Joseph Marie Dessaix

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Joseph Marie Dessaix
Bayard de la Savoie
Joseph Marie Dessaix
Joseph Marie Dessaix

Naissance 24 septembre 1764
Thonon-les-Bains
Décès 26 octobre 1834 (à 70 ans)
Marclaz Haute-Savoie
Origine Drapeau de la Savoie.svg Duché de Savoie
Arme Infanterie
Grade général de division
Années de service 1789
Distinctions Comte de l'Empire
Grand officier de la Légion d'honneur
Chevalier de Saint-Louis
Hommages Nom gravé sous l'Arc de triomphe de l'Étoile, (1re colonne)
Statue commémorative du général Joseph Marie Dessaix, située dans le parc du belvédère à Thonon-les-Bains.

Joseph Marie Dessaix, né le 24 septembre 1764 à Thonon-les-Bains (Duché de Savoie) et mort le 26 octobre 1834 à Marclaz, hameau de la commune de Thonon-les-Bains, est un docteur savoyard acquis aux idées de la révolution française qu'il servit en tant que militaire devenant général de division et comte de l'Empire. Suite à la défense de la Savoie en 1814, face aux troupes coalisées menées par le général autrichien Bubna, il reçoit le surnom de « Bayard de la Savoie »[1],[2].

Guerres de la Révolution française[modifier | modifier le code]

Fils du médecin Charles Eugène Joseph Dessaix, docteur en médecine et proto-médecin du Chablais à Thonon, et de Marie-Philippine Favrat[3],[4], il est l'aîné d'une fratrie composée de Claude François (1770), Balthazard François (1772) Jean François Amédée (1774) Nicolarde Michelle (1775)[5].

Il débute des études en médecine qu'il poursuit en se rendant dans la capitale du royaume à Turin. Il prend le grade de docteur en médecine avant de partir se perfectionner en France exercer son art, à Paris. Acquis aux principes de la Révolution française, il s'engage le 12 juillet 1789 comme volontaire de la garde nationale[5]. Il retourne dans le duché de Savoie 1791. Le 2 juin, à Thonon, il fait partie d'un groupe de jeunes gens réclamant qu'un cordonnier ayant chanté « Ah ! ça ira » soit libéré[5],[6]. La manifestation semble tourner à l'émeute et il doit fuir pour retourner à Paris[7].

En 1792, il participe, aux côtés son compatriote et ami Doppet, lui aussi médecin et membre du Club des Jacobins, à la formation de la société de la propagande des Alpes[8], nommé presque aussitôt : Club des patriotes étrangers[Note 1]. Il devient ensuite le Club des Allobroges[9], qui rassemble des Savoyards, des Suisses et des Piémontais, favorables au rattachement de la Savoie à la France[7].

En août 1792, Doppet propose à la Convention l'organisation d'un corps étranger, appelé légion des Allobroges[9]. Doppet en devient lieutenant-colonel, tandis que Dessaix est capitaine le 7 août. Il commande le noyau de sa compagnie dans la journée du 10 août 1792[Note 2].

Il fut fait chef de bataillon le 13. Suivant le décret, l'organisation définitive de la légion devait avoir lieu à Grenoble ; Dessaix et Doppet conduisirent donc leur troupe dans cette ville. Au mois de septembre, la légion entrait à Chambéry avec le général de Montesquiou ; et au mois de novembre, Dessaix succédait à Doppet dans le commandement de cette troupe.

En juin 1793, il marcha contre les Marseillais avec l'armée des Pyrénées orientales, fut nommé colonel le 17 août, entra le 20 à Marseille et se rendit ensuite au siège de Toulon.

Sa conduite au siège de cette place parut digne de récompense aux représentants du peuple, qui voulurent le nommer général de brigade ; mais il refusa un avancement qu'il croyait ne pas avoir mérité. En l'an II, il servit à l'armée des Pyrénées, et se distingua, le 13 floréal, en repoussant avec sa légion, forte de 1 500 hommes, les attaques de 8 000 Espagnols, auxquels il fit éprouver une grande perte. Le 17, il contribua à la prise de Saint-Laurent-de-la-Monga. Il s'empara de Campredon le 19 prairial.

Après s'être trouvé aux différents combats qui signalèrent la fin de cette campagne, il passa à l'armée d'Italie au commencement de l'an III. Au mois de nivôse, il enleva les redoutes de Saint-Jean, en Piémont, et reçut un coup de baïonnette à la tête. Ses soldats voulaient fusiller les prisonniers qu'ils venaient de faire, mais il les sauva au péril de ses jours. Le 11 thermidor, il fut blessé à la retraite de Salò.

Le lendemain, il pénétra dans cette ville, s'empara de deux pièces de canon, de deux drapeaux et de 200 Autrichiens, poursuivit l'ennemi et délivra le général Guieu et 300 Français. Il se rendit maître de Rocca-d'Anfo le 19, et de Storo le 23. Le 1er fructidor il reçut une blessure en s'emparant d'une redoute armée de deux canons ; il courut de grands dangers le 19, dans une reconnaissance sur l'Adige. Le 22, il prit San-Michaeli ; le 1er jour complémentaire, le général Vaubois lui ordonna de tenir jusqu'à la dernière extrémité au plateau de Rivoli. Il fit ses dispositions en conséquence ; mais, cerné par des forces supérieures, couvert de blessures, il tomba au pouvoir des Autrichiens, qui le conduisirent en Hongrie.

Après une captivité de sept mois, il revint en Italie à la suite d'un échange, et fut élu, en germinal an VI, par le département du-Mont-Blanc, député au Conseil des Cinq-Cents, où il ne se fit remarquer que par des opinions républicaines des plus avancées.

Consulat et Empire[modifier | modifier le code]

Malgré son opposition au mouvement de Brumaire, le premier Consul lui conserva le commandement de son corps, devenu 27e demi-brigade légère et l'envoya en Hollande. Il commanda successivement Nimègue, Bergen-op-Zoom, Rotterdam, Dusseldorf, le Grand Duché de Berg, Aschaffenbourg, Francfort, La Haye, Bréda.

Guerres napoléoniennes[modifier | modifier le code]

Le 11 fructidor an XI(29 août 1803), le premier Consul lui conféra le grade de général de brigade, et le nomma en l'an XII, les 19 frimaire et 20 prairial, membre et commandant de la Légion d'honneur. Employé à la Grande Armée en l'an XIV, il se distingua à la prise d'Ulm.

En 1809, il commanda une brigade de l'armée d'Italie sous les ordres du prince Eugène de Beauharnais, fut blessé le 10 avril, au passage du Tagliamento, prit le commandement de l'avant-garde de l'armée, se trouva à la bataille de la Piave le 8 mai, et à toutes les affaires qui eurent lieu jusqu'à la jonction avec la Grande Armée, et fut créé comte d’Empire et général de division le 9 juillet 1809, quelques jours après la bataille de Wagram, où il avait été blessé à la cuisse. Dans un déjeuner qu'il fit à Vienne, Napoléon Ier le salua du surnom d'intrépide.

En 1810, il eut le commandement d'Amsterdam, et reçut, le 30 juin 1811, la décoration de grand officier de la Légion d'honneur ; l'Empereur le fit aussi électeur du département du Léman. Employé en 1812 au 1er corps de la Grande Armée, il fut blessé, le 22 juillet à Mohilow, concourut à la prise de Smolensk, combattit, le 7 septembre, à la bataille de la Moskowa, eut peu après le bras fracassé par un biscaïen, dut céder sa division au général Rapp, et reçut, au commencement d'octobre 1812, le commandement de Berlin, commandement qu'il conserva jusqu'au 26 février 1813.

Plaque commémorant de la victoire des troupes de Joseph Marie Dessaix lors de la bataille de Saint-Julien-en-Genevois (1814)

Il était dans ses foyers depuis plusieurs mois, lorsque, le 4 janvier 1814, l'Empereur le chargea d'une partie de la défense des Alpes. Obligé de se replier, il rejoignit le corps d'Augereau. Les faits de guerre qui lui sont propres pendant cette courte campagne, pour être obscurs, n'en méritent pas moins d'être cités, et c'est avec un sentiment de reconnaissance justement apprécié, que ses compatriotes l'appelèrent alors le Bayard de la Savoie.

Dessaix se rallia à la monarchie lors de la première Restauration, et reçut la croix de Saint-Louis le 27 juin 1814. Napoléon, à son retour de l'île d'Elbe, lui donna le commandement de Lyon, puis celui d'une division de l'armée des Alpes, sous les ordres du maréchal Louis-Gabriel Suchet.

Restauration[modifier | modifier le code]

Noms gravés sous l'Arc de Triomphe de l'Étoile : pilier Ouest, 1re et 2e colonnes.

Après la seconde abdication, il se réfugia dans le pays de Gex, d'où il revint à Thonon. Il quitta la France en 1816 et se retira d'abord en Suisse, puis en Piémont. Arrêté au mois de mai 1816 et conduit au fort de Fenestrelles, il n'en sortit qu'au mois de septembre suivant, et sur un ordre du roi de Sardaigne. Il se retira à Ferney-Voltaire, où son frère exerçait la profession d'avocat.

En 1821, quand les patriotes piémontais voulurent faire leur révolution pour secouer le joug qui pesait sur eux, ils lui demandèrent de commander les forces de l'insurrection ; mais il laissa ce commandement aux généraux Guillaume de Vaudoncourt et Belloti.

Il accueillit la révolution de 1830, et fut nommé, par ordonnance du 12 novembre, commandant de la garde nationale de Lyon.

Son nom est gravé parmi ceux de la face Nord de l'arc de triomphe de l'Étoile.

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes 
  1. « Ce n'était point assez, dit Doppet dans ses Mémoires, p. 35, de faire des dons patriotiques et de faire des vœux pour le triomphe de la liberté, nous résolûmes de former une légion composée de Suisses, de Savoisiens et de Piémontais, pour aller partager aux frontières les lauriers des légions françaises. Nous nous présentâmes à l'Assemblée nationale le 31 juillet 1792. Chargé d'y porter la parole, je demandai la levée et l'organisation d'une légion franche, sous le nom de Légion des Allobroges. J'ai oublié de dire que, voyant depuis quelque temps la société composée de Suisses et de Savoisiens, nous lui avions ôté le nom de Club des patriotes étrangers pour lui donner celui des Allobroges. Ce fut la raison qui nous fit adopter le nom d'Allobroges pour la légion. L'Assemblée législative décréta la levée et l'organisation de la légion des Allobroges. Presque tous les membres de notre société s'étaient fait inscrire dans la liste des soldats Allobroges avant que de présenter notre demande à l'Assemblée nationale ; mais, dès que le décret fut connu, les Savoisiens vinrent en foule se faire inscrire, et l'on y reçut beaucoup de Suisses et quelques Piémontais qui se trouvaient à Paris. »
  2. Malgré les dangers qu'il y avait peut-être à courir en protégeant les gardes suisses, objet de la fureur populaire, il parvint à en sauver un assez grand nombre qui, par reconnaissance, demandèrent à être incorporés dans sa compagnie.
Références 
  1. Albert Rilliet, Histoire de la restauration de la république de Genève, Gruaz,‎ 1849, 485 p., p. 280.
  2. Sylvain Milbach, L'annexion de la Savoie à la France : Histoire et commémorations (1860-1960), Silvana Editoriale,‎ 2010, 192 p. (ISBN 978-8-83661-613-8), p. 114.
  3. Mémoires et documents de la Société savoisienne d'histoire et d'archéologie, 1878, p.268.
  4. Germain 2007, p. 190.
  5. a, b et c Paul Guichonnet, Les Chastel. Une famille savoyarde, de l'Ancien Régime à la Révolution, de l'Empire à la Restauration, Editions Lolant,‎ 2011 (ISBN 978-2-95328-595-6), p. 24.
  6. Ariane Méautis, Le Club helvétique de Paris 1790-1791 : et la diffusion des idées révolutionnaires en Suisse, Éditions de la Baconnière,‎ 1969, 301 p., p. 201.
  7. a et b Bernard Gainot, 1799, un nouveau Jacobinisme : la démocratie représentative, une alternative à brumaire, Comité des travaux historiques et scientifiques,‎ 2001, 542 p., p. 184.
  8. Marcel Gianada, Chroniques historiques savoyardes au temps de la Révolution, vol. 1, Horvath, coll. « Chroniques savoyardes »,‎ 1989, 167 p., p. 41 et suivantes.
  9. a et b Guy Gavard et Paul Guichonnet, Histoire d'Annemasse et des communes voisines : Les relations avec Genève de l'époque romaine à l'an 2000, La Fontaine de Siloé, Coll. « Les Savoisiennes »,‎ 2002, 439 p. (ISBN 978-2-8420-6342-9), p. 146.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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