José Canalejas

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José Canalejas

Description de l'image  Don J. Canalejas.jpg.
Nom de naissance José Canalejas Méndez
Naissance 31 juillet 1854
Ferrol
Décès 12 novembre 1912 (à 58 ans)
Madrid
Nationalité Flag of Spain.svg espagnole
Profession Avocat
Homme politique
Autres activités
Ministre
Président du Conseil des ministres

José Canalejas Méndez (né le 31 juillet 1854 à Ferrol, mort à Madrid le 12 novembre 1912) est un avocat et homme politique régénérationniste espagnol. Il fut ministre de l'Équipement, de la Justice, de l'économie et du budget et de l'agriculture, de l'industrie, du commerce et des travaux publics durant la régence de Marie-Christine de Teschen, puis président du conseil des ministres d'Espagne et de nouveau ministre du développement et ministre de la Justice sous le règne d'Alphonse XIII.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un ingénieur des chemins de fer, il suivit ses études secondaires au Lycée San Isidro de Madrid et obtint les titres de docteur en droit et en philosophie à l'université centrale de Madrid. En 1873 il était auxiliaire de chaire mais il échoua à deux concours pour devenir titulaire, raison pour laquelle il abandonna l'enseignement. Il intégra la société de chemins de fer de Madrid à Ciudad Real et Badajoz (Ferrocarriles de Madrid a Ciudad Real y a Badajoz), dans laquelle il atteignit le rang de Secrétaire général et fut avocat de l'entreprise au cours de procès contre d'autres entreprises de chemin-de-fer espagnoles.

Député[modifier | modifier le code]

Sympathisant du Parti démocrate progressiste, aux idées républicaines, à l'avènement de la Restauration bourbonienne, il l'abandonna pour intégrer les rangs du Parti libéral de Sagasta, dirigé à l'époque par Cristino Martos et avec lequel il participa aux élections de 1881, au cours desquelles il fut élu député de Soria. Aux scrutins suivants, il obtint de nouveau un siège de député pour Soria (1884), puis pour Cadix (1886) et Alicante (1891-1907). Il renonça à d'autres sièges obtenus à Madrid et Ciudad Real et fut même président du Congrès des députés entre 1906 et 1907.

Ministre[modifier | modifier le code]

Durant la Régence il fut ministre du Développement (Fomento) entre le 14 juin et le 11 décembre 1888, ministre de la Grâce et de la Justice entre le 11 décembre 1888 et le 21 janvier 1890, ministre du Budget entre le 17 décembre 1894 et le 23 mars 1895 et ministre de l'Agriculture, de l'Industrie, du Commerce et des Travaux Publics entre le 19 mars et le 17 mai 1902, poste depuis lequel il lança la création de l'Institut du Travail (Instituto del Trabajo), toujours dans des gouvernements présidés par Sagasta. Par la suite, au cours du règne d'Alphonse XIII, il fut de nouveau ministre de l'Agriculture, de l'Industrie, du Commerce et des Travaux Publics entre le 17 et le 31 mai 1902 dans le gouvernement Sagasta, puis ministre de la Grâce et de la Justice entre le 29 juin 1911 et le 12 mars 1912 dans son propre gouvernement.

Collaborateur au journal La Democracia, il fonda en 1890 l'influent quotidien Heraldo de Madrid.

En 1897, préoccupé par la situation de Cuba (alors une province d'Espagne), il y fit un séjour afin d'obtenir des informations de première main. Portant un intérêt certain au conflit, il s'inscrivit comme volontaire dans les listes de l'armée, dont il porta l'uniforme. À 43 ans, et après avoir été ministre, il lutta en tant que soldat et obtint la Croix du Mérite Militaire.

Une fois connue la situation dramatique de la province de Cuba, il revint en Espagne où il fit part de ses impressions à Sagasta, lequel n'y prêta as une grande attention. Un an plus tard (1898), la province de Cuba fut envahie par les États-Unis, avec Porto Rico (qui dépendait administrativement de Cuna à l'époque) et les Philippines, en réponse à l'attaque et au naufrage du navire américain USS Maine qui se trouvait en reconnaissance dans la baie de Cuba (attaque dont fut accusée l'Espagne, bien qu'aucune preuve tangible n'ait été fournie).

La guerre terminée, il fonda son propre parti en 1902, le parti libéral-démocrate, et fut à la tête d'un courant politique de gauche qui défendait les idées démocratiques et en faveur de la séparation de l'Église et de l'État.

Président du gouvernement[modifier | modifier le code]

Après avoir unifié de façon transitoire les différents courants qui luttaient au sein du libéralisme, il fut Président du Conseil des ministres entre le 9 février 1910 et le 12 novembre 1912, période au cours de laquelle il présida de fait trois gouvernements depuis lesquels il réalisa d'importantes réformes. Au niveau fiscal (suppression de la Contribución de Consumos), mise en place du service militaire obligatoire et limitation de l'installation d'ordres religieux (Ley del candado, Loi du cadenas). Accompagné du Roi, il se rendit au Maroc et ordonna l'occupation de Larache, Asilah et Alcazarquivir en réponse à l'occupation de Fès par les Français. Les négociations qu'il entama avec ces derniers amenèrent, peu après sa mort, à la mise en place du protectorat du Maroc.

Il supprima l'impôt sur la consommation, améliora la législation sociale et tenta de résoudre la question catalane avec un projet de Mancommunauté préparé avec la collaboration d'Enric Prat de la Riba. En matière d'ordre public, il dut utiliser la force pour réprimer la tentative de soulèvement républicain de 1911 (motín en la fragata Numancia et sucesos de Cullera) et la grève ferroviaire de 1912. Il ne parvint pas à réaliser les réformes politiques qui auraient pu permettre de transformer le régime existant en une véritable démocratie, fin du caciquisme et de la fraude électorale, puisqu'il fut assassiné le 12 novembre 1912. Une dure lutte pour la direction du Parti libéral s'engagea alors, et aboutirait à la fin de ce dernier. De nombreuses personnes assistèrent à ses funérailles comme Álvaro Figueroa y Torres Mendieta, Comte de Romanones, et Manuel García Prieto, marquis d'Al Hoceima, en majorité des libéraux.

Grand orateur, il présida la Real Academia de Legislación y Jurisprudencia.

Mort[modifier | modifier le code]

Tombe de Canalejas au Panteón de Hombres Ilustres à Atocha, Madrid

Alors Président du Conseil des ministres, José Canalejas fut assassiné pendant qu'il regardait la vitrine de la librairie San Martín en plein centre de Madrid, au croisement de la Puerta del Sol et de la rue Carretas. L'agresseur, l'anarchiste Manuel Pardiñas Serrano, qui ne figurait pas dans les registres policiers des anarchistes fichés, lui tira trois balles dans le dos. Quelques instants plus tard, il fut pris à parti à coups de matraque par un policier et, se sentant cerné, il se suicida de deux coups de feu tirés avec la même arme que celle ayant servi pour l'attentat. Canalejas mourut avant d'arriver au siège du ministère de l'Intérieur où il fut transporté. Son assassinat et son enterrement ont fait, peu après, l'objet d'un film : Asesinato y entierro de don José Canalejas, réalisé par Enrique Blanco et Adelardo Fernández Arias (sortie en Espagne le 12 décembre 1912)(source : IMDB).

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1910-1912
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Source[modifier | modifier le code]