Joseph Rock

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Joseph Francis Rock

Joseph Rock, de son nom complet Joseph Francis Charles Rock, est un botaniste, un linguiste, un explorateur et un géographe américain d’origine autrichienne, né en 1884 à Vienne et mort en 1962 à Honolulu.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il s’installe à Honolulu en 1907 où il devient un spécialiste de la flore de l’île d’Hawaii. Durant la période allant de 1922 à 1949, il se consacre à l’étude de la flore mais aussi des populations et des langues du sud-ouest de la Chine, principalement dans le Yunnan, le Sichuan, le sud-ouest du Gansu et l’est du Tibet. La plupart des plantes qu’il a récoltées se trouve dans l’herbier Arnold de l’université d’Harvard.

Photographie des membres de la tribu Mishmi prise par Joseph Rock en 1922.

Installé près de Lijiang, dans le village de Nguluko, il écrit de nombreux articles pour le National Geographic où il décrit ses expéditions dans le royaume de Muli actuel Xian autonome tibétain de Muli, Gongga Shan, les trois montagnes sacrées de Shenrezig, Jambeyang et Chanadorje, connues actuellement sous le nom de réserve naturelle de Yading en 1928[1], ainsi que la rivière Salween, près de laquelle il visite la mission de Bahang. Ces articles lui valent une certaine renommée et inspirent le romancier James Hilton (1900-1954) pour son livre Lost Horizon (Les horizons perdus) où il évoque une communauté de l’Himalaya connue sous le nom de Shangri-La.

Pendant les rébellions goloks (1917-1949) Rock fut témoin de combats répétés de l'armée musulmane chinoise de la Clique de Ma contre les Tibétains Golok dans le comté de Xiahe et le monastère de Labrang. L'armée musulmane de Ma laissa des squelettes tibétains dispersés sur une vaste zone, et le monastère de Labrang était décoré de têtes décapitées tibétaines[2]. Après la bataille de Xiahe près de Labrang en 1929, des têtes décapitées tibétaines étaient utilisées comme ornements par les troupes musulmanes chinoises dans leur camp, 154 au total. Rock décrit les têtes de jeunes filles et d'enfants jalonnant les alentours du campement militaire. Dix à quinze têtes étaient fixées à la selle de chaque cavalier musulman »[3]. Les têtes étaient « ficelées sur les murs de la garnison musulmane comme une guirlande de fleurs[4].

Il a rédigé le premier dictionnaire naxi existant, contribuant énormément à la valorisation de cette culture.

On lui doit la découverte de nombreux rhododendrons ainsi que de la Paeonia rockii, qui lui a été dédiée.

En 1949, à la suite de la prise du pouvoir par les communistes, Rock doit quitter Lijiang, cœur du pays Naxi, dans un avion spécialement affrété, en compagnie de l'écrivain et voyageur russe Peter Goullart (en). Il quitte ensuite la Chine pour rentrer à Honolulu, où il meurt en 1962.

En mars 2009, l'université de Hawaï à Manoa, a donné son nom à son nouvel herbarium[5].

Liens externes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Référence[modifier | modifier le code]

  1. China Today
  2. (en) Dean King, Unbound: A True Story of War, Love, and Survival, Hachette Digital, Inc.,‎ 2010 (ISBN 0-316-16708-8, lire en ligne), p. 253
  3. (en) Paul Hattaway, Peoples of the Buddhist world: a Christian prayer diary, William Carey Library,‎ 2004 (ISBN 0-87808-361-8, lire en ligne), p. 4
  4. (en) Gary Geddes, Kingdom of Ten Thousand Things: An Impossible Journey from Kabul to Chiapas, Sterling Publishing Company, Inc.,‎ 2008 (ISBN 1-4027-5344-6, lire en ligne), p. 175
  5. (en) « Botanist, famed explorer honored at UH Manoa: Herbarium to carry name of Joseph F. Rock »,‎ 2009-03-06 (consulté le 2009-03-16).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

Rock est l’abréviation botanique officielle de Joseph Rock.
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