Joseph Davidovits

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Joseph Davidovits (né le ) est un scientifique français, inventeur du concept géopolymère et de la chimie de géopolymérisation. Il est ou a été membre actif des sociétés scientifiques internationales suivantes : American Chemical Society, American Ceramic Society, American Concrete Institute, New York Academy of Sciences. Docteur ès sciences et professeur des universités, il est membre de l'ordre national du Mérite.

Il est l'auteur ou coauteur de centaines de publications scientifiques et d'une quarantaine de brevets[1]. Spécialiste des bétons romains, il est également amateur d'histoire de l'Égypte et est l'auteur d'essais où il développe des théories sur construction des pyramides d'Égypte en pierre réagglomérée ou sur les origines des Israélites, théories non-reconnues par la communauté scientifique puisque ne répondant pas au principe basique de la charge de la preuve scientifique.

Parcours[modifier | modifier le code]

En 1958, Davidovits a obtenu un Diplôme d'Ingénieur en génie chimique de l’École Nationale Supérieure de Chimie de Rennes, en France. En 1960, il a obtenu et un doctorat ès sciences en chimie macromoléculaire de l'Université de Mayence, en Allemagne. Entre 1962 à 1972, il a étudié dans les polymères organiques pour la industrie textile en France.

En 1964, il a reçu le Prix annuel de la Textile Chemical Society pour ses travaux sur les polymères organiques linéaires. En 1972, à la suite de divers incendies catastrophiques en 1970 en France impliquant plastiques organiques inflammables, il a décidé de mener des recherches sur de nouveaux matériaux résistant à la chaleur. Il crée la société de recherche privée française Cordi (SA) (appelé plus tard Cordi-Géopolymère SARL), une entreprise familiale. Toutes les publications liées à la recherche de 1972 à 1979 sur la chimie du solide aluminosilicate sont relatives à la littérature des brevets.

En 1979, il crée le concept de géopolymère avec la fondation de l'organisme sans but lucratif Institut Géopolymère [2]. La même année, il présenté deux théories pour le deuxième Congrès international d'égyptologie, organisé par le CNRS à Grenoble ; une sur la fabrication d'objets en pierre artificielle (vases de pierre dure) par les anciens Égyptiens, l'autre sur l'incarnation de Dieu dans la construction en pierre des pyramides d’Égypte. La théorie de Davidovits a été prise au sérieux par le professeur Hobbs du MIT à Boston qui a essayé, avec laide de certains employés, pour reconstruire une pyramide selon les données détenues par le chimiste français.

En 1983, il a été nommé professeur adjoint de chimie à l'Université Barry, à Miami, en Floride, où il a fondé l'Institut des sciences appliquées archéologiques (IAPAS) pour étudier la technologie utile ancienne et faire progresser la clarté de l'histoire ancienne.

Entre 1983 et 1989, en collaboration avec Lone Star Industries, un ciment géopolymère appelé PYRAMENT et les mélanges de ciment associés ont été développés. En 1994, l'Association nationale pour la science, technologie et société (Nast) et la Fédération des Sociétés Matériaux, États-Unis, lui ont décerné le Prix du Ruban d'or[3].

Entre 1994 et 1997, il a été Coordonateur Scientifique du programme européen de recherche industrielle GEOCISTEM, financé par l’Union européenne, consacré au développement de ces nouveaux ciments géopolymères pour l’inertage des déchets dangereux et radioactifs et la restauration de sites sévèrement pollués notamment en en Europe de l’Est.

Entre 1995 et 2000, il a été Coordinateur scientifique du projet GEO-COMPOSITES financé par l’Administration Américaine de l’Aviation, F.A.A. (en collaboration avec Rutgers, université de l’État de New Jersey).

En 1999, il est nommé Professeur Honoris Causa de Université d’Architecture de Xian, Chine.

Il est aujourd'hui président de l'Institut Géopolymère, président de la conférence annuelle Géopolymère Camp, et un membre actif de plusieurs sociétés scientifiques dont : American Chemical Society, American Ceramic Society, American Concrete Institute, Académie des sciences de New York et l'Association internationale des égyptologues[4].

Chimie : les géopolymères[modifier | modifier le code]

Joseph Davidovits est auteur et co-auteur de 130 publications scientifiques dont 50 brevets publiés et accordés, consacrés à la chimie appliquée à l’état solide et aux matériaux geopolymères.

Théories archéologiques[modifier | modifier le code]

Spécialiste des bétons romains, Davidovits est également amateur d'histoire de l'Égypte et est l'auteur d'essais où il développe des théories sur construction des pyramides d'Égypte en pierre réagglomérée ou sur les origines des Israélites, théories non-reconnues par la communauté scientifique puisque ne répondant pas au principe basique de la charge de la preuve scientifique ni publiées dans des ouvrages ou revues à comité de lecture.

Théorie sur la construction des pyramides égyptiennes à base de pierres moulées[modifier | modifier le code]

Selon Joseph Davidovits, le calcaire argileux, naturellement présent sur les lieux de la construction, a été désagrégé dans l'eau, puis mélangé à un liant essentiellement constitué de natron et de chaux. Ce mélange, versé sur place dans des moules, se serait alors solidifié pour former une pierre réagglomérée, aussi solide qu'une pierre naturelle. Joseph Davidovits et son équipe ont procédé à des expériences de moulage de pierres en grandeur nature, qui ont montré la faisabilité de la méthode.

Cette théorie tente d'apporter des réponses aux difficultés liées au transport, au levage, ou à l'ajustement très serré des blocs, ainsi qu'à d'autres questions réputées insolubles, comme la fabrication de statues et de vases de pierre dure aux formes fines et à l'aspect de surface soigné, qui semblent impossibles à réaliser par des méthodes de taille, surtout à une époque où l'outillage était de pierre et de cuivre.

Théorie sur l'origine des Israélites[modifier | modifier le code]

Joseph Davidovits utilise ses toutes récentes connaissances en science des géopolymères et en chimie de la géopolymérisation pour comprendre certaines civilisations antiques. Il fait donc un transfert de connaissance entre science dure (cette nouvelle chimie) et science archéologique. Sa démarche est isolée, et prétend s'appuyer sur des données technologiques qui seraient inconnues des archéologues, égyptologues ou archéomètres. Ses essais sur ces matières — généralement auto-édités[réf. nécessaire] — ne connaissent d'ailleurs aucune validation voire de recension auprès des spécialistes et n'ont jamais fait l'objet de publications dans des revues à comité de lecture.

Dans trois de ses ouvrages[5], Joseph Davidovits affirme que les événements relatés par ma Bible au sujet du passage des Hébreux en Égypte puis de leur fuite en Canaan ont une base historique : à l'origine du peuple hébreu, on trouverait les membres du clan sémitique d'Aménophis Fils de Hapou originaire de Mittani et venu en Égypte avec les siens ; le roi Amenhotep III lui aurait confié d'immenses pouvoirs ; Davidovits pense que le Patriarche Joseph, n’était autre qu’Aménophis Fils de Hapou le plus éminent scribe et savant de l’Égypte, grand chancelier et constructeur du pharaon. Celui-ci serait à l'origine d'une tradition spirituelle spécifique centrée autour de son Temple mémorial. De ce groupe familial d'Aménophis Fils de Hapou, seraient issus les animateurs du mouvement religieux qui chercha à imposer, avec le pharaon Akhénaton, le monothéisme en Égypte. Après la mort de ce roi, les partisans du monothéisme furent opprimés, puis chassés d’Égypte en deux vagues : certains furent d'abord exilés dans la zone frontière de Judée-Samarie où un membre de la famille de Joseph exerçait les fonctions de gouverneur, dans la ville qui deviendra Jérusalem ; puis lors d’une seconde vague, les descendants des artisans qui avaient bâti la capitale du monothéisme, El Amarna, appelés les Hebrers, et des descendants du groupe familial de Joseph-Aménophis, rejoignirent leurs cousins déjà établis en Canaan. La Bible évoquerait ces événements : le fait qu'elle ne décrive pas la période allant de l’arrivée de Joseph à l’exil des Hébreux, ce qui obligerait à développer collaboration avec les autorités religieuses et politiques égyptiennes, serait volontaire et plaiderait selon lui dans le sens de sa thèse. Joseph Davidovits met en avant et lient entre eux une série de faits attestés allant dans le sens de sa thèse : les points communs entre les vies de Joseph Fils de Jacob et d'Aménophis de Hapou ; les points communs entre la tradition religieuse des Hébreux et celle issue du clan d'Aménophis Fils de Hapou ; les transferts d’Égypte en Canaan de populations et de technologie liées au clan d'Aménophis.

Points communs entre les vies de Joseph Fils de Jacob et d'Aménophis de Hapou[modifier | modifier le code]

  • On a retrouvé dans une fresque égyptienne vieille de plus de 3300 ans un texte copié quasi mot pour mot dans la Bible en Genèse 41. Ce texte évoque dans la Bible le patriarche Joseph et sur la fresque égyptienne Aménophis fils de Hapou. L'inscription, découverte en 1935 par l'archéologue Alexandre Varille dans le Temple funéraire d’Aménophis Fils de Hapou, est la suivante : « Le juste scribe du roi qui l’aime, Aménophis, creuseur de canaux, s’est incliné (devant le souverain) à l’issue de la célébration du premier jubilé de Sa Majesté. Il a reçu des ornements en or et en toutes sortes de minerais précieux. Un collier en or pur et en toutes sortes de matières a été passé à son cou. Il s’est assis sur un carreau doré en face de l’estrade (royale). Son corps a été habillé d’étoffe délicate et de lin de première qualité… » On retrouve quasi à l’identique cette phrase dans la Bible où il est expliqué que Joseph reçut du pharaon tout pouvoir[6].
  • La Bible dit par ailleurs que Pharaon nomma Joseph, Çaphenâth-Panéah[7]. Or, dans la fresque le nom d'Aménophis Fils de Hapou est écrit à l'envers. La Bible aurait conservé cette écriture à l'envers, ce qui confirmerait qu'elle fut reprise de la fresque. Il apparaît que Çaphenâth-Panéah est la copie d’un nom égyptien écrit de gauche à droite et prononcé à l’envers[8]. L’égyptien comme l’hébreu ne note pas les voyelles. Lu dans l’autre sens, on retrouve les mêmes consonnes que dans d’Aménophis Fils de Hapou, mais sans le « M » ; celui-ci s’est soit perdu lors des transcriptions successives, soit a été volontairement effacé à l’époque d’Akhénaton quand les lettres « A.M. » de Amon furent systématiquement martelées[9]. Le clergé d’Akhénaton et le Temple mémorial auraient partagé la même réticence à écrire le nom d’Aménophis qui signifie « uni à Amon, Amon est satisfait »[10]. D'ailleurs Aménophis Fils de Hapou sera nommé Houy dans les textes égyptiens à l'époque de la réforme puis son souvenir sera éradiqué après la destruction de son Temple par le clergé d'Amon qui voyait dans le Mémorial la source de la tentative d'imposition du monothéisme. Le nom ne pouvant être ni totalement ignoré, ni prononcé, aurait été dès lors écrit à l’envers. Le fait que dans les deux textes, celui de la Bible comme celui de la fresque, on retrouve le même texte, et le même nom mais écrit à l’envers, ne peut être dû au hasard selon Davidovits.
  • Dans la Septante et chez Flavius Joseph, on retrouve donné à Joseph un autre nom : Psonthomphanekh ; selon Davidovits, en s’appuyant sur la prononciation des Égyptiens du Nord, on retrouverait les lettres de Aménophis Fils de Hapou y compris le « M » mais dans le désordre ; les rabbins auraient sans doute cherché par cette anagramme à éliminer par là la référence sacrilège à Amon ; Flavius Josèphe affirme d'ailleurs que ce mot signifie en égyptien, celui qui connaît les choses cachées, les sort de l’obscurité, ce qui est précisément le sens de Amon[11]. Joseph Davidovits formule une hypothèse sur les deux transcription : alors que la tradition citant Psonthomphanekh portée par la Septante, serait celle rescapés du régime d’Akhénaton qui pour ne pas prononcer le nom de Amon aurait employé une anagramme, ce qui correspondrait à la tradition biblique Élohiste en vigueur en Samarie-Israël, l'autre tradition citant Çaphenâth-Panéahserait viendrait de la reproduction à l'identique par les artisans hébreux de la fresques avec le nom écrit à l’envers, tradition qui aurait été celle reproduite par la tradition Javéhiste en Judée[12].
  • Aménophis eut le privilège unique pour un haut fonctionnaire de se voir attribué à Thèbes-Karnak un temple mémorial par son souverain Amenhotep III[13]. Sur une statue le représentant, celui-ci fit graver : « Devenir vieux est un brevet décerné par Ma’at : j’atteins quatre-vingts ans, comblé de faveurs auprès du roi et j’accomplirai les cent dix ans ! » Or, la Bible dit que Joseph mourut à cent dix ans[14].
  • Joseph, comme Aménophis Fils de Hapou ont parmi leurs points communs d'être présentés comme tout puissant en Égypte après le roi tout en étant d'origine sémitique et non égyptienne ; Aménophis Fils de Hapou est originaire du proche-orient sémitique, du royaume de Mittani, pays d’Abraham.
  • Deux des frères d’Aménophis portent des noms très proches de ceux de deux frères de Joseph[15] : Youya et Héby d'une part ; Juda (Yéhuda) et Lévy d'autre part (la lettre « L » n’existe pas en Égyptien)[16].
  • Aménophis est connu pour être un grand architecte. Or, selon la Bible, Joseph réussit à sauver l'Égypte de la famine en stockant sur 7 ans du grain, grâce à la conception de greniers à l'architecture particulière. La Bible n’aurait conservé de la vie de Joseph que ce qui était compatible avec le monothéisme et son histoire s’y arrête à sa première nomination : les récoltes exceptionnelles, l’organisation des travaux, les canaux, l’irrigation, tout cela se retrouve dans les deux traditions : celle de la Bible pour Joseph, celle de l'histoire égyptienne pour Aménophis Fils de Hapou. Cette concordance ne peut être un hasard pour Davidovits. Si la Bible ne mentionne rien des éventuelles compromissions avec l’idolâtrie égyptienne, elle n’invente pas une autre vie à Joseph mais supprime tout ce qui n’est pas exemplaire du point de vue monothéiste[17]. Cependant, Davidovits note que les descendants de Joseph, les tribus d’Éphraïm et Manassé qui se virent attribués les régions correspondants au Nord de Canaan et au futur royaume d’Israël et Samarie, firent l’objet d’un dénigrement régulier dans le Pentateuque[18], signe d’une aversion pour des tribus suspectes de contamination par le polythéisme[Note 1].
  • Davidovits rapproche le nom du père d'Aménophis, Hapou, qui signifie signifie "le voilé" a un sens qui peut être rapproché de l’histoire de Jacob, père de Joseph, qui se camoufla auprès de son père Isaac dans Genèse[19].
  • La Bible raconte que Joseph installa ses parents dans le Delta du Nil (le Goshem) tandis que l’archéologie révèle qu’Aménophis Fils de Hapou fit également venir les siens dans le Delta (à Athribis), du Mittani dans les deux cas[20].

Points communs entre la tradition religieuse des Hébreux et celle issue du clan d'Aménophis[modifier | modifier le code]

La religion d’Akhénaton qui a été éduqué dans le milieu d'Aménophis Fils de Hapou présente de nombreux points communs avec celles des Hébreux, ce qui peut indiquer que l'une et l'autre ont la même origine[21] :

  • Dieu unique ;
  • Dieu qu'il est interdit de représenter ;
  • Dieu dont les prêtres étaient issus d’une famille particulière, celle des descendants de Hébi, frère d’Aménophis, de même que les prêtres de la religion des Hébreux étaient des descendants de Lévi, frère de Joseph[22].
  • Cette famille sacerdotale de Hébi était exemptée de corvée, service militaire et impôt comme plus tard les prêtres de la tribu de Lévi.
  • Le personnel du temple Mémorial issu de Hébi était circoncis[23].
  • Ces prêtres devaient pratiquer des libations semblables à celles pratiquées par les prêtres de Lévy, dont le symbole était d'ailleurs une cruche.
  • Aux uns comme aux autres, il était interdit de manger du porc[24].

Transfert d’Égypte en Canaan de populations et technologies liées au clan d'Aménophis[modifier | modifier le code]

Joseph Davidovits pense que le peuple d'Israël aurait été exilé en Canaan en deux vagues principales, la première se situant peu après la chute d'Akhénaton, la seconde correspondant à l'Exode évoqué dans la Bible.

La première vague aurait eu lieu vers -1 320 après la révolution manquée d’El Amarna : le pharaon Horemheb oblige les prêtres et notables disciples d’Akhenaton à s’expatrier dans les marches de l’Empire. Davidovits se fonde sur les transferts de technologie entre Égypte et Canaan, la présence d'un gouverneur de la famille de Joseph-Aménophis sur le site de Jérusalem, l'étymologie du mot Israël sur la stèle de Mérenptah.

  • Les partisans du monothéisme se seraient réfugié aux marches de l'Empire égyptien, dans la région de Jérusalem et Samarie, où des traces de constructions de réservoirs d'eau en technique égyptienne basée sur la pierre reconstituée étanche, datant de l'époque suivant la chute d'Akhénaton, confirment un transfert de technologie. Les membres du clan de Joseph-Aménophis maîtrisaient une autre technique que la pierre agglomérée, celle de la construction de citerne dans le roc. Or, on retrouve également en Canaan, dans leur sillage, de telles citernes alors que personne dans le bassin méditerranéen ne la maîtrisaient à cette époque. Pour Davidovits, cela indique qu'après la déchéance d’Akhenaton, des adeptes du monothéisme quittèrent l'Égypte vers -1 320, pour aller à Urushalim où creusèrent une autre citerne, le premier des réservoirs connus sous le nom de Citernes de Salomon[25]. Le fait que dans Urushalim, on trouve une telle citerne que seule la caste du temple de Joseph-Aménophis savait creuser est un autre lien entre les ancêtres du peuple juif et la caste liée à ce personnage.
  • Les membres du clan de Joseph-Aménophis se replièrent en Canaan où précisément un des membre de sa famille nommé Abdi-Héba, sans doute un neveu[26], assumait la fonction de gouverneur de Urushalim (Jérusalem) ; pour se protéger de l’invasion des peuples de la mer (Philistins) et des destructions sur la côte d’Israël, les membres de ce clan se regroupèrent dans les Hautes-Terres, Sichem et Urushalim. Il s’agirait d’un petit groupe de scribes et prêtres qui auraient rejoint à Urushalim la petite garnison commandée par Abdi-Heba, probable frère du vizir Abdi-Hel[27]. Selon l’archéologue israélien Benjamin Mazar la présence de nombreux plats et vases datant de l’époque d’El Amarna confirme l’occupation à cette époque charnière de personnes venant de la ville d’Akhénaton[28].
  • La thèse de l’identification est également renforcée si on note que ce groupe de notable et de prêtres qui partit vers -1 320 était appelé les iisii-r-iar par les scribes égyptiens, nom dont la ressemblance avec le mot Israël, sur le site de la future Jérusalem, pour désigner un groupe promouvant le monothéisme, issu d’un personnage dont la vie et l’œuvre ressemblent en de très nombreux points à celle de Joseph, ne peut selon Davidovits être un hasard sans lien avec le peuple juif. L’étymologie du mot serait « ceux exilés en hâte à cause de la faute (ou l’hérésie)[29] », que le peuple israélite aurait ensuite assumé. Ce nom se retrouve sur la stèle de Mérenptah, découverte en 1896, et serait la première mention supposée des Israélites hors contexte biblique. Mérenptah réalisa une stèle affirmant que les descendants des notables et prêtres de l’hérésie d’Akhénaton, le peuple iisii-r-iar avaient survécu à la déferlante des envahisseurs du Peuple de la Mer[30].

La seconde vague aurait eu lieu vers -1 060 : elle correspond à la fermeture du Temple mémorial et à l'exil du clan sacerdotal issu de la famille d'Aménophis-Joseph et des artisans hébreux ; Davidovits se fonde sur l'étymologie du mot hébreu, le changement brutal de comportement du pouvoir égyptien à l'égard du Temple Mémorial qui aurait un écho dans la Bible, des données archéologiques et le recours à des techniques de construction égyptienne liées au culte d'Aton en Palestine.

  • Deux mots égyptiens peuvent être à l'origine du mot hébreu, qui ne serait pas lié aux pillards Apirou, mais aux artisans ayant collaboré à l’instauration du culte monothéiste en Égypte. Après la chute d'Akhénaton et la restauration des cultes polythéistes, la majorité des artistes, maçons et constructeurs revinrent en grand nombre à Memphis dans le nord où ils furent voués à la construction des tombes secrètes des rois tout en devenant des parias[31]. Le mot "tombe secrète" en Égyptien se disant Hep-Kher[32] aurait été rapproché du mot pestiféré Ubru. Ces deux mots aurait été utilisés par le clergé d’Amon pour désigner les artisans et bâtisseurs d’El Amarna[31]. Entre -1 300 et -1 212 avant J.-C., ils sont employés dans la construction des villes du nord, du Delta, surtout au temps de Ramsès II. La bible évoque le rôle de Joseph et des Hébreux dans la construction d’édifices de stockage de denrées[33]. Or, les données archéologiques montrent que les Ubrus furent exilés à la fermeture du temple vers le Delta du Nil pour y construire des villes de stockage de denrées, fondées sur leur savoir (brique très dure contenant de la paille)[Note 2]. Les Hébreux seraient donc à l’origine des artisans sur lesquels il existe plusieurs témoignages archéologiques, et non des bergers esclaves dont on ne trouve pas de trace. Les artisans Ubrus sont également dirigés vers le village des artisans de Deir el-Médineh, à Karnak, dans la Nécropole Royale (Vallée des Rois) à proximité du Temple Mémorial[Note 3] Les Ubrus, artisans travaillant pour les membres clan d'Aménophis, les auraient accompagnés lors de leur exil en Canaan après la fermeture du Temple Mémorial[34],[Note 4].
  • Exode 1, 8 montre qu’à une date donnée un pharaon ne voulut plus rien connaître de Joseph ; selon le Targoum Onkelos ou le Targoum de Jérusalem, ce pharaon ne voulut plus « suivre sa loi[35] ». Or, sous la XXIe dynastie, vers -1 080, Hérithor, grand prêtre d’Amon imposa une théocratie hostile au Temple Mémorial[36] ; cela se traduisit par le rejet des prêtres du Temple de Joseph-Aménophis et de leur philosophie sacrée et savante. Le décret de fondation du Temple établissait le pouvoir de la lignée de prêtres descendants de Hébi[37]. D'après ce décret auquel ferait écho la Bible, les personnes appartenant à la fondation du Temple étaient exemptes de corvées, ne peuvent être enrôlées dans l’armée comme plus tard les lévites ; cela représentait quelques milliers de personnes avec les femmes et enfants[38]. Autour de 1080, un successeur de Ramsès XI, peut-être Smendès[39] aurait réquisitionné le personnel sacerdotal, les artisans, serviteurs et paysans de Deir el-Médineh : ils furent déportés dans le Delta[40],[Note 5]Le personnel du Temple (les fils de Hebi-Levi) ainsi que les artisans de Deir el-Medineh, les hebrers-ubrus, furent ainsi déportés vers le Delta et entrèrent en servage. Finalement, avec les descendants de Hébi-Lévi[Note 6], les artisans Hebrers-Ubrus fuirent le Delta vers la région de Jérusalem où les auraient précédé en -1 320 les partisans du monothéisme chassés après Akhénaton de la même origine et aux mêmes orientations religieuses qu'eux[41]. Ces populations avaient les mêmes manières de vivre : on n'a retrouvé par exemple aucun os de porc dans les restes de repas de ces populations (le porc étant consommé par ailleurs dans d'autres populations cananéennes). La distinction entre prêtres du temple fils de Hébi et ouvriers-artisans s'est retrouvée ensuite dans l'organisation des israélites en Canaan, car les Lévi ont eu de tout temps un statut spécial : interdiction de posséder de la terre, réception de la dîme, et surtout privilège du sacerdoce divin, que ce soit au Tabernacle ou au Temple de Jérusalem[Note 7],[42],[43].
  • Dans Exode, on lit que les Hébreux emportèrent la momie de Joseph avec eux lors de la sortie d’Égypte. Cette disparition coïncide avec et explique la fin de l'existence du Temple mémorial d'Aménophis après plus de 300 ans d'activité entre 1070 et 1060[Note 8]. De fait, on n’a jamais retrouvé la tombe d’Aménophis Fils de Hapou.
  • On trouve des données archéologiques et des vestiges en Égypte et en Israël datant de cette époque qui attestent d’un exode, notamment une augmentation importante de la population en Canaan. Les fils de Heby-Levy et les ouvriers Hep-Her seraient à l'origine de ceux qui ont participé à l'Exode, peut-être menés par le dernier Grand Intendant du Temple : Moïse. Leur sortie d'Égypte et leur installation en Canaan expliqueraient la soudaine augmentation de population dans les hauts plateaux de Samarie et dans les collines de Judée. À cette époque se produit un afflux de population selon l’archéologie israélien Avi Ofer, le nombre de communautés double à Juda de 18 à 34 [44]. La surface de Jérusalem passe de 6 ha à 16 ha, avec un nombre accru de citernes, apports technologiques des artisans d’El Amarna et Deir el-Medineh[45]. Davidovits note qu'Exode 12, 7 parle de 600 000 voyageurs soit 3 à 4 millions en comptant les enfants, ce qui paraît très exagéré ; le nombre 600 000 doit être interprété en 600 familles soit un peu moins de 3000 pèlerins. S'il s'était agi de 600 000 voyageurs, les rédacteurs du texte auraient dû dire 60 myriades (10 000) selon l'usage habituel ; or, les rédacteurs de la Septante ne l’ont pas fait et utilisent un mot qui mis au singulier signifierait meilleur[46] ; de fait ce chiffre de quelques milliers correspond à l'augmentation constatée de la la population du territoire de Juda qui passe brusquement de 2 000 à 4 500 habitants[47].
  • Seule une catégorie d’artisans savants issus de la caste savante du temple funéraire de Joseph-Amenophis maîtrisait une technique particulière de fabrication de pierre agglomérée symbolisant le divin, maîtrise qu'on retrouvera en Canaan après l'Exode. Cette catégorie rejetait pour des raisons religieuses le recours à la pierre de taille. Or, on retrouve chez les Israélites les mêmes pratiques que les Égyptiens de l’Ancien Empire, abandonnée après la prise de pouvoir par le clergé d'Amon : refus de la pierre taillée, recours à la pierre agglomérée pour les constructions religieuses, de la brique pour les constructions profanes[48],[Note 9]. Le premier Temple de Jérusalem avait adopté cette technique de la pierre agglomérée. La pierre agglomérée répond à la prescription qu'on trouve dans l'Exode[49] : « Et si tu me fais un autel en pierre, tu n’utiliseras pas de pierre taillée, car en portant dessus le fer tu les as souillées »[Note 10],[50].

Publications[modifier | modifier le code]

Récompenses scientifiques internationales[modifier | modifier le code]

  • 26 septembre 1994 : Ruban d’Or NASTS, décerné par le National Press Club, Washington DC, USA, par le National Academy of Engineering, The Federation of Materials Societies et le National Association for Science, Technology and Society.
  • 4 novembre 2005 : Membre d’Honneur du National Noise Observatory of the Czech Republic (Narodni Hlukova Observator CR), Prague (République Tchèque).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Accusation que l'on retrouve contre les Samaritains qui se disent descendants de ces deux tribus.
  2. Ce serait les Pithom et Ramsès citées dans la Bible.
  3. Les ouvriers qui ont travaillé durant des siècles à Deir el-Médineh, le village des artisans de la Vallée des Rois possédaient selon Davidovits le savoir technologique et artistique dispensé par le temple funéraire de Joseph-Amenothep fils de Hapou, qui se trouve à quelques kilomètres de leur village. Ils vivaient dans une ville close et n'avaient pas le droit d'en sortir car ils possédaient de nombreux secrets (technologies et surtout l'emplacement des tombes royales).
  4. N'étant qu'une composante des exilés, il est normal qu'ils soient moins cités que les fils d'Israël dans la Bible : dans l’Exode, le premier mot revient 14 fois contre 153 occurrences pour Enfants, fils, peuple d’Israël ; de même, une trentaine de fois contre 2 500 dans toute la Bible. Les Hébreux ne seraient qu'une composante des fils d'Israël.
  5. Ce pharaon aurait assimilé dans le même rejet les descendants des hauts personnages de la famille élargie de Joseph Amenophis et les artisans Hebrers-Ubrus : proches géographiquement et associés au souvenir de la mise place du monothéisme, les deux ensemble auraient été également liés par le soutien de membres du clan de Joseph-Aménophis aux grèves des artisans Hebrers-Ubrus entre -1 157 et -1 060.
  6. Dont un serait le Moïse de la Bible.
  7. Dans la Bible est explicitement mentionné un épisode où les Lévi ont dû batailler contre les hébreux pour garder leur privilège. Ceci serait l'héritage des siècles passés en Égypte au service du temple d'Amenothep fils de Hapou. Les lévites et cohanim veillèrent jalousement au maintien de leurs prérogatives et identité ; une étude génétique récente menée à l'université de Haïfa confirme chez les familles juives Lévy et Cohen actuelles une même ascendance patrilinéaire via le chromosome Y.
  8. Le Temple ne fut redécouvert qu'en 1935.
  9. Chez les Anciens Égyptiens, la technologie et la science du minéral étaient très fortement associées aux rituels religieux. À l’époque de l’Ancien Empire, chaque monument – autel, statue, temple et pyramide –, avait été bâti en pierres agglomérées, car l’agglomération représentait alors un acte religieux. À l’opposé, les méthodes d’édification des temples du Nouvel Empire était plutôt fondées sur celle de la pierre taillée. Dans le cas de la pierre taillée, celle-ci est débitée avec soin directement dans la carrière, représentant le corps du dieu Amon. On observe par conséquent en Égypte, entre 1 550 avant J.-C. et 1 200 avant J.-C., des événements politiques et religieux qui ont pour origine une opposition frontale entre les différents types d’incarnation divine dans la pierre, à savoir : l’incarnation dans la pierre agglomérée associée au dieu Khnoum (le divin potier), caractérisant l’Ancien Empire ; l’incarnation divine dans la pierre taillée, associée à la vénération du dieu Amon au Nouvel Empire. À El-Amarna, les artisans recoururent à la technique de la pierre agglomérée, réintroduite en Égypte par Joseph-Aménophis puis imposée par Akhénaton imposa l’usage de la pierre agglomérée, le quartzite siliceuse d’une extrême dureté. Aton est le dieu qui crée les hommes en façonnant de l’argile, alors qu’Amon les crée à partir de la pierre qu’il arrache et qu’il taille (d’où le démembrement d’Osiris). Le recours à la pierre agglomérée serait consécutif à l’exode du clan de Joseph-Aménophis, qui introduisit en Canaan cette technique typiquement égyptienne pour ses temples ; de la même façon, les descendants du clan de Joseph-Aménophis n’utilisèrent pas la pierre pour les construction profane, comme les Égyptiens de l’Ancien Empire. En effet, si la pierre de construction avait une signification religieuse, elle ne pouvait pas être utilisée dans des bâtiments à usage profane. Ainsi, aux pyramides de Djoser et de Kheops réalisées en pierres agglomérées, aux temples de Seti Ier et de Ramsès II faits en pierres taillées, s’opposaient les maisons, palais et forteresses dans lesquels ces rois vécurent avec leur Cour, bâtis avec des matériaux comme les briques de limon, l’argile séchée au soleil et le bois. On ne retrouve que des temples et des tombaux et jamais les archéologues n’ont trouvé le palais d’un pharaon note Davidovits.
  10. C’est à l’aide de cette pierre artificielle qu’aurait été construit le Temple de Salomon. Mais cette technologie, propre à un pays chaud, était très mal adaptée au rude climat de Jérusalem (pluie, gel, neige). Elle ne valait pas la pierre taillée utilisée en Samarie-Israël. Ceci expliquerait pourquoi les archéologues n’ont pas trouvé trace du Temple construit par Salomon : ses blocs de pierre agglomérée auraient disparu par effritement. Ce qui redonne du crédit, selon Davidovits, à 1 Rois 10-11, qui décrit les splendeurs du Temple et du Palais de ce roi, alors qu’on a tendance à n’y voir qu’une fiction littéraire. Le recours à la pierre taillée ne fut accepté qu'après l'exil à Babylone

Références[modifier | modifier le code]

  1. Voir site personnel
  2. http://www.geopolymer.org
  3. Joseph Davidovits, « GEOPOLYMERS: Inorganic polymeric new materials », Journal of Materials Education, vol. 16, no 2,3,‎ , p. 91-138 (lire en ligne)
  4. « Extended Biography »
  5. La Bible avait raison, tome 1, L’archéologie révèle l’existence des Hébreux en Égypte, éd. Jean-Cyrille Godefroy, 2005 ; La Bible avait raison, tome 2, Sur les traces de Moïse et de l’Exode, éd. Jean-Cyrille Godefroy, 2006 ; De cette fresque naquit la Bible, éd. Jean-Cyrille Godefroy, 2009.
  6. Davidovits 2009, p. 38
  7. Genèse 41, 40-46.
  8. Davidovits 2009, p. 43
  9. Davidovits 2009, p. 48
  10. Davidovits 2009, p. 51
  11. Davidovits 2009, p. 50
  12. Davidovits 2009, p. 52–53
  13. Davidovits 2009, p. 32
  14. Genèse 50, 22-26.
  15. Davidovits 2009, p. 106
  16. Davidovits 2009, p. 207
  17. Davidovits 2009, p. 59
  18. Davidovits 2009, p. 60
  19. Davidovits 2009, p. 78
  20. Davidovits 2009, p. 79
  21. Davidovits 2009, p. 129
  22. Davidovits 2009, p. 114 et 129
  23. Davidovits 2009, p. 136
  24. Davidovits 2009, p. 135
  25. Davidovits 2009, p. 165–175
  26. Davidovits 2009, p. 112–113
  27. Davidovits 2009, p. 154
  28. Davidovits 2009, p. 159
  29. Davidovits 2009, p. 160
  30. Davidovits 2009, p. 195
  31. a et b Davidovits 2009, p. 20
  32. Davidovits 2009, p. 255
  33. Davidovits 2009, p. 22
  34. Davidovits 2009, p. 18–19
  35. Davidovits 2009, p. 241–242
  36. Davidovits 2009, p. 242
  37. Dalle rectangulaire dans la collection égyptologique du British Museum, portant le numéro d’inventaire 138.
  38. Davidovits 2009, p. 247
  39. Davidovits 2009, p. 255
  40. Davidovits 2009, p. 248
  41. Davidovits 2009, p. 257
  42. Nombres 16, 1.
  43. (en) Skorecki K., Selig S., Blazer S., Bradman R., Bradman N., Waburton PJ, Ismajlowicz M. et Hammer MF, « Y chromosomes of Jewish priests », Nature, vol. 385, no 6611,‎ 1997, p. 32 (ISSN 0028-0836, OCLC 122034686, PMID 8985243, DOI 10.1038/385032a0, lire en ligne) Voir en:Y-chromosomal Aaron
  44. Davidovits 2009, p. 273
  45. Davidovits 2009, p. 276
  46. Davidovits 2009, p. 280
  47. Davidovits 2009, p. 281
  48. Davidovits 2009, p. 150
  49. Exode 20, 25.
  50. Davidovits 2009, p. 328 et 331

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]