Joseph Erhardy

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Joseph Erhardy

Naissance 21 mai 1928
Virginie-Occidentale
Drapeau des États-Unis États-Unis
Décès 1er mai 2012 (à 83 ans)
Paris
Drapeau de la France France
Activités Sculpteur
Formation Académie de la Grande Chaumière
Maîtres Mirko Basaldella

Joseph Erhardy, né le 21 mai 1928 à Welch aux États-Unis et mort le 1er mai 2012 à Paris, est un sculpteur américain ayant vécu en France.

Biographie[modifier | modifier le code]

Joseph Erhardy naît dans une bourgade de l’État de Virginie occidentale aux États-Unis, dans une famille de la notabilité locale d’origine juive hongroise, et qui est forcée en 1936 avec la dépression de déménager vers la capitale fédérale Washington D.C.. Au cours de son adolescence, Joseph taille avec des outils rudimentaires des figures dans des blocs de pierre ramassés au Rock Creek Park. Bien que mineur, il dirige en tant que contrebassiste un « big band » (« Jo Heartwell and his band of seventeen ») de musiciens professionnels qui joue dans des soirées dansantes. En 1947, il accomplit son service militaire dans la U.S. Air Force en tant que musicien. En 1948 et 1949 il étudie la sculpture au Corcoran College of Art and Design, tout en suivant des cours d’art, civilisation, littérature anglaise et italienne au George Washington University où il obtient une licence. Il joue aussi de la contrebasse dans le National Symphony Orchestra.

En 1950, grâce au G.I. Bill, qui est une bourse allouée aux militaires ayant servi pendant la durée de la guerre, il part à Florence en Italie où il est admis à l’ Accademia di Belle Arti di Firenze. En 1958, il déménage à Rome, fréquente l’Istituto Erminio Meschini et devient l’assistant de Mirko Basaldella, sculpteur abstrait qu’il assiste dans l'édification du monument dédié à la mémoire d'innocents fusillés par les nazis dans les Fosses ardéatines (c'est cependant le maître de Basaldella, Arturo Martini, qui a surtout inspirée Erhardy dont « l'œuvre d’influence italienne [sera] tempérée par la discipline française »). Basaldella l’introduit dans le milieu du cinéma italien. Il se lie d’amitié avec le réalisateur Roberto Rossellini et réalise des bijoux en or et argent pour les actrices, notamment la compagne de Rosselini, Ingrid Bergman.

Désirant approfondir ses connaissances artistiques, Erhardy quitte Rome pour Paris en 1952 où il suit les cours à l’Académie de la Grande Chaumière. Il rencontre le sculpteur anglais Raymond Mason qui est son voisin dans des ateliers précaires de la rue des Suisses dans le 14e arrondissement, d’où naîtra une amitié qui durera toute une vie. Erhardy réalise alors des œuvres abstraites en marbre, perfectionnant la technique de la taille directe et du polissage, un travail qui l’emmène à forger lui-même ses outils. Il taille aussi le granit, faisant des copies pour des musées. Le travail du marbre l’amène à développer une nouvelle technique en incrustant de la couleur dans la pierre.

Au côté d’autres artistes tels que Marcel Pouget, Bengt Lindström, John Christoforou, Jacques Grinberg, Hugh Weiss, Agayo, Jean Pellotier, Roger-Edgar Gillet, François Jousselin, Robert Lapoujade, Charles Semser, il prend part au mouvement qui opère au début des années 1960 un passage de l’abstraction à la figuration, que Jean-Louis Ferrier, professeur à l’Ecole des Hautes Études en Sciences Sociales, qualifiera de Nouvelle figuration. C’est le temps des trente glorieuses de l’Ecole de Paris, l’époque où les artistes se rencontraient dans les cafés de Saint-Germain-des-Prés ou de Montparnasse pour discuter âprement des nouvelles tendances artistiques. « Parfois on en venait même aux mains! ». En 1968, il réalise une première exposition à la Galerie Ariel de Jean Polloak qui présente d’autres artistes de la Nouvelle figuration tels que Gillet et Lindström. Beaucoup de grands marbres exposés alors disparaîtront dans l’incendie de son atelier en 1989. (Henri Cartier-Bresson réalisera une série de photos[1],[2] témoignant de ce désastre).

Afin de pouvoir produire des fontes multiples en bronze, Erhardy se tourne par la suite vers le modelage, cherchant avant tout l’aboutissement des formes, selon les lois de la sculpture classique. « La forme est fuyante, absolument fuyante…Tout est plein, le creux c’est la mort. La véritable sculpture trouve son expression à l’intérieur de la forme et non dans la gestuelle comme chez Auguste Rodin, dont l’œuvre se confond avec la peinture. » Néanmoins, le sujet des œuvres d'Erhardy demeure rigoureusement contemporain « sans désir d’étonner, ni d’agresser ». Erhardy veut témoigner de la beauté de son époque. L’objectif est que « l’ouvrier, le PDG, aussi bien que l’universitaire puisse s’identifier à son œuvre et s’en réjouir. » Ses modèles préférés sont des femmes, des femmes mûres dans leurs activités quotidiennes : étalant le linge, se coiffant, se mettant des bigoudis, faisant des courses à vélo...

Au cours de ces années, Erhardy côtoiera quelques figures intellectuelles dont certaines deviendront ses amis comme Fernand Braudel, Ruth Fischer et Louis Dumont. D’autres seront aussi ses modèles comme Jean-Paul Sartre, Raymond Aron, John Kenneth Galbraith, Daniel J. Boorstin, Immacolata Rossi di Montelera et plus tard Simone Veil. Joseph Erhardy fait aussi partie d’un cercle d’amis artistes qui le soutiennent généreusement, notamment Gillet, Mason, Lindstrom, Sam Szafran, Roseline Granet et le peintre Philippe Roman.

Dans les années 1980, Erhardy expose régulièrement (notamment à la galerie Beaubourg de Marianne et Pierre Nahon et la galerie Vallois). De nombreux particuliers et musées acquièrent ses œuvres. En 1996, Erhardy a représenté le Ministère français de la Culture au travers de la carte de vœux officielle du ministre.

Demeurant un artiste à l’esprit libre, toujours inquiet et insatisfait, Erhardy s’est évertué à réaliser une œuvre respirant bonheur et joie de vivre. Il est décédé à Paris le 1er mai 2012[3].

« J'imagine que dans trois ou quatre cents ans et peut-être en un lieu lointain, comme ces bronzes de Mahdia sortis de la mer si loin de l'atelier qui les fit, on retrouvera un jour par hasard un bronze d'Erhardy. Ceux qui le découvriront s'étonneront de ses formes pleines, de la rondeur parfaite de son volume, de cette plastique pleine comme un œuf qu'on ne trouve qu'aux grandes époques de la statuaire. La fille juchée sur une étrange machine leur semblera l'officiante d'un culte bizarre. Ils la compareront à toutes ces figures qui, des chars solaires des Scythes à la Femme au chariot de Giacometti, ont célébré la roue. Et même si un historien des techniques est là pour rappeler que la machine en question s'appelait une bicyclette, inventée vers la fin du XIXe siècle et qui, vers la fin du siècle suivant, devait connaître un regain de popularité, ces données les intéresseront moins que la forme usée par le sculpteur, inventée ou plutôt redécouverte, et témoignant ainsi de la parfaite unité d'un art qui, durant des millénaires, aura à peine varié ses canons et, si peu, il est vrai aussi, varié ses thèmes. »

— Jean Clair (conservateur général du patrimoine - écrivain - historien de l'art français - membre de l'Académie française)

Expositions[modifier | modifier le code]

Expositions personnelles[modifier | modifier le code]

  • 1968, Galerie Ariel, Paris, France
  • 1975, Galerie Euroart, Vienne, Autriche
  • 1976, Galerie Nova Spectra, exposition faite sous le haut patronage de l'ambassadeur des États-Unis à la Haye, Pays-Bas
  • 1977, Galerie Euroart, Vienne, Autriche
  • 1981, Galerie Beaubourg, Paris, France
  • 1990, Galerie Vallois, préface de Jean Clair directeur du musée Picasso, Paris, France
  • 1991, Galerie Vallois, Paris, France
  • 1996, "Le Calvaire" - Église St Sulpice, Paris, France
  • 1997, "Rétrospective" - Le toit de la Grande Arche de la Défense (63 dessins - 73 sculptures en bronze, marbre et terre cuite dont 11 monumentales), Paris, France
  • 1997, Galerie Vallois (avec Chana Orloff), Paris, France
  • 1997, "Roue Libre" Salon : Le Mondial des Deux Roues, Porte de Versailles, Paris, France
  • 2001, Galerie La Bouquinerie de l'Institut[4], préface Jacques Pimpaneau, Paris, France
  • 2003, Galerie Vallois
  • 2006, Galerie Vallois, préface de Jean Clair, Paris, France

Expositions de groupe[modifier | modifier le code]

  • 1962, Forces nouvelles, American Artists' Center, Paris, France
  • 1963, Troisième Biennale de Paris, France
  • 1963, sculpture Champêtre, Centre International d'Art Visuel, Paris, France
  • 1963, Exposition Internationale de Sculpture de Petit Format, La Haye, Pays-Bas
  • 1964, Exposition Internationale de Dessins de Sculpteurs, Vienne, Autriche
  • 1964/1968, Salon de la Jeune Sculpture, Paris, France
  • 1965, La Main-Sculptures, Galerie Claude Bernard, Paris, France
  • 1966, The Contempory Spirit, The Corcoran Gallery of Art, Washington D.C.
  • 1967/1974, Le Salon de Mai, Paris, France
  • 1967, BATIMAT, Le Mur Vivant, La Défense, Paris
  • 1969, Exposition Internationale d'Art Contemporain, L'Œil Écoute, Festival d'Avignon, Palais des Papes, France
  • 1969, Beispiele Europäischer Plastik Heute, Wiener Secession (représentant la France avec Raymond Mason et Ipoustéguy), Vienne, Autriche
  • 1971, Sculpture Contemporaine, Maison de la Culture, Amiens, France
  • 1973, Huit Sculpteurs, Maison de la Culture, Argenteuil, France
  • 1973, Château de Tremblay, Fontenoy-en-Puisaye, France
  • 1973, Galerie Ariel, Paris, France
  • 1975, Institut Culturel Italien, Tel Aviv, Israël
  • 1975, Fiera, Bologne, Italie
  • 1976, Arte Fiera, Bologne, Italie
  • 1976, Art 7/76, Bâle, Suisse
  • 1976, Galleria Giulia, Rome, Italie
  • 1976, Galleria La Lanterna, Trieste, Italie
  • 1976, Galleria Stevens, Padoue, Italie
  • 1976, Foire internationale d'art contemporain (FIAC), Paris, France
  • 1977, International Art Fair, Washington D.C.
  • 1978, Galerie Ariel, Paris, France
  • 1979, Nature Morte, Galerie Jean-Pierre Mouton, Paris, France
  • 1980/1981, Les Métiers d'Art, Musée des Arts décoratifs, Paris, France
  • 1981, Sculpture de Petit Format, Centre Municipal d'Arts Plastiques, Sarcelles, France
  • 1981, Anthropos, Europäische Bildhauer-Ausstellung Wiener Festwochen, Vienne, Autriche
  • 1981 Sculptura Marmo Lavoro, Triennale Internazionale, Carrara, Pietra Santa, Italie
  • 1981, Trois Sculpteurs : Arman, Barelier, Erhardy et Roubaix, France
  • 1981, Rencontre Internationale de Sculpture, Galerie Rocque, Cannes, France
  • 1982, Rencontre Internationale de Sculpture, Sainte Geneviève des Bois, France
  • 1983, Sculptures : Arman, Barelier, César, Erhardy, Jouy-en-Josas, France
  • 1984, Art Forum - Reflets Surréalistes et Arts Contemporains : Arman, Clément, Erhardy, Pignon, Taulé à Genève, Suisse
  • 1992, Foire Internationale Art Asie, Hong Kong, Chine
  • 1993, Fruits et Légumes, Galerie Vallois, Paris, France
  • 1993, Tendances de la Sculpture Contemporaine et Figurative, Musée de Cambrai, France
  • 1993, Inauguration de la Galerie Jacques Elbaz, Paris, France
  • 1995, XXIXème Prix International d'Art Contemporain, Monte Carlo Biennale Internationale de Monaco
  • 1995, Progetto Scultura, Mostra Internationale di Scultura des XX Secolo, Galleria de Leone, Venezia, Italie
  • 1995, Galerie Beaubourg - Château Notre-Dame des Fleurs, St Paul de Vence, France
  • 2004, Galerie Vallois
  • 2005, Galerie Vallois
  • 2006, Galerie Vallois

Collections publiques[modifier | modifier le code]

Autres œuvres dans le domaine public[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • 2005 Dunbier, Lonnie Pierson (Ed) The Artists Bluebook: 34,000 North American Artists to March 2005
  • 2005 Davenport, Ray Davenport's Art Reference: The Gold Edition

Notes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]