de 16 ans il entre au noviciat des Jésuites puis après avoir achevé ses études, il enseigne la grammaire au collège de Compiègne et ensuite la classe de rhétorique à Caen, au collège de La Flèche. Il est ordonné prêtre en 1677[1] puis devient professeur au Lycée Louis-le-Grand de Paris. En 1699 il est appelé à Rome par ses supérieurs afin de terminer la rédaction d'une Histoire de la Société de Jésus, commencée par Niccolo Orlandini. Jouvancy y travaille jusqu'à sa mort.

Jouvancy écrit de nombreux textes en relation avec la Compagnie de Jésus. Il compose également dix tragédies, toutes publiées à Paris. La plupart sont jouées. Les spécialistes ne sont pas pour autant certains que toutes ces pièces aient été écrites par Jouvancy, mais peut-être par d'autres membres de l'ordre. Jouvancy écrit également des poèmes en latin et en grec pour des événements notables. Il fit également des traductions de nombreux ouvrages en d'autres langues. Il traduisit ainsi l'oraison funèbre du Prince Henri de Bourbon, fils ainé de Louis XIV, datant de décembre 1683 à Paris, et professé par le célèbre orateur Louis Bourdaloue. Il traduisit aussi Cleander et Eudoxius, depuis les Entretiens de Cléandre et d'Eudoxe du Père Daniel. Ce dernier est une réponse aux accusations faites contre la Compagnie de Jésus ; en 1703 cele-ci fut en effet mise à l'index.

Les traductions de la correspondance théologique du Père Daniel au dominicain Alexander Natalis contient une comparaison des enseignements de Saint Thomas d'Aquin mais aussi des études des théologiens de la Compagnie de Jésus, à propos notamment du probabilisme et de ses relations avec le concept de Grâce Divine. En 1704, il publie Appendix de Diis et heroibus poeticis qui est une traduction de l'Histoire poétique pour l'intelligence des poètes et auteurs anciens du Père Gautruche.

Il traduit également des biographies de saints de l'ordre en latin comme celles de Saint Stanislas Kostka et de Saint Jean-François Régis, écrites par d'autres jésuites. Il édita aussi un grand nombre de manuels scolaires pour l'apprentissage des auteurs latins. Ces éditions furent régulièrement publiées en France et dans d'autres pays. Jouvancy y réunit les Comédies de Térence, les Odes et le Liber de arte poetica d'Horace, les Épigrammes de Martial, les Métamorphoses d'Ovide, les écrits philosophiques de Cicéron, comme le De Officiis, le Cato Major, et le Laelius.

Les Institutiones poeticae de Jouvancy sont publiées en 1718 et seront souvent réimprimées. Elles sont très employées dans l'enseignement religieux. Il publie aussi Novus apparatus graeco-latinus, cum interpretatione gallica, ouvrage basé sur les rhétoriciens grecs Isocrate et Démosthène. Jouvancy y prône la connaissance du grec antique mais aussi du latin, langues fondatrices de l'Europe. Jouvancy fait aussi de nombreuses oraisons et éloges funèbres, comme celui de Louis XIV. Il fit des discours sur ses proches, des membres du gouvernement, des églises de Paris et à propos de la nation française. Ceux-ci sont publiés en deux volumes et sont fréquemment réédités depuis 1701.


Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]


Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Schwickerath, Lern- und Lehrmethode von Joseph Juvencius in Bibliothek der katholischen Padagogik, X (Freiburg im Br., 1898)
  • Carlos Sommervogel, Bibl. de la c. de J. (Paris, 1893), bibliographies in IX, X;

Liens externes[modifier | modifier le code]