Joseph Zen

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Joseph Zen Ze-kiun
Image illustrative de l'article Joseph Zen
Biographie
Naissance 13 janvier 1932 (82 ans)
à Shanghai (Chine)
Ordination sacerdotale 11 février 1961 par le
card. Maurilio Fossati
Cardinal de l’Église catholique
Créé
cardinal
24 mars 2006 par le
pape Benoît XVI
Titre cardinalice Cardinal-prêtre
de S. Maria Madre del Redentore a Tor Bella Monaca
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale 9 décembre 1996 par le
card. John Baptist Wu Cheng-Chung
Dernier titre ou fonction Évêque émérite de Hong Kong
Évêque de Hong Kong
23 septembre 2002 – 15 avril 2009
Précédent John Baptist Wu Cheng-Chung John Tong Hon Suivant
Évêque coadjuteur de Hong Kong
13 septembre 1996 – 23 septembre 2002

Blason
« Ipsi Cura Est »
(it) Notice sur www.vatican.va
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Joseph Zen Ze-kiun, né le 13 janvier 1932 à Shanghai, est un cardinal chinois, salésien et évêque émérite de Hong Kong depuis 2009.

Favorable à la démocratie, il est l'un des principaux opposants au régime communiste chinois.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance (1932-1961)[modifier | modifier le code]

Joseph Zen Ze-kiun, surnommé Joseph Zen, est né dans une famille catholique. Il entre chez les salésiens comme aspirant à l’âge de 12 ans en 1944. Il fuit Shanghai pour Hong Kong en 1948, avant l’arrivée de Mao et des communistes au pouvoir. A Hong Kong il poursuit ses études dans le petit séminaire salésien afin de devenir prêtre. Il est envoyé alors à Milan (Italie) pour poursuivre ses études.

Prêtre (1961-1996)[modifier | modifier le code]

Il est ordonné prêtre à Turin le 11 février 1961. Il obtient son doctorat en philosophie à l’Université salésienne de Rome en 1964.

Il revient alors à Hong Kong où il devient professeur, à partir de 1971, au Séminaire du Saint-Esprit. De 1976 à 1978, il est le principal de l'Instituto Salesiano à Macao. Élu supérieur de la province chinoise des salésiens en 1978, il retourne au séminaire diocésain en 1984 où il devient directeur du premier cycle d’études jusqu’en 1991.

De 1989 à 1996, pendant la période d’ouverture de la Chine, Joseph Zen est le premier prêtre chinois de Hong Kong à pouvoir enseigner dans les séminaires « officiels » du continent, mais aussi dans les séminaires clandestins. Il passe ainsi chaque année 6 mois en République populaire de Chine, où il acquiert une grande connaissance de la réalité du catholicisme en Chine.

Évêque et célébrité (Depuis 1996)[modifier | modifier le code]

Évêque[modifier | modifier le code]

Le 9 décembre 1996, le pape Jean-Paul II le nomme évêque coadjuteur de Hong Kong, en même temps que Mgr John Tong Hon, nommé évêque auxiliaire du diocèse. Le pape le nomme afin qu’il joue un rôle de pont entre l’Église catholique chinoise et l’Église universelle.

À la mort du cardinal John Baptist Wu Cheng-Chung en 2002[1], Jean-Paul II le nomme évêque de Hong-Kong.

En septembre 2000, lors de la canonisation des 120 martyrs de l’Église de Chine par Rome, il fit paraître des articles afin de défendre le Vatican et expliquer la position du Saint-Siège alors que Pékin contestait cette canonisation.

En février 2001, le gouverneur de Hong Kong déclare que le Falun Gong était un « mouvement qui avait plus ou moins les caractéristiques d'un culte diabolique ». En réaction, Joseph Zen considère la qualification de culte diabolique pour le Falun Gong comme très préoccupant, « non seulement pour le Mouvement lui-même, mais pour nous tous ». Ainsi l'Eglise catholique chinoise non officielle pourrait, être cataloguée comme culte diabolique elle aussi[2].

Mgr Joseph Zen a toujours bénéficié de la part du Vatican d’un soutien constant : Jean-Paul II l’a nommé membre du conseil post-synodal, suite au synode des évêques pour l’Asie en 1998. Benoît XVI l’a lui aussi nommé membre du conseil post-synodal du synode pour l’Eucharistie (à Rome en octobre 2005). Il a aussi été nommé en 2005 comme membre de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements[3].

Il se retire de sa charge épiscopale le 15 avril 2009. John Tong Hon lui succède à la tête du diocèse[4]

Défense de la démocratie[modifier | modifier le code]

Quelques mois après sa prise de fonction, en mai 1997, Mgr Joseph Zen accompagne la délégation de responsables politiques et religieux de Hong Kong à Pékin avant la rétrocession. Il obtient très vite une image de défenseur de la démocratie et des libertés individuelles, critiquant les possibles restrictions de libertés individuelles à Hong Kong. Il n’hésite ainsi pas à dénoncer les injustices et les frustrations des Hongkongais en convoquant la presse.

Il a ainsi défendu le droit au regroupement familial pour les Chinois du continent installés à Hong Kong[5]. Aussi en 2002, il a été élu le personnage le plus populaire d'Hong Kong par le journal Apple Daily[6].

En 2003, il est l’un des plus virulents opposants à la législation dite anti-subversion [7], la dénonçant comme potentiellement liberticide et demandant aux catholiques hongkongais de défendre la démocratie. En juillet 2003, il semble en partie crédité du succès de la manifestation (500 000 personnes dans les rues de Hongkong) [8]. En décembre 2004 il s’engage, devant la justice hongkongaise pour s’opposer à une loi sur l’éducation, jugée menaçante pour la tutelle qu’elle pourrait exercer sur l’Église.

Ses prises de paroles ont eu pour conséquence de rendre les relations entre le gouvernement chinois et l’évêque très tendues. Il a aussi été critiqué par l’Association patriotique des catholiques (l’Église officielle de Chine) pour son rôle politique, mais aussi par des catholiques hongkongais qui se disent inquiets de l’image de l’Église, position qu’il critique fortement : « Ceux qui disent qu'un prêtre doit s'en tenir à la prière n'ont rien compris à ce qu'est l'Église »[9].

Cardinal[modifier | modifier le code]

Le pape Benoît XVI le créé cardinal lors du consistoire du 24 mars 2006 devenant ainsi le sixième cardinal chinois de l’histoire.

Son nom était souvent cité comme étant le possible nom du cardinal « in pectore », nommé par le pape Jean-Paul II lors de son consistoire en octobre 2003, nom qui n'a pas été révélé avant la mort de ce dernier en 2005.

Sa nomination est accueillie avec réserve par le gouvernement chinois. Il a un rôle très important dans les relations entre le Vatican et la Chine, étant très écouté par le pape, bien que le gouvernement chinois refuse qu'il soit le représentant officiel du Vatican.

Relation entre le Vatican et la République populaire de Chine

Deux mois après sa nomination en tant que cardinal, Joseph Zen va critiquer fortement l’association patriotique des catholiques qui consacre sans l’aval de Rome des évêques. Mgr Zen y voit la duplicité de Pékin et affirme « personnellement » qu’il s’agit « d'une épreuve de force, d'une tentative pour faire voir que le gouvernement contrôle l'Église » [10], affirmant que l’association patriotique chinoise « fomentait la dissension entre le gouvernement chinois et le Vatican ». Il a ainsi usé de son influence dans le dossier de l’Église de Chine, repris en main par le Vatican, allant jusqu’à menacer de cesser les débuts de relations entre le Vatican et la Chine si de nouveaux évêques étaient consacrés, adoptant ainsi une attitude de fermeté envers le régime de Pékin. Ainsi certains affirment que la lettre de Benoît XVI[11] aux catholiques de chine aurait été écrite en suivant certains de ses conseils.

Suite à la lettre du pape Benoit XVI, qui demande une unité des catholiques de Chine, et notamment une communion en commun, Mgr Joseph Zen demande, le 22 septembre 2007, que le Vatican publie les noms des évêques de Chine en communion avec Rome. « Les noms des évêques chinois en communion avec le pape ne pouvaient pas être trop connus dans le passé, sinon ils auraient été mis en prison. Maintenant, le Vatican devrait songer à publier leurs noms. »[12].

Lors du Carême 2008, les méditations du carême ont été confiées par le pape Benoit XVI au cardinal Zen[13].

Le 5 avril 2008, à 76 ans, il confirme à la presse qu'un pacemaker lui a été implanté pendant la semaine sainte. Il rappelle qu'il a émis le souhait d'être déchargé de ses responsabilités depuis l'âge de 74 ans[14].

Citations[modifier | modifier le code]

  • Le cardinal Zen a déclaré représenter «le grand peuple chinois, qui souffre encore pour la foi catholique» .
  • Entrevue au journal Le Figaro le 26 juin 2007 : « À Hongkong même, on vous reproche parfois d'être trop politique... C'est mal connaître la doctrine de l'Église. La mission des évêques est de s'impliquer dans la société moderne et pour le bien des gens. Le Pape sait ce que je pense et c'est le sens qu'il a donné à ma nomination. La démocratie fait partie du message, mais elle peut recouvrir des réalités différentes à Hongkong et en Chine. »[15].
  • « Ceux qui disent qu'un prêtre doit s'en tenir à la prière n'ont rien compris à ce qu'est l'Église » [9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]