Josef Stalin (char)

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JS-2 ou IS-2
JS-2 et JS-3, au musée des blindés de Minsk.
JS-2 et JS-3, au musée des blindés de Minsk.
Caractéristiques générales
Équipage 4
Longueur 9,80 m
Largeur 3,10 m
Hauteur 2,70 m
Masse au combat 46 tonnes
Armement
Armement principal Canon de 122 mm DT-25.
Armement secondaire 2 ou 3 DT de 7,62mm.
Mobilité
Moteur 12 cylindres diesel V-2K
Puissance 600 ch (450 kW)
Suspension Barre de torsion
Vitesse sur route 37 km/h sur route; 19 km/h en tout-terrain.
Puissance massique 13 ch/tonne
Autonomie 230 km sur route; 175 km en tout-terrain.

Le Josef Stalin est un char d'assaut soviétique de la Seconde Guerre mondiale.

Modèles[modifier | modifier le code]

JS-1 et JS-2 ( IS-1 et IS-2 )[modifier | modifier le code]

JS-2.

Afin de contrer les chars lourds allemands Tigre et Panther, les ingénieurs soviétiques se penchèrent sur la conception d'un nouveau char de combat, devant allier fort blindage, bonne puissance de feu, fiabilité, vitesse élevée et bonne mobilité. Le résultat de ces recherches fut le JS-1, très semblable extérieurement au char KV-1S, avec de meilleures performances et plus grande fiabilité mécanique, et meilleur blindage (90 mm d'épaisseur pour l'avant du châssis, contre 76 mm pour le KV-1S). La tourelle est, elle aussi, nouvelle (100 mm de blindage en frontal, contre 82 mm pour le KV-1S,) armée d'un canon de 85 mm D-5T et de deux mitrailleuses DT de 7,62 mm. La mise au point et la production de cette nouvelle tourelle ayant été plus rapide que celle du nouveau châssis, elle fut montée sur un châssis de char KV-1s, ce qui donna naissance au KV-85.

Le nouveau châssis enfin disponible, coiffé de cette nouvelle tourelle, est nommé JS-1 ou JS-85. Environ 107 engins seront produits et utilisés sur le front, mais les premiers retours d'expériences sont mauvais : le blindage est trop peu épais et mal conçu, et le canon de 85 mm est trop peu puissant. La réactivité des ingénieurs soviétiques de l'époque ne peut être niée, même si les résultats obtenus s'appuient sur plusieurs années de recherches : en peu de temps, ils revoient entièrement le châssis du JS-1, dont le blindage de châssis frontal passe à 120 mm et à 160 mm pour la tourelle. Le canon de 85 mm est remplacé par le tout nouveau 122 mm A-19. Ce nouveau modèle fut nommé JS-2 et il supplanta rapidement les JS-85 et KV-85. Enfin, le 122 mm A-19 fut remplacé par le canon/obusier 122 D-25T, doté d'un nouveau frein de bouche et équipé d'un système de chargement semi-automatique. Cette troisième mouture est nommée JS-2 modèle 1944. Après guerre, une mitrailleuse DShK de 12,7 mm prend place sur la tourelle, et plusieurs autres modernisations apportées à l'engin donnent le JS-2M. 3 475 JS-2, JS-2 modèle 1944 et JS-2M sortiront des chaînes de montage, pendant et après la Seconde Guerre mondiale. Le JS-3, successeur du char JS-2 et de ses dérivés, apparaitra en unité courant avril 1945 mais ne combattra pas en Europe suite à la capitulation de l'Allemagne, et s'il fut ensuite envoyé en Extrême-Orient, la capitulation de l'empire nippon intervint avant son engagement au feu.

JS-3 ou IS-3[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Char lourd IS-3.
JS-3.

Le JS-3 (canon de 122 mm D-25T) inaugure une architecture nouvelle, avec tourelle en forme de soucoupe renversée, et avant de châssis en forme de nez de brochet. En fait, tout le blindage de ce char fut étudié pour qu'un obus ennemi ne puisse jamais percuter de face une plaque de son blindage, celui-ci présentant toujours un angle favorisant les ricochets.

Utilisés par les égyptiens lors de la « guerre des six jours » en 1967, les israéliens découvrirent vite que si le blindage du JS-3 était très difficile à percer, plusieurs coups assénés sur le « nez de brochet » provoquaient la rupture des soudures, l'avant du char s'éventrant alors littéralement.

Modèles d'après guerre[modifier | modifier le code]

T-10.
IS-2.
ISU-122.

Parallèlement fut développé le JS-4 qui, malgré de gros problèmes de fiabilité, fut produit à 250 exemplaires à la fin des années 1940, Le JS-6 avec une transmission électromécanique et le puissant JS-7, armé d'un canon de 130 mm à chargement automatique, capable d'encaisser des tirs de 128 mm (cependant, sa masse équivalente au Tigre II fit écarter sa mise en production). En 1948, fut lancé un nouveau projet, l'objet 730 ou JS-8 dont 10 exemplaires furent produits, amélioré en JS-9 puis T-10A (les lettres JS, signifiant Joseph Staline, disparaissant avec la mort de celui-ci) qui fut enfin lancé en production de série en 1956. En 1957, ce fut le T-10B et finalement T-10M peu de temps après, la production de ce dernier modèle stoppa en 1966.

Engagements[modifier | modifier le code]

Les KV-85 furent produits à 148 exemplaires et utilisés à partir de l'automne 1943 en Ukraine. Les JS-1 furent produits à 107 exemplaires et connurent leur baptême du feu en février 1944 lors de la bataille de Khorsun et les JS-2 en avril 1944 lors de l'offensive de printemps en Ukraine. La date du premier engagement du JS-2 modèle 1944 est incertaine. Pour se faire une idée de la tenue au combat des JS-1 et KV-85, il faut savoir que si leurs canons D-5T de 85 mm étaient capables de percer le blindage frontal d'un char Panther à 1 000 mètres avec obus BR-365P sous-calibré à pointe en tungstène, vitesse initiale de 1 050 m/s, 138 mm de blindage percé sous incidence de 90° à 500 mètres, 110 mm de blindage à 1 000 mètres, le canon KwK 42 du char allemand était susceptible de détruire un de ces monstres soviétiques à la même distance 111 mm sous une incidence de 30° à 1 000 mètres avec obus Panzergranate 39/42. La différence se faisait ailleurs, au niveau des systèmes de visée : les optiques de tirs TSh-15 des chars russes étaient très inférieures aux optiques SflZF1 des chars allemands. La possibilité de toucher une cible dès le premier tir pour les tankistes russes était nulle au-delà de 800 mètres, elle était de 81 % à 1 200 mètres pour les tankistes allemands. Pour faire court, les chances de vaincre pour un KV-85 ou un JS-1 sont bonnes face à un Panzer IV ausf H, difficiles face à un Panther, quasi nulles en cas de rencontre avec un Tiger II, à moins de pouvoir l'approcher de très près.

Pour ce qui est des JS-2 et dérivés, sa carapace frontale est de 160 mm pour la tourelle, 120 mm pour le châssis, 90 mm en latéral tourelle et châssis. Il se trouve à l'abri des tirs de face au-delà de 800 mètres d'un canon de 75 mm KwK 42, et à plus de 1 200 mètres face à un 88 mm PaK 43 tirant des Panzergranate 39/43 à vitesse initiale de 1 000 m/s, susceptibles de percer 165 mm de blindage à 1 000 mètres sous incidence de 30°.

En ce qui concerne le canon D-25T L/43 du JS-2 modèle 1944, sa cadence de tir est très faible, 1,5 à 2 coups par minute, et son projectile antichar BR-471B de 24,9 kg avec une vitesse initiale de 792 m/s et 131 mm de blindage perforé sous incidence de 30° à 1 000 mètres, est très inférieur au 8,8 cm KwK 43 L/71 des Tiger II. Cependant, la dangerosité du canon russe réside dans le poids des obus utilisés, qui fait qu'un seul de ces projectiles, antichar ou même seulement explosif, assomme littéralement l'équipage du char ennemi touché : la puissance d'arrêt du 122 mm lui assure de mettre hors d'état de nuire n'importe quel char, sans forcément venir à bout de sa cuirasse. Le témoignage du lieutenant Klimenko cité par le magazine TNT no 28 de novembre 2011 semble plausible : « Durant la Grande guerre patriotique, j'ai détruit plusieurs Tiger II. il fallait les frapper à de nombreuses reprises pour obtenir leur démolition, mais le premier coup au but parvenait généralement à neutraliser l'ennemi qui ne répliquait plus, nous laissant le soin de le finir. » Et si au cours des derniers jours de novembre 1943, l'équipe de conception d'artillerie de l'ingénieur Fyodor Petrov essaya le canon d'artillerie D-25 T contre un char allemand Panther capturé à une distance de 1 500 m, le projectile perçant la plaque frontale du châssis, traversa le bloc moteur et pénétra finalement aussi la plaque arrière, cela ne signifie en fait rien, le métal utilisé par les allemands pour le blindage de leurs blindés devenant de plus en plus mauvais la guerre s'éternisant. Ce qui ne fut pas bénéfique aux équipages de ces mêmes véhicules.

Une formation de combat elochka à quatre chars vit le jour pour le combat de rue, deux paires se succédant et se couvrant mutuellement, le tout était protégé par des fantassins qui embarquaient directement sur les chars, les tankodesantniki ou dragons de chars, sensés prévenir toute attaque d'infanterie ennemie équipée de Panzerfaust, réel danger pour les JS-2 et tout autre char allié. Après guerre, les JS-2 et dérivés furent employés en Corée. Ils connurent par ailleurs un très long service dans l'Armée rouge, puisqu'ils ne furent retirés du service actif qu'en 1995, étant tout de même placés en réserve générale depuis longtemps.

Variantes[modifier | modifier le code]

  • JS-1 ou JS-85 armé du canon de 85 mm D-5.
  • KV-85 tourelle de JS-1 sur châssis de char KV-1s.
  • JS-2 ou JS-122 armé du canon de 122 mm A-19.
  • JS-2 modèle 1944 armé du canon de 122 mm D-25T L/43.
  • JS-2M modernisation du JS-2 après-guerre.
  • JSU-152 automoteur armé d'un obusier ML-20S de 152 mm.
  • JSU-122 automoteur armé d'un canon A-19 de 122 mm.
  • JSU-122S automoteur armé d'un canon D-25S de 122 mm.
  • JSU-130 automoteur armé d'un canon S-26 de 130 mm.
  • JS-3 avec nouveau châssis, nouvelle tourelle offrant un meilleure protection.
  • JS-3M modernisation du JS-3.
  • JS-4 250 exemplaires produit de 1947 à 1949, capacité en munition augmentée.
  • JS-5 aucun produit, maquettes en bois.
  • JS-6 prototype avec une boîte de vitesse électromécanique.
  • JS-7 6 ou 8 prototypes armés par des 130 mm avec chargeur automatique.
  • JS-8 10 prototypes
  • JS-9
  • JS-10 ou T-10 version armée par un 122 mm D-25TA stabilisé.
  • T-10A
  • T-10B
  • T-10M version de 1957 armée par le nouveau canon de 122 mm M-62-T2.

Autres renseignements techniques[modifier | modifier le code]

Caractéristiques IS-1
Générales
Masse (tonnes) longueur x largeur x hauteur (mètres) garde au sol (mètres) pression au sol (kg/cm²) puissance massique (ch/tonne)
44 8,3x3,1x2,7 0,46 0,78 13,6
Protection
épaiseur en mm / inclinaison par rapport à l'horizontale en °
caisse superstructure tourelle
avant 100/60 120/60 100/rond
côtés 90/90 90/75 100/72
arrière 60/49 60/41 100/60
Armement
Arme calibre
en mm
munitions
embarquées
emplacement(s) débattement
vertical en °
débattement
horizontal en °
canon D-5T85 85 59 tourelle -4 à +23 360
3 mitrailleuses DT 7,62 2520 coaxiale, arrière de la tourelle
et glacis
nc nc
Propulsion
désignation Type
cylindrée en l
puissance
en ch
rapports
de boîte
réservoir
en litres
Consommation
en l pour 100 km
V2-IS V12 diesel
38,7
600
à 2 000 tr/min
4 avant
1 arrière
520
+360 (externes)
330
Performances
Vitesse (km/h) autonomie (km) Pente (degrés) obstacle vertical (mètres) coupure franche (mètres) gué (mètres)
37 (route) 19 (tout terrain) 150 (route) 260 (avec réservoirs externes) 36 1 2,5 1,3
Équipement
radio optique de visée rotation de la tourelle équipage
10R ou 10RK 10T-15,
PT-4-15
électrique
360° en 10 s
4 hommes:
tireur/chef de char, chargeur, conducteur, radio
Caractéristiques IS-2
Générales
Masse (tonnes) longueur x largeur x hauteur (mètres) garde au sol (mètres) pression au sol (kg/cm²) puissance massique (ch/tonne)
46 9,8x3,1x2,7 0,46 0,81 13
Protection
épaiseur en mm / inclinaison par rapport à l'horizontale en °
caisse superstructure tourelle
avant 120/60 120/60 160/rond
côtés 90/90 90/75 90/72
arrière 60/49 60/41 90/60
Armement
Arme calibre
en mm
munitions
embarquées
emplacement(s) débattement
vertical en °
débattement
horizontal en °
canon D-25T 122 28 tourelle -3 à +20 360
2 mitrailleuses DT 7,62 2330 coaxiale, arrière de la tourelle nc nc
1 mitrailleuse DShk 12,7 945 anti-aérienne nc nc
Propulsion
désignation Type
cylindrée en l
puissance
en ch
rapports
de boîte
réservoir
en litres
Consommation
en l pour 100 km
V2-IS V12 diesel
38,7
600
à 2 000 tr/min
4 avant
1 arrière
520
+360 (externes)
340
Performances
Vitesse (km/h) autonomie (km) Pente (degrés) obstacle vertical (mètres) coupure franche (mètres) gué (mètres)
37 (route) 19 (tout terrain) 150 (route) 230 (avec réservoirs externes) 36 1 2,5 1,3
Équipement
radio optique de visée rotation de la tourelle équipage
10RK TSh-17,
POP
électrique
360° en 10 s
4 hommes :
tireur/chef de char, chargeur, conducteur, radio
Caractéristiques IS-3
Générales
Masse (tonnes) longueur x largeur x hauteur (mètres) garde au sol (mètres) pression au sol (kg/cm²) puissance massique (ch/tonne)
46,5 10x3,2x2,45 0,45 0,82 11
Protection
épaiseur en mm / inclinaison par rapport à l'horizontale en °
caisse superstructure tourelle
avant 120/47 120/32 160/rond
côtés 90/90 90/30 120/40
arrière 60/49 60/42 110/50
Armement
Arme calibre
en mm
munitions
embarquées
emplacement(s) débattement
vertical en °
débattement
horizontal en °
canon D-25T 122 28 tourelle -3 à +20 360
2 mitrailleuses DT 7,62 1000 coaxiale, arrière de la tourelle nc nc
1 mitrailleuse DShk 12,7 945 anti-aérienne nc nc
Propulsion
désignation Type
cylindrée en l
puissance
en ch
rapports
de boîte
réservoir
en litres
Consommation
en l pour 100 km
V2-IS V12 diesel
38,7
600
à 2 000 tr/min
4 avant
1 arrière
520
+360 (externes)
350
Performances
Vitesse (km/h) autonomie (km) Pente (degrés) obstacle vertical (mètres) coupure franche (mètres) gué (mètres)
37 (route) 19 (tout terrain) 150 (route) 225 (avec réservoirs externes) 36 1 2,5 1,3
Équipement
radio optique de visée rotation de la tourelle équipage
10RK TSh-17,
POP
électrique
360° en 10 s
4 hommes:
tireur/chef de char, chargeur, conducteur, radio

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]