José Asunción Flores

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José Asunción Flores

alt=Description de l'image Stamps of Paraguay, 2004-11.jpg.
Naissance 27 août 1904
Asuncion Drapeau du Paraguay Paraguay
Décès 16 mai 1972 (à 67 ans)
Buenos Aires Drapeau de l’Argentine Argentine
Activité principale Compositeur
Style Musique latine, Musique classique
Activités annexes Tromboniste, Violoniste
Années d'activité 1922-1972

José Asunción Flores (Asuncion, 27 août 1904, Buenos Aires, 16 mai 1972 (à 67 ans)) était un compositeur paraguayen, créateur du genre musical appelé Guarania (es), qui s'est répandu dans le monde entier. Il est aussi connu pour son engagement au sein du Parti communiste paraguayen (es).

Premiers pas[modifier | modifier le code]

José Asunción Flores est né au Paraguay, le 27 août 1904, à "Punta Carapa" un quartier déshérité de La Chacarita, un faubourg d'Asuncion. Il porte la nom de sa mère Maria Magdalena Flores qui était lavandière car son père Juan Volta, un guitariste, refuse de le reconnaître. Tout enfant, il doit travailler comme cartonero (ramasseur de cartons) ou comme cireur de chaussures, voire mendier ou chaparder pour aider sa famille. A dix ans, il s'enfuit pour échapper aux mauvais traitements de son parâtre et travaille dans une tannerie à graisser les machines, avant d'être récupéré par sa mère un an plus tard[1].

Flores racontera que son destin musical a commencé, lorsqu'il avait onze ans, par le vol d'un morceau de pain. Emmené au poste de police, on lui aurait proposé, comme alternative à la prison, d'entrer dans la Musique de la Police d'Asunción.

Il est l'élève de Félix Fernández, avec qui il est devient tromboniste soliste, sous la direction de grands chefs d'orchestres tels que Mariano Godoy, Eugenio Campanini, Nicolino Pellegrini (es) et Salvador Déntice. Il étudie également le violon avec Fernando Centurión et Carlos Esculies[2].

La naissance de la Guarania[modifier | modifier le code]

En 1925, après avoir expérimenté différents arrangements sur la vieille chanson paraguayenne Maerãpa reikuaase, il commence à travailler sur le nouveau genre musical qu'il appellera Guarania (es). Pour lui, il s'agit de capter l'essence même du peuple paraguayen. Flores dira à propos de cette création : « La Guarania est issue de mon peuple, écrite par et pour mon peuple »[3]

En 1928, il rencontre le poète guaireño Manuel Ortiz Guerrero (es), et après avoir composé deux œuvres ensemble, ils créeront les trois plus belles guaranias : India, Cerro Corá et Panambí Verá.

La guerre et l'exil[modifier | modifier le code]

En 1932, il s'enrôle dans l'Armée du Paraguay (es), au moment de la Guerre du Chaco, où il combattra au front[4]. Après le conflit armé, il est contraint de s'exiler à Buenos Aires. Même en son absence, ses chansons continuent à être extrêmement populaires dans tout le Paraguay et le genre Guarania rencontre un succès grandissant, ce qui confirme l'originalité et la créativité du travail de Flores.

En 1944, la chanson India, sur un texte initial de Fontao Meza Rigoberto puis, dans sa version définitive de Ortiz Guerrero se verra proclamée par le gouvernement paraguayen : «chant national».

A Buenos Aires, Flores se consacre davantage à la musique classique, composant notamment douze symphonies[5].

Un militant révolutionnaire[modifier | modifier le code]

Dans les rangs du Parti communiste paraguayen (es) qui connaît une répression féroce, Flores est un militant engagé[6].

En 1949, il refuse d'être décoré de l'Orden Nacional del Mérito pour protester contre l'assassinat du jeune étudiant Mariano Roque Alonso. Cela lui vaudra, comme « traidor a la patria » (traître à la patrie), une interdiction absolue du territoire paraguayen, pendant toute la dictature d'Alfredo Stroessner (1954-1989)[5].

Il fait de fréquents séjours à Moscou où il enregistre plusieurs de ses compositions, avec les plus grands chefs d'orchestre et musiciens soviétiques.

En 1950, il participe à la fondation du Conseil mondial de la paix, dont il sera le délégué pour le Paraguay[1].

Il mourra en 1972 de la maladie de Chagas, après s'être vu refuser une dernière fois de rentrer au pays. Ses restes seront rapatriés en 1991, après la chute de Stroessner. Lors d'obsèques solennelles, l'Orden Nacional del Mérito lui sera restitué à titre posthume.

Biographies[modifier | modifier le code]

  • (es) Sara Talia, José Asunción Flores : génesis y verdad sobre la guarania y su creador, Buenos Aires, [s.n.],‎ 1976, 21cm, 99 p. (LCCN 78110783)
  • (es) Antonio Pecci, Tributo a Flores : homenaje al creador de la Guarania, José Asunción Flores, Asunción, Paraguay, UniNorte (Universidad del Norte), coll. « Expolibro »,‎ 2002, 23cm, 217 p. (LCCN 2002426376)
  • (es) Catalo Bogado Bordón, José Asunción Flores : músicas y letras con Ortíz Guerrero, Paraguay, El Lector,‎ 2004, 19cm, 206 p. (LCCN 2004465408)
  • (es) Armando Almada Roche, Flores, el exilio y la gloria : la historia gráfica más sensacional del año, Asunción, Paraguay, Arandura Editorial,‎ 2008, 20cm, 354 p. (ISBN 9995350424, LCCN 2009480185)

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (es)Antonio V. Pecci, « JOSÉ ASUNCIÓN FLORES - BIOGRAFÍA », www.portalguarani.com (consulté le 26 septembre 2012)
  2. (es) « Notice biographique sur le site du ministère paraguayen de la Culture », www.mec.gov.py (consulté le 25 septembre 2012)
  3. (es) « Hecho de sueño y música », Musica Paraguaya (consulté le 25 septembre 2012)
  4. (es) « Flores en la guerra del Chaco », Musica Paraguaya (consulté le 25 septembre 2012)
  5. a et b (es) « José Asunción Flores », Université Johannes Gutenberg (consulté le 26 septembre 2012)
  6. (es) « Tributo a José Asunción Flores », APAS- Agencia periodistica de America del Sur (consulté le 25 septembre 2012)

Voir aussi[modifier | modifier le code]