José María Arguedas

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José María Arguedas

Nom de naissance José Maria Arguedas Altamirano
Activités romancier, poète, ethnologue, traducteur
Naissance 18 janvier 1911
Andahuaylas, Drapeau du Pérou Pérou
Décès 28 novembre 1969 (à 58 ans)
Lima, Drapeau du Pérou Pérou
Langue d'écriture Espagnol (Pérou), Quechua
Mouvement néo-indigéniste

Œuvres principales

José Maria Arguedas Altamirano est un écrivain, un anthropologue et un universitaire péruvien né le 18 janvier 1911 à Andahuaylas (Apurimac) et mort, par suicide, en 1969.

Biographie[modifier | modifier le code]

José María Arguedas (1911-1969), écrivain et ethnologue péruvien, est l'une des figures majeures de la littérature latino-américaine du XXe siècle. Promoteur d'un métissage des cultures andine d'origine quechua et urbaine d'origine européenne, il est considéré comme une des figures emblématique du Pérou contemporain.

Fils naturel d’un avocat itinérant Victor Manuel Arguedas Arellano, Cuzqueño et de Doña Victoria Altamirano Navarro, femme distinguée de San Pedro en Andahuaylas (Pérou). À la mort de sa mère il reste avec sa grand-mère paternelle, son père se remarie avec une riche veuve qui avait aussi des enfants. Il sera victime des mauvais traitements de sa marâtre[1]. Sa marâtre l'obligait à dormir avec les indiens. C'est auprès d'eux qu'il découvre la culture et la langue quechua. Il poursuit des études de Lettres à l’Université tout en militant pour la cause des républicains espagnols. Il passe près d’un an en prison pour après avoir participé à une manifestation antifasciste (1937-38).

Au cœur de l’œuvre de José María Arguedas se trouvent trois romans : Yawar Fiesta, 1941 (traduction française Yawar Fiesta : La fête du sang, 2001) ; Los ríos profundos, 1958 (traduction française Les Fleuves profonds, 1966), Todas las sangres, 1964 (traduction française Tous sangs mêlés, 1970) et un roman-journal posthume non traduit en français El zorro de arriba y el zorro de abajo, 1971).

José María Arguedas est aussi l’auteur de poèmes, de contes et de récits : La agonía de Rasu Ñiti (1962) et Amor mundo (1967). Deux de ses contes ont également été traduits en français : La amante de la culebra et La amante del condor, 1949 (traduction française L’amante de la couleuvre et L’amante du condor, 1966). Son expérience de la prison fournira le thème d’un roman, El sexto (1961).

José María Arguedas a poursuivi une carrière d’ethnologue qu’il aborde par le biais du folklore et de la tradition orale. C’est ainsi qu’il recueille des chants populaires qu’il recrée sous forme écrite en quechua et en traduction espagnole Canto kechwa (1938). Il traduit en espagnol un classique de la tradition quechua sous le titre A nuestro padre creador Túpac Amaru (1962) et rédige de nombreux poèmes à la fois en quechua et en espagnol qui seront publiés à titre posthume sous le titre de Katatay y otros poemas (1972).

Son engagement le pousse à reprendre ses études universitaires. Il obtient en 1957 un diplôme en ethnologie et soutient en 1963 une thèse de doctorat consacrée à la comparaison entre les communautés précolombiennes du Pérou et celles d’Espagne. Celle-ci sera publiée sous le titre Las comunidades de España y el Perú (1968). Élève de l’historien et anthropologue indigéniste Luis E. Valcárcel, Arguedas a souvent été classé dans cette tendance politique et littéraire, bien qu’il en ait lui-même récusé l’étiquette. Dans la mesure où Arguedas écrit directement en quechua et, même dans ses œuvres en castillan, dans une perspective quechua, on peut dire qu’il a dépassé l’indigénisme traditionnel.

Toute l’œuvre de José María Arguedas est marquée par la dualité linguistique et culturelle entre l’espagnol et le quechua. Toujours fidèle à la tradition quechua de son enfance, il a vécu l’expérience du Pérou divisé entre monde andin indien et dominé et monde côtier hispanophone et dominant. N’étant jamais tout à fait parvenu à surmonter ce déchirement culturel, malgré sa réussite professionnelle et souffrant de dépression nerveuse, il se suicide en 1969. Sa fin tragique en a fait le symbole à la fois de tous les clivages de la société péruvienne et de la nécessaire réconciliation qu’il a prônée dans son œuvre, mais si difficilement vécue dans sa chair.

Œuvres choisies[modifier | modifier le code]

  • Agua (1935)
  • Yawar Fiesta (1941 - traduction française Métailié, 2001)
  • Diamantes y Pedernales (1954) - traduction française : Diamants et silex, Éditions de L'Herne, 2012
  • Los Ríos Profundos (1956 - traduction française : Les Fleuves profonds, Gallimard, 1966)
  • El Sexto (1961 - traduction française Métailié, 2011)
  • Todas las Sangres (1964- traduction française : Tous sangs mêlés, Gallimard, 1970)
  • El Zorro de arriba y el Zorro de abajo (posthume, 1971)
  • Katatay, poèmes bilingues espagnol-quechua (posthume, 1972)

Sur José María Arguedas[modifier | modifier le code]

  • "José María Arguedas et la culture nationale dans le Pérou contemporain (1939-1969)", Ève-Marie Fell, At. de Reprod. des thèses, 1982, 2 volumes, 1081 pages.
  • "L’Utopie archaïque : José María Arguedas et les fictions de l’indigénisme", Mario Vargas Llosa, Gallimard, Paris 1999, 402 pages.
  • "Dimension éthique de l'œuvre narrative de José María Arguedas", Martine Rens, thèse de doctorat, Université de Neuchâtel (Suisse), 2003, 294 pages.
  • "José María Arguedas : de la pensée dialectique à la pensée tragique (Histoire d’une utopie)", Roland Forgues, Presses de l’Université du Mirail, Toulouse, 2004, 562 pages.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Walter Saavedra, Apuntes sobre el nacimiento de José María Arguedas, El Diario Internacional, 22 juillet 2006.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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