Joseph Sadi-Lecointe

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Joseph Sadi-Lecointe

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Joseph Sadi-Lecointe en 1924

Naissance 11 juillet 1891
Saint-Germain-sur-Bresle (Somme)
Décès 15 juillet 1944
Paris
Nationalité Drapeau de la France France
Profession
pilote d'avion

Joseph Sadi-Lecointe (1891-1944) est un aviateur français qui a établi plusieurs records du monde d'altitude et de vitesse et un Résistant.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est né le 11 juillet 1891 à Saint-Germain-sur-Bresle.

Il est décédé à Paris, le 15 juillet 1944 à l’hôpital du Val de Grâce. Il fut d'abord inhumé au Père-Lachaise, puis transféré à Beaucamps-le-Jeune en 1946.

Les débuts d'un pilote[modifier | modifier le code]

Couvreur-zingueur de formation, il se fit engager comme mécanicien-soudeur dans une usine d'aviation de la région parisienne qui avait entrepris la construction d'un petit appareil baptisé «Zénith», Sadi Lecointe, alors qu'il n'avait jamais pris la moindre leçon de pilotage, se proposa d'essayer l'appareil, le 30 janvier 1910 du terrain d’Issy-les-Moulineaux. Il obtint le brevet de pilote civil no 431, le 11 février 1911. Il travailla ensuite chez le motoriste Anzani. Sadi-Lecointe effectua ensuite de nombreuses démonstrations en vol dans les principales villes de France a bord d'un Blériot XI. En octobre 1912, il devint sapeur au 1er Régiment du Génie de Versailles, puis fut muté à l’Escadrille BL 3 en tant que mécanicien. Il fut breveté pilote militaire (no 375) le 20 septembre 1913.

Pilote de guerre et instructeur[modifier | modifier le code]

Joseph Sadi-Lecointe vers 1919

En 1914, a la déclaration de guerre, Joseph Sadi-Lecointe s'engagea dans l'aviation militaire. Il fut affecté avec le grade de caporal comme pilote de l'escadrille BL 10. Il effectua de nombreux vols de reconnaissance. Son appareil fut le premier avion français endommagé par les tirs ennemis le 7 août 1914. Il réussit cependant à lui faire regagner les lignes françaises bien que son coéquipier fut blessé. Il fut cité à l'ordre de l'armée[1]. Le 15 mars 1915, il intégra l’Escadrille de combat MS 48 en cours de rééquipement en monoplace Nieuport et devint adjudant en avril 1915. Il fut ensuite affecté au Centre d'entraînement d'Avord, le 19 décembre 1915 où il forma près de 1 500 pilotes dont Maurice Boyau et Michel Coiffard ainsi que des volontaires américains. Sous-Lieutenant en octobre 1916, il fut détaché le 17 septembre 1917 en tant que pilote d’essais chez Blériot-SPAD à Villacoublay, où il assura la mise au point des chasseurs SPAD VII et XIII.

Les records[modifier | modifier le code]

À partir du 11 mai 1919, il travailla chez Nieuport jusqu'en 1924 en tant que chef-pilote, il effectua les essais de plusieurs dizaines d’appareils de tous types.

Il entama une carrière internationale en battant le record du monde d'altitude en s'élevant à 8 155 mètres à bord d'un Spad-Herbemont. Le 30 octobre 1923, il atteignait 11 145 mètres. il enregistra pas moins de sept records du monde d'altitude. Il fut aussi détenteur de huit records du monde de vitesse (de 275 à 375 km/h) et de dix-huit titres de champion du monde[2]. Il remporta également les coupes Deutsch de la Meurthe, Gordon Bennett et Beaumont.

Joseph Sadi-Lecointe s'illustre également aux commandes d'hydravions, décrochant notamment le record du monde de hauteur avec ce type d'appareils, le 11 mars 1924 : 8 980 mètres avec un Nieuport-Delage à moteur Hispano-Suiza 8F[3].

Il reprit du service pendant la Guerre du Rif au Maroc entre 1925 et 1927. Affecté au 37e Régiment aérien, il effectua une quarantaine de missions [4].

Un administrateur[modifier | modifier le code]

En 1922, il fut l'un des cofondateurs de l’Association des Vieilles Tiges. En 1927, il créa l’Association des Professionnels Navigants de l’Aviation (APNA), dont il devint ensuite Président. Il s’y occupa notamment des assurances et fonds de prévoyance et du statut du personnel navigant. En 1937-1938, il organisa les écoles de l’Aviation populaire et fut nommé Inspecteur général de l’Aéronautique civile et de l’Aviation populaire [4].

La Résistance[modifier | modifier le code]

Mobilisé en septembre 1939 en tant que Lieutenant-Colonel, il fut affecté à l’Inspection générale des Écoles. Après l’armistice, il fut révoqué par Vichy en raison de ses opinions politiques. Ami de Jean Moulin, il participa activement en zone non occupée au réseau “Rafale Andromède”. Ses activités liées à la Résistance lui valurent d'être emprisonné à Fresnes au printemps 1944. Il décéda le 15 juillet 1944 à Paris, peu après sa libération, à l'Hôpital Saint-Louis sans doute victime des mauvais traitements qui lui avait été infligés pendant sa détention. (Source "les vieilles tiges")

Hommages et distinctions[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Hommages posthumes[modifier | modifier le code]

Activité extra-aéronautique[modifier | modifier le code]

  • Sadi-Lecointe a également marqué de son empreinte le monde des apéritifs en en créant un avec des amis sous l'appellation " Un Zing "[5].

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Patrick Lecointe, Sadi-Lecointe : Pilote providentiel, Henry, 2008 (ISBN 9782901245940)
  • Jacques Mortane (pseudon. de Jacques Romanet), Sadi Lecointe, inspecteur général, Baudinière, Paris, 1939

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Page de Gloire , p. 14, 30 mai 1915
  2. Le 15 juillet 1944 dans le ciel : Mort de Joseph Sadi-Lecointe Air-journal.fr 15 juillet 2011
  3. Le 11 mars 1924 dans le ciel : Sadi-Lecointe, recordman de hauteur en hydravion Air-journal.fr 11 mars 2013
  4. a et b sadilecointe.fr/sadi_lecointe.htm
  5. Aéro-Club Sadi-Lecointe [lire en ligne]