Joseph Kramer

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Joseph Kramer
Joseph Kramer en 1945
Joseph Kramer en 1945

Surnom La « Bête de Belsen »
Naissance 10 novembre 1906
Munich, Allemagne
Décès 13 décembre 1945 (à 39 ans)
Hamelin, Allemagne
Origine Allemagne
Grade Flag Schutzstaffel.svg SS-Hauptsturmführer
Années de service 19321945
Conflits Seconde Guerre mondiale
Commandement Camp de concentration du Struthof et de Bergen-Belsen

Josef Kramer (10 novembre 1906, Munich13 décembre 1945, Hamelin) était un militaire nazi qui occupa la fonction de commandant du camp de concentration de Struthof, puis de Bergen-Belsen entre le 2 décembre 1944 et le 15 avril 1945, moment de la libération du camp par les Britanniques. Il fut reconnu coupable de crimes de guerre et pendu a la prison de Hamelin, en Allemagne, peu après la chute du Troisième Reich.

Biographie[modifier | modifier le code]

Une carrière dans les SS[modifier | modifier le code]

Il rejoint le NSDAP en 1931 et la SS en 1932, où ses fonctions l'amènent à travailler dans les prisons allemandes, puis dans les camps de concentration.

En 1934, il est assigné comme simple garde dans le camp de concentration de Dachau mais bien noté, il gravit rapidement les échelons pour finalement obtenir un poste important au sein du camp de concentration de Sachsenhausen et Mauthausen. En 1940, il devient l'assistant de Rudolf Höß alors le commandant de camp de Auschwitz et un an plus tard, commandant du camp de Struthof en Alsace.

En 1942, Kramer est promu au rang de Hauptsturmführer SS (soit capitaine).

De à , il est sous l'autorité du lagerkommandant Fritz Hartjenstein, commandant lagerfuher de Auschwitz II (Birkenau) avant finalement d'être muté et promu, le 2 décembre 1944, commandant général du camp de concentration de Bergen-Belsen, jusqu'au 15 avril 1945 où dès son arrivée, comme à Birkenau, il inflige aux déportés l'épreuve des interminables appels du petit matin[1]

Surnommé la « Bête de Belsen » par les déportés du camp de Bergen-Belsen, il fut un des criminels nazis les plus connus car il participa activement à la mort de plusieurs milliers de personnes.

Le procès et l'exécution[modifier | modifier le code]

Josef Kramer, photographié aux arrêts à Belsen avant d'être transféré comme prisonnier de guerre à Celle, le 17 avril 1945.

Joseph Kramer et 44 autres responsables nazis (dont 15 femmes) furent mis en accusation au procès de Bergen-Belsen par la cour militaire britannique à Lüneburg. Le procès dura quelques semaines entre septembre et novembre 1945. Kramer fut condamné à mort le et pendu à Hamelin par Albert Pierrepoint le .

Ses propos[modifier | modifier le code]

Déposition de Joseph Kramer enregistrée par le commandant Jadin, juge d'instruction militaire près le tribunal militaire de la 10e région militaire, en déplacement à la prison de Celle, 26 juillet 1945, au sujet du gazage de 86 Juifs au Struthof [2]:

« Au début d'août 1943, je reçus les 80 internés destinés à être supprimés (...), et je commençai par faire conduire dans la chambre à gaz un certain soir, vers 9 heures, à l'aide d'une camionnette, une première fois, une quinzaine de femmes environ. Je déclarai à ces femmes qu'elles devaient passer dans la chambre de désinfection et je leur cachai qu'elles devaient être asphyxiées.
Assisté de quelques SS, je les fis complètement se déshabiller et je les poussai dans la chambre à gaz, alors qu'elles étaient toutes nues. Au moment où je fermais la porte, elles se mirent à hurler. J'introduisis, après avoir fermé la porte, une certaine quantité de sels dans un entonnoir placé au-dessus à droite du regard. Puis, je fermai l'orifice de l'entonnoir à l'aide d'un robinet qui était adapté dans le bas de cet entonnoir, prolongé lui-même par un tube en métal. Ce tube en métal conduisit le sel et l'eau dans l'excavation intérieure de la chambre dont je viens de vous parler. J'allumai l'intérieur de la chambre à l'aide du commutateur placé près de l'entonnoir et j'observai par le regard ce qui se passait à l'intérieur de la chambre.
Je constatai que ces femmes ont continué à respirer une demi-minute, puis elles tombèrent à terre. Lorsque j'ouvris la porte après avoir fait en même temps marcher la ventilation à l'intérieur de cheminée d'aération, je constatai que ces femmes étaient étendues sans vie et qu'elles avaient laissé échapper leurs matières fécales.
J'ai chargé deux officiers SS infirmiers de transporter ces cadavres dans une camionnette, le lendemain matin, vers 5h30, pour qu'ils soient conduits à l'Institut d'anatomie, ainsi que le professeur Hirt me l'avait demandé.
Quelques jours après, dans les mêmes conditions que sus-indiquées, j'ai conduit de nouveau dans la chambre à gaz une certaine quantité de femmes qui furent asphyxiées de la même façon, puis encore quelques jours après, j'ai fait conduire dans la chambre à gaz, en deux ou trois fois, peut-être une cinquantaine d'hommes environ, peut-être cinquante-cinq qui furent supprimés toujours à l'aide de ces sels que je tenais de Hirt.
Demande Vous m'avez tout à l'heure, parlé des conditions dans lesquelles vous avez exécuté les internés à l'aide de gaz asphyxiants. Au cas où les internés n'auraient pas été tués à la suite de l'introduction des gaz, faite par vous, les auriez-vous achevés à l'aide d'une balle ?
J'aurais tenté de les asphyxier à nouveau en projetant dans la chambre une seconde dose de gaz. Je n'ai éprouvé aucune émotion en accomplissant ces actes, car j'avais reçu l'ordre d'exécuter de la façon dont je vous ai indiqué les 80 internés. J'ai d'ailleurs été élevé comme cela. »

Sources & Liens externes[modifier | modifier le code]

  1. témoignage de anita Lasker (survivante des camps), Law Reports of Trials of War criminals p. 21 et 22 in Raul Hilberg, la destruction des Juifs d'Europe, Folio Gallimard, 1991 vol.2, p. 852
  2. Le Struthof: KL-Natzweiler Histoire d'un camp de concentration en Alsace annexée 1941-1945, Robert Steegmann (préface de Hamlaoui Mekachera), Strasbourg, Kalédiscope-La Nuée bleue, 2005. Pages 60 et 61