Joseph E. Davies

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Joseph E. Davies

Joseph Edward Davies (29 novembre 1876-9 mai 1958) est le deuxième ambassadeur à représenter les États-Unis auprès de l'Union soviétique.

Né à Watertown dans le Wisconsin, de Edward et Rahel (Paynter) Davies, Joe Davies s'élève au premier plan lors du gouvernement du Président Woodrow Wilson, quand il est nommé pour présider la Federal Trade Commission de 1915 à 1916. Wilson désigne également Davies comme conseiller économique pour les États-Unis pendant la conférence de paix de Paris consécutive à la Première Guerre mondiale. Par profession, Davies était attorney.

Davies se marie avec Emlen Knight en 1902. Davies se maria aussi à l'héritière de General Foods, Marjorie Merriweather Post en 1935; le couple divorce en 1955.

Ambassadeur auprès de l'Union soviétique[modifier | modifier le code]

Alors qu'il est marié avec Post, Davies est désigné ambassadeur auprès de l'Union soviétique par Franklin D. Roosevelt. Le poste est considéré critique, les États-Unis n'ayant reconnu le gouvernement soviétique comme autorité souveraine de ce qui était la Russie qu'en 1933. La nomination de Davies est due en partie à ses talents et sa loyauté politique à Roosevelt. Roosevelt a peut-être également pris en compte la richesse de la femme de Davies. Davies sert en URSS de 1936 à 1938.

Davies assista aux Grandes Purges staliniennes de la fin des années 1930, et était convaincu de la culpabilité des accusés. Ses opinions s'accordaient mal avec certaines du corps diplomatique qui lui étaient subordonnées. Charles Bohlen, futur ambassadeur auprès de l'Union soviétique devait écrire plus tard[1] :

"Ambassador Davies was not noted for an acute understanding of the Soviet system, and he had an unfortunate tendency to take what was presented at the trial as the honest and gospel truth. I still blush when I think of some of the telegrams he sent to the State Department about the trial." (p.51)
"I can only guess at the motivation for his reporting. He ardently desired to make a success of a pro-Soviet line and was probably reflecting the views of some of Roosevelt's advisors to enhance his political standing at home."(p.52)

De même, à aucun moment, l'ambassadeur Joseph Davies n'utilisa sa position pour venir en aide aux victimes de la terreur stalinienne. Il est vrai cependant que son administration, dont faisait partie George Kennan, se conformait à un règlement bureaucratique accusant des fins de non recevoir devant les demandes d'assistance émanant d'Américains résidant alors en URSS ou les demandes de renseignements des familles de ces derniers vivant aux États-Unis.

Joseph Davies semblait vouloir ne pas voir les grandes purges menées par le NKVD sur ordre de Staline, alors même que sa femme était régulièrement réveillée la nuit par des coups de feu. Après qu'elle eut confié à son mari qu'elle savait très bien qu'ils étaient en train d'exécuter des tas de gens, celui-ci lui répondit que les explosions étaient sans doute celles de la dynamite utilisée sur la ligne de métro en construction[2].

La compétence de Davies fut également hautement mise en cause par Henry Kissinger dans son livre Diplomacy[3]. Pour Kissinger, Davies était de ces ambassadeurs qui s'attribuaient le rôle de représentant du pays auprès duquel ils étaient assignés. Davies fondait sa diplomatie sur le postulat de la bonne foi de Staline, bonne foi qu'il n'accordait pas en revanche à Winston Churchill qu'il accusait de rechercher l'intérêt anglais plutôt que la paix.

Les responsabilités de Davies en Union soviétique lui firent écrire le livre à succès, Mission to Moscow, que ses anciens subordonnées baptisèrent Soumission à Moscou[4]. Un film en fut adapté en 1943 avec Walter Huston jouant Davies et Ann Harding jouant sa femme Marjorie Post Davies. Le film, fait pendant la Seconde Guerre mondiale, montrait l'Union soviétique de Joseph Staline sous un jour positif en partie en raison de la relation d'alliance entre les deux nations dans leur combat contre l'Axe. Cependant lors de la période des audiences de la House Un-American Activities Committee (HUAC), le film fut utilisé contre ceux impliqués dans sa production comme exemple de propagande pro-communiste.

Après Moscou[modifier | modifier le code]

Après Moscou, Davies est désigné au poste d'ambassadeur en Belgique (1938-1939) et en même temps ministre au Luxembourg avant d'être rappelé après la déclaration de guerre en 1939. Davies sert d'assistant spécial au Secrétaire d'État Cordell Hull.

Après la Seconde Guerre mondiale, les Davies s'installent à Tregaron, où ils reçoivent très souvent.

Sa femme Marjorie obtient le divorce en 1955. L'ambassadeur Davies est enterré à la cathédrale nationale de Washington, D.C..

Références[modifier | modifier le code]

  1. Charles E. Bohlen (1973) Witness to History, New York: Norton.
  2. Tim Tzouliadis (2009) Les abandonnés, Paris: JC Lattès, p.174-175.
  3. Diplomacy, 1994, p.430 et suivantes
  4. T. Tzouliadis,op. cit., p.212
  • Davies, Joseph Edward. Mission to Moscow; (a record of confidential dispatches to the State department, official and personal correspondence, current diary and journal entries, including notes and comments up to October, 1941). Simon and Schuster, 1941.
  • Maclean, Elizabeth Kimball. Joseph E. Davies: Envoy To The Soviets. Praeger Publishers, February 1993. ISBN 0-275-93580-9
  • Tzouliadis, Tim. Les abandonnés. De la Grande Dépression au Goulag: espoir et trahison dans la Russie de Staline.JC Lattès, 2009. ISBN 978-2-7096-2556-2

Liens externes[modifier | modifier le code]