Joseph Charbonneau

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Joseph Charbonneau

Joseph Charbonneau (31 juillet 1892 - 19 novembre 1959) a été archevêque de Montréal.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Lefaivre, dans le canton d'Alfred et Plantagenet, dans l'est ontarien, Joseph Charbonneau est le troisième des dix enfants de Daniel Charbonneau, cultivateur, et de Caroline Yelle. Il est un descendant d'Olivier Charbonneau et Marie Marguerite Garnier, pionniers de l'Île Jésus (Laval).

Prêtrise et études[modifier | modifier le code]

Ayant étudié au juniorat montfortain d'Huberdeau, au séminaire de Sainte-Thérèse et au Grand Séminaire de Montréal, il est ordonné prêtre à Ottawa le 24 juin 1916 par Charles H. Gauthier. Plusieurs fois vicaire dans la région de l'Outaouais, il étudie la sociologie à l'Université catholique d'Amérique à Washington. Il reçoit un doctorat en philosophie et un doctorat en droit canonique après des études à Rome (1923-1925). Le 20 septembre 1925, il devient le premier supérieur du nouveau séminaire diocésain sur la rue Rideau à Ottawa.

Évêque[modifier | modifier le code]

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Le 22 juin 1939, il est nommé deuxième évêque du diocèse de Hearst. Il reçoit son ordination épiscopale le 15 août et il est installé évêque le 4 septembre. Son consécrateur principal est Mgr Joseph-Guillaume-Laurent Forbes, archevêque d'Ottawa, et ses coconsécrateurs Mgr Émile Yelle (son cousin maternel), archevêque coadjuteur de Saint-Boniface et Mgr Louis Rhéaume, évêque du diocèse de Timmins. Son séjour à Hearst est bref, mais le sensibilise aux problèmes de l'éducation et de l'agriculture.

À Montréal[modifier | modifier le code]

Le 31 août 1940, il succède à Mgr Georges Gauthier au titre d'archevêque de Montréal. Ayant créé vingt-cinq paroisses, il est à la tête de l'Église montréalaise pendant la Seconde Guerre mondiale. Il met sur pied une école normale à la formation classique en 1941. En 1943, il établit l'Œuvre des vocations sacerdotales. En 1944-1945, Charbonneau travaille à l'éducation au mariage et à la famille, faisant le bilan de l'action sociale auprès des jocistes.

Joseph Charbonneau est le principal consécrateur d'Albini Leblanc, évêque de Gaspé. Il a aussi consacré Lawrence Patrick Whelan, évêque auxiliaire de Montréal.

Engagement social[modifier | modifier le code]

Avec beaucoup d'autres, dont Pierre Elliott Trudeau et Georges-Henri Lévesque, il était intervenu en faveur des grévistes d'Asbestos en 1949, ce qui lui a valu la méfiance du premier ministre Maurice Duplessis. Une certaine partie du clergé ultramontain, dirigé par Mgr Courchesne de Rimouski, craignait aussi la violence révolutionnaire de cette grève. Il avait levé un fonds de quêtes paroissiales de plus de 167 000 $ pour leur venir en aide, selon l'étude de Maurice Sauvé.

Disgrâce[modifier | modifier le code]

En janvier 1950, Charbonneau est forcé à démissionner de l'archevêché montréalais. Son successeur à Montréal est Mgr Paul-Émile Léger.

Nommé immédiatement à l'évêché du Bosphore, un titre honorifique, Joseph Charbonneau mène une existence paisible à Victoria, en Colombie-Britannique, comme aumônier chez les Sœurs de Sainte-Anne, lisant et priant jusqu'à sa mort d'une crise cardiaque le 19 novembre 1959 à l'âge de 67 ans. Ayant eu droit à des funérailles grandioses, il fut inhumé dans la crypte de la cathédrale de Montréal.

Controverses[modifier | modifier le code]

L'éditorialiste et sénatrice Renaude Lapointe a mené une enquête sur cette démission prématurée, que les historiens appellent l'Affaire Charbonneau. Au départ, les fidèles ne savaient pas pourquoi leur évêque était parti, c'est seulement plus tard que l'on découvrira qu'il était vu trop « à gauche » pour les besoins du Vatican et de l'administration publique de l'époque.

John Thomas McDonough a écrit une pièce de théâtre intitulée Charbonneau et le chef sur l'opposition manifeste entre lui et Duplessis. L'historien Aurélien Boisvert a cependant écrit un ouvrage pour réfuter la thèse du stratagème politique. Mgr Ildebrando Antoniutti a réagi en affirmant que la décision de Charbonneau avait été faite de son propre chef. [1]

Denise Robillard a publié une biographie étoffée : "Monseigneur Joseph Charbonneau, bouc émissaire d'une lutte de pouvoir", qui fait le point sur les circonstances ayant mené à sa démission forcée de l'archevêché de Montréal.

Hommages[modifier | modifier le code]

  • La ville de Montréal lui a dédié la place Monseigneur-Charbonneau, entre la rue University et le boulevard René-Lévesque.
  • L'école spécialisée Joseph-Charbonneau se trouve sur la rue Rousselot à Montréal.
  • Un prix Monseigneur-Charbonneau est décerné par la Table de concertation Justice et Foi de Montréal.

Citation[modifier | modifier le code]

  • « La classe ouvrière est victime d'une conspiration qui veut son écrasement et quand il y a conspiration pour écraser la classe ouvrière, c'est le désir de l'Église d'intervenir. Nous voulons la paix sociale, mais nous ne voulons pas l'écrasement de la classe ouvrière. »

Archives[modifier | modifier le code]

Le fonds d'archives de Joseph Charbonneau est conservé au centre d'archives de Montréal de Bibliothèque et Archives nationales du Québec[1].

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Fonds Joseph Charbonneau (P763) - Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).