Joseph Bazalgette
Joseph Bazalgette
Joseph Bazalgette vers 1865
| Naissance | 28 mars 1819 Londres |
|---|---|
| Décès | 15 mars 1891 (à 71 ans) Wimbledon |
| Domicile | St. John's Wood, Morden, puis à Arthur Road, Wimbledon de 1873 à 1891. |
| Nationalité | |
| Champs | Génie civil |
| Renommé pour | Égouts de Londres |
Signature
Joseph William Bazalgette né le 28 mars 1819 à Londres et mort le 15 mars 1891 à Wimbledon, est un ingénieur civil britannique d’origine huguenote.
Sa principale réalisation en tant que chef ingénieur du Metropolitan Board of Works de Londres, est la création du réseau d’égouts de cette ville qui a permis d’en éliminer les épidémies de choléra et de contribuer à l’assainissement de la Tamise qui avait atteint des niveaux de pollution élevés, notamment en 1858 durant l’épisode connu sous le nom de « The Great Stink » (La Grande Puanteur) pendant lequel les exhalaisons émanant de la rivière avaient contraint le Parlement britannique à fermer provisoirement.
Sommaire |
Les débuts [modifier]
Fils de Joseph William Bazalgette (1783-1849), capitaine en retraite de la Royal Navy et de Theresa Philon, née Pilton (1796-1850), ce petit-fils d’un immigrant protestant français est né à Hill Lodge, Clay Hill, Enfield, Londres, Angleterre. Joseph William Bazalgette a commencé sa carrière en travaillant sur des projets de chemins de fer. Il fit un stage chez l’ingénieur réputé Sir John MacNeill et acquit une expérience suffisante (y compris en Irlande) dans le drainage des terres et le remblaiement pour pouvoir ouvrir son propre cabinet de consultation à Londres en 1842.
En 1845, Bazalgette a épousé Mary Kough (1819-1902). Deux ans plus tard, profondément impliqué dans l’expansion du réseau ferroviaire, il travaillait si dur qu’il fut victime d’une dépression nerveuse. Pendant sa convalescence, la Commission métropolitaine des égouts de Londres ordonna que toutes les fosses septiques domestiques devaient être fermées, être reliées à l’égout qui s’évacuait dans la Tamise. Le résultat fut une épidémie de choléra qui tua 1848 à 1849 14 137 Londoniens.
En 1849, Bazalgette fut nommé arpenteur adjoint de la Commission. En 1852, il remplaça au poste d’ingénieur principal son prédécesseur mort de « fatigues et d’angoisses harassantes. » Peu de temps après, en 1853, une autre épidémie de choléra survint qui fit 10 738 victimes. Selon l’opinion médicale du moment, qui souscrivait à la théorie des miasmes, l’origine du choléra fut attribuée à l’air vicié, bien que le Dr John Snow ait précédemment avancé une autre explication, désormais reconnue comme correcte, selon laquelle le choléra se propageait par l’eau contaminée car ce point de vue n’était généralement pas accepté.
En 1856, Bazalgette fut nommé, avec le soutien actif de l’ingénieur, également d’origine française, Isambard Kingdom Brunel, ingénieur en chef du successeur du Metropolitan Board of Works qui succéda à la Commission métropolitaine des égouts. Il devait conserver ce poste jusqu’à ce la suppression du MBW et à son remplacement par le County Council de Londres en 1889. En 1858, l’année de la Grande Puanteur, le Parlement adopta un projet permettant, en dépit des couts colossaux, de mettre en œuvre les propositions révolutionnaires de Bazalgette visant à fermer les égouts de Londres. On espérait ainsi, en éliminant la puanteur (les « miasmes »), réduire l’incidence du choléra.
Travaux d’égout [modifier]
À cette époque, la Tamise représentait un risque sanitaire évident pour les Londoniens. Ce n’était qu’un égout à ciel ouvert déserté par les poissons ou toute autre forme de vie sauvage. La solution de Bazalgette (similaire à une idée du peintre John Martin proposée 25 ans plus tôt) consistait à construire 1 800 km d’égouts souterrains principaux en briques pour capter la décharge des eaux usées, et 1 800 km d’égouts au niveau de la rue pour capter les matières premières qui coulaient jusque-là librement avec les eaux usées à travers les rues et les artères de Londres. Les décharges étaient détournées en aval pour être évacuées sans avait été traitées, dans la Tamise. Ce n’est que quelques décennies plus tard que devaient être construites de vastes installations de traitement des eaux usées.
Inauguré par le Prince de Galles en 1865, l’ensemble du projet ne fut effectivement accompli que dix ans plus tard. Le plan comprenait des postes de pompage principaux à Deptford (1864) et à Crossness (1865) sur les marais Erith, tous deux côté sud de la Tamise, et à Abbey Mills (dans la vallée de la Lea, 1868) et sur le quai de Chelsea (à proximité de Grosvenor Bridge, 1875), au nord du fleuve. La prévoyance de Bazalgette se constate dans le choix du diamètre des égouts. Lors de la planification du réseau, celui-ci prit en considération la population la plus dense, accorda à chaque personne l’allocation en production d’eaux usées la plus généreuse pour parvenir à un diamètre de tuyau nécessaire. Il dit alors : « Eh bien, nous n’allons faire ceci qu’une seule fois et il y a toujours de l’imprévu. » avant de doubler le diamètre devant être utilisé. Cette prévoyance a payé car l’imprévu a pris la forme, au XXe siècle, de la barre d’habitation. Si Bazalgette s’en était tenu au diamètre d’origine, l’égout, trop petit, aurait débordé dans les années 1960 alors qu’il est encore en usage à ce jour.
Le système d’égout de Bazalgette eut pour conséquence involontaire fut d’éliminer accessoirement le choléra, non seulement là où l’eau ne puait plus, mais partout là où celle-ci cessait d’être contaminée par les égouts. L’ironie du sort est que même si les prémisses de base de ce projet très onéreux, selon lesquels les miasmes propageaient l’épidémie de choléra, furent par la suite réfutés par le Dr John Snow, les nouveaux égouts contribuèrent néanmoins, en emportant les eaux usées, bel et bien à débarrasser Londres du choléra. La Tamise renferme aujourd’hui plusieurs variétés de petits poissons, dont la truite, et il est également possible à ceux qui veulent braver les eaux glaciales et capables de trouver un emplacement sans ressac, de s’y baigner.
La capacité de travail de Bazalgette était remarquable. Il fallait vérifier chaque connexion au réseau d’assainissement par les divers conseils paroissiaux, tâche que Bazalgette effectuait lui-même. Les dossiers détenus par Thames Water dans de grands classeurs bleus marqués Metropolitan Board of Works en majuscules dorées, et datés, généralement deux par an, contiennent des milliers de tracés d’encre sur toile avec des commentaires rédigés à la main à l’encre de Chine : « Approuvé JWB » « Je n’aime pas qu’on se serve de 6 po. ici et il faut utiliser du 9 po. JWB » et ainsi de suite. Il est peut-être pas surprenant que l’état de santé de celui-ci s’en soit ressenti.
Vie privée [modifier]
Après voir vécu quelques années à St. John's Wood, au nord de Londres, Bazalgette déménagea pour Morden, puis, en 1873, il alla s’installer, avec son épouse, Mary, née Kough (1819-1902), qui lui donna six fils et quatre filles, à Arthur Road, Wimbledon, où il s’éteignit en 1891.
En 1875, Bazalgette fut fait chevalier. En 1883, il fut élu président de la Institution of Civil Engineers. Une plaque bleue en son honneur a été apposée à 17 Hamilton Terrace, St. John's Wood, où il a vécu. Un monument sur la rive du fleuve sur Victoria Embankment commémore le génie de Bazalgette.
On lit un hommage romancé au génie, au travail et aux idéaux de Bazalgette dans le roman historique de style victorien The Worms of Euston Square de William Sutton qui dresse le portrait héroïque d’un Bazalgette habité d’une conscience sociale innée mettant ses compétences au service de l’amélioration de la ville qu’il aime et jouant un rôle actif dans le relogement de ceux dont le logement a été démoli au cours de l’énorme travail de construction.
Dulwich College offre une bourse nommée d’après lui, pour la conception et la technologie1 ou pour les mathématiques et les sciences.
En 2003, la série de docufictions de la BBC, les Sept Merveilles du Monde Industriel, a retracé la construction des égouts de Londres par Bazalgette dans son 4e épisode intitulé « le roi des égouts. »
Bazalgette repose dans le cimetière de l’église St Mary de Wimbledon.
Autres travaux [modifier]
Joseph Bazalgette a également réalisé ou participé à d’autres travaux à Londres :
- Albert Embankment (1869)
- Victoria Embankment (1870)
- Chelsea Embankment (1874)
- Putney Bridge (1886)
- Albert Bridge (1884)
- Hammersmith Bridge (1887)
- The Woolwich Ferry (1889)
- Battersea Bridge (1890)
- Charing Cross Road
- Garrick Street
- Northumberland Avenue
- Shaftesbury Avenue
- Premiers plans du Blackwall Tunnel (1897)
- Proposition de plans pour ce qui sera plus tard le Tower Bridge