José María Arizmendiarrieta

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Le père José María Arizmendiarrieta Madariaga (né le 22 avril 1915 à Markina en Biscaye - mort à 29 novembre 1976 à Arrasate en Guipuscoa) était un prêtre espagnol, fondateur de la Mondragón Corporación Cooperativa, le plus grand groupe coopératif du monde, situé au Pays basque espagnol.

Arizmendiarrieta, appelé aussi Arizmendi, est l'aîné d'une famille modeste. À l'âge de 12 ans, il intègre une école préparatoire de Théologie. Quand la Guerre civile espagnole éclate, il soutient la cause républicaine opposée à Franco comme beaucoup de Basques ; une minorité de Basques (traditionalistes) s'opposent au gouvernement républicain. Il a perdu un œil dans un accident d'enfance et ne peut donc pas être soldat. Cependant, il fut journaliste pour des quotidiens basques. À la suite de ses actions, il fut arrêté après la guerre et condamné à mort pour ses activités. La légende dit qu'il échappa au peloton d'exécution grâce à un vice administratif. Relâché, il retourne étudier à Vitoria et continue son enseignement religieux.

Arizmendi voulait continuer ses études en Belgique mais fut assigné dans une paroisse située à 48 kilomètres de sa ville. Il arriva à Arrasate (en Espagnol, Mondragón) en février 1941, à l'âge de 26 ans et fraîchement ordonné prêtre, pour être l'assistant du curé. Il trouva une ville subissant encore les conséquences de la guerre civile et un chômage élevé. Le prêtre local avait été abattu par les troupes de Franco.

Arizmendi n'impressionna pas ses nouveaux paroissiens. Leur prêtre borgne lisait mal. L'un d'eux le décrivait ainsi : "Il parlait d'un ton monotone avec un phrasé complexe et répétitif difficile à comprendre. Il lisait difficilement avec grâce." Ils demandèrent à l'évêque de le remplacer. Néanmoins, il était déterminé à trouver un moyen de venir en aide à sa congrégation et réaliser ce développement économique - l'emploi - qui était la clé pour résoudre les autres problèmes de la ville. Une coopérative apparaît comme le meilleur moyen d'y parvenir. Les coopératives et les organisations d'aide étaient une longue tradition au Pays Basque mais elles disparurent après la guerre.

« Ceux qui décident de faire l'histoire et de changer le cours des évènements ont l'avantage sur ceux qui décident d'attendre passivement les résultats du changement » dit une fois Arizmendi.

En 1943, Arizmendi créa une école Polytechnique, aujourd'hui l'Université de Mondragón (en euskara et officiellement Mondragon Unibertsitatea), un centre éducatif démocratique ouvert à tous les jeunes de la région. Il créa une école, qui se développa très vite, avec l'argent récolté dans les rues auprès des habitants. Il enseigna lui-même à plusieurs étudiants. L'école joua un rôle clé dans l'émergence et le développement du mouvement de la coopérative, par l'éducation et l'autonomisation des habitants. Dans les années 1950, Arizmendi et quelques diplômés de l'école créèrent la première entreprise coopérative, qui se développa très vite et se diversifia pour devenir la Mondragón Corporación Cooperativa (MCC). Ensuite, ils lancèrent la Caja Laboral, une banque permettant aux membres de la coopérative d'accéder à des services financiers et fournissant également des fonds de départ aux nouvelles coopératives.

La MCC est désormais la septième plus grande corporation d'Espagne. Arizmendi, qui mourut en 1976 à Arrasate, est admiré dans sa ville d'adoption et à travers le monde par les membres de coopératives, pour avoir démontré que les coopératives pouvaient être des entreprises efficaces et transformer les communautés locales.

« Construire le « coopérativisme », ce n'est pas faire le contraire du capitalisme », écrivit Arizmendi, « Comme si ce système n'avait eu aucune utilité... Le coopérativisme doit dépasser ça, et pour cela, doit en assimiler les méthodes et le dynamisme. »

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