José López Rega

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José López Rega

José López Rega (Buenos Aires, 17 octobre 1916 - 9 juin 1989) était le ministre argentin des Affaires sociales sous le gouvernement péroniste de 1973 à 1975. Beau-père de Raúl Alberto Lastiri, il était par ailleurs le dirigeant de la Triple A, l'escadron de la mort qui assassinait les membres de l'aile gauche péroniste.

López Rega devint ministre d'Hector Campora après son élection, en tant que candidat péroniste, en mars 1973. Après la démission de ce dernier, remplacé par le général Juan Perón élu en septembre 1973, il continua à exercer ses fonctions, y compris après la mort de Perón le , remplacé par sa femme et vice-présidente Isabel Perón. Il dut démissionner à la mi-1975.

Ascension[modifier | modifier le code]

Surnommé « le Sorcier », à cause de ses penchants pour les sciences occultes et l'ésotérisme, il était aussi membre de la loge maçonnique Propaganda Due (P2), ce qui a été révélé après la découverte, en 1981, par la police italienne, d'une liste des membres de P2 dans une villa du grand-maître Licio Gelli. Plusieurs recherche de la justice argentine ont mis en relief un vaste réseau commercial d'armes et de pétrole entre l'Argentine et la Libye de Kadhafi, orchestré précisément par Licio Gelli. Par ailleurs un des bras droits de López Rega était François Chiappe, ancien membre de la French Connection dans le trafic de drogue ce qui suggère qu'à travers López Rega la Loge P2 aurait eu le contrôle du trafic de drogue de la région [réf. nécessaire].

À l'époque du premier gouvernement Perón (1946-1955), López Rega était membre de la police fédérale[1]. Il aurait fait la rencontre d'Isabel Perón dans les années 1960, et aurait effectué différentes tâches au domicile des Perón à Madrid à partir de 1964[1]. Ainsi, selon Juan Abal Medina, secrétaire général du Parti justicialiste en 1971-72, en 1972, López Rega servait le café et était le chauffeur de la famille[2].

À partir de 1970, il commença à se présenter comme le secrétaire particulier du général[1], qu'il avait su approcher en gagnant la confiance, quasi-aveugle, d'Isabel Perón. Ils étaient tous deux adeptes de l'ésotérisme Rose Croix, bien avant de faire connaissance, et ce point en commun s'avéra décisif pour l'influence que López Rega réussit à avoir sur le couple. Muni selon plusieurs témoignages d'un charisme énigmatique et hypnotique, López Rega obtint aussi un ascendant gigantesque sur les décisions de Juan Perón lui-même, âgé à l'époque de 70 ans et malade. En juin 1973, alors que le médecin du général voulait le mettre sous soins intensifs, López Rega s'y opposa ainsi brutalement, quoique sans succès, invoquant le prestige politique du général[3]. López Rega était par ailleurs le beau-père de Raúl Alberto Lastiri, qui assuma la présidence par intérim entre juillet et septembre 1973[2].

Gouvernement d'Isabel Perón[modifier | modifier le code]

Après la mort du chef, en juillet 1974, l'influence de José López Rega grandit au sein du gouvernement dirigé par Isabel Perón. José López Rega démissionna finalement de son poste de ministre le à cause d'accusations, publiées d'abord par une revue proche des Montoneros, selon lesquelles il contrôlait directement l'organisation criminelle appelée Triple A (ou Alliance Anticommuniste Argentine). Le , un câble de l'ambassade américaine de Buenos Aires (portant la clearance de l'agent du FBI Robert Scherrer), concernant l'assassinat de militants chiliens exilés en Argentine, affirmait que López Rega ne pouvait pas ne pas être au courant de ces opérations menées dans le cadre de la coordination des services secrets du Cône sud, la dite opération Condor[4].

Ambassadeur et fuite[modifier | modifier le code]

Nommé ambassadeur par Isabel Perón, il s'enfuit pour l'Espagne franquiste et ensuite pour la Suisse où il est probable qu'il ait été soutenu financièrement par Licio Gelli en remerciement pour les services rendus dans les années 1970. En 1986, après dix ans de cavale et trois ans après le rétablissement de la légalité démocratique en Argentine, José López Rega fut arrêté aux États-Unis et extradé en Argentine, où il mourut en attendant son procès.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Hugo Gambini, Historia del peronismo. La violencia (1956- 1983), Buenos Aires, Vergara, 2008, cité en note de Humberto Cucchetti, « Redes sociales y retórica revolucionaria: una aproximación a la revista Las Bases (1971- 1975) », Nuevo Mundo Mundos Nuevos (revue de l'EHESS), Debates, 2008
  2. a et b Habla Juan Manuel Abal Medina; Recuerdos de la muerte, Clarín, 7 avril 1996
  3. Roberto Fernández Taboada et Pedro Olgo Ochoa. El relevo de Cámpora, Revue Somos, septembre 1983
  4. Câble de l'ambassade américaine de Buenos Aires du (avec clearance de Robert Scherrer) concernant l'assassinat de militants chiliens exilés en Argentine (site du National Security Archives, document déclassifié utilisé lors du procès de l'ex-dictateur uruguayen Juan Maria Bordaberry, condamné en 2010)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]