Jorge Carrasco

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Jorge Carrasco

Jorge Carrasco (4 mai 1919 à La Paz en Bolivie - le 25 juillet 2006 à Le Menoux en France) est un peintre bolivien.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après avoir étudié les arts plastiques à l'académie des beaux-arts de la Paz, Vienne et Paris, il exerce comme professeur à l'Institut normal supérieur et à l'Académie des beaux-arts de la Paz. En 1950, il découvre la présence de la culture Tiahuanacu à la Paz et sauve les pièces qui se trouvent aux musées Murillo, Tiahuanacu, et Dies de Medina de la capitale bolivienne.

Envoyé, en 1953, comme représentant de la Bolivie à la deuxième Biennale de São Paulo (Brésil), Carrasco expose aux côtés de Picasso et Matisse, avant de partir réaliser de grandes fresques murales sur la production du sucre, à Rio de Janeiro (Brésil).

L'année suivante (1954), Carrasco part à la découverte de l'Europe : Gênes, Venise où il participe, en tant que représentant de la Bolivie, à la Biennale de Venise, puis ce sera l'Espagne, la Suède, l'Angleterre, l'Allemagne et la Suisse.

À Paris, il fréquente l'Académie de la Grande Chaumière où il fait la connaissance de nombreux artistes et intellectuels tels que Yves Brayer, Jean Cocteau, Picasso, Soulages, Klein, etc. et surtout rencontre Simone, sa future épouse, et mère de ses cinq enfants. Simone sera son guide " son inspiratrice", une partie de moi-même. Pour moi, l'Art est Amour et l'Amour c'est elle" dit-il à 86 ans passées…

En 1958, il décide de rentrer en Bolivie, avec Simone et leur premier enfant mais l'assassinat de son frère qui avait dénoncé un trafic de drogue entre la Bolivie et le Pérou l'oblige à s'installer alors à Caracas (Venezuela). Il enrichit son expression en abordant avec succès le dessin animé. Il travaille sur des programmes éducatifs pour la télévision vénézuélienne, tandis que continuent à s'organiser des expositions en Amérique Latine et en Europe.

À la fin de l'année 1962, Carrasco regagne La Paz, en 1966, invité par le Département d'État, il est l'hôte des États-Unis. La même année, il est également invité par le Ministère des Affaires culturelles en France.

En 1968, il s'installe définitivement en Europe, tout d'abord en Belgique, puis en France au Menoux (Indre) où il vécut pendant près de trente huit ans.

Il partage alors son temps de création entre la peinture et la sculpture. Mû par une incroyable énergie créatrice, il arrache au bloc de pierre, à coups de ciseau, de voluptueuses formes arrondies, polies à la paume de la main, qui appellent à la caresse.

Mais aussi peintre de talent, il consacre huit années de sa vie 1968-1976 à la réalisation d'une formidable fresque (à titre bénévole) qui couvre murs et plafonds de l'église du Menoux, et donne par ces 400 mètres carrés sa vision de la création de l'homme et de l'univers.

Carrasco est mort à Le Menoux le 25 juillet 2006 à l'âge de 87 ans.

Carrasco rend la pierre précieuse[modifier | modifier le code]

Marbre de Vérone - 1990

Du ténébreux granit noir de Suède, au classique marbre de Carrare, en passant par l'ivoire de Rhodes, l'onyx d'Argentine, ou encore la verte et mystérieuse serpentine, la lave rugueuse ramenée de Sicile, les sculptures de Carrasco portent le sceau d'une esthétique sobre, dépouillée, mais non moins chaleureuse. Elles attirent, provoquent le toucher comme si elles renfermaient en elles quelque secret.


Carrasco cultive l'art de la "géométrie imparfaite" ; posées dans un équilibre en apparence instable, ses œuvres frappent par leur assise, leur enracinement dans le monde réel, tel un arbre puisant sa sève au plus profond de la terre.

L'ensemble de l'œuvre renvoie à une cosmogonie d'essence moderne, à une transfiguration de monde réel en éléments cosmiques mus par leur dynamisme propre.

C'est pourquoi les sculptures de Carrasco dévoilent et camouflent à la fois l'Universel. C'est en cela que réside pour l'homme, le mystère, la fascination fondamentale et irréductible de l'art.

Les fresques de l'église du Menoux[modifier | modifier le code]

Vue générale vers l'abside
Le Menoux, Indre, Vue générale vers le porche

De 1968 à 1976, il entreprend de couvrir, à titre bénévole, murs et plafond de l'église de Le Menoux (Indre), d'une fresque gigantesque ayant pour thème la création de l'homme et de l'univers.

Résultat : sur 400 mètres carrés, un fantastique big bang coloré qui explose perpétuellement au-dessus de la tête des visiteurs. Carrasco s'affirme dans sa dimension de peintre et donne sa vision de la création de l'homme et de l'univers.

Carrasco a une vision cosmique de Dieu, il veut évoquer sa force créatrice et faire revivre l'idée que Dieu n'est autre que la vie.

Citations et jugements[modifier | modifier le code]

Les yeux de l'homme sont les yeux de la vie.

La toile a peur du peintre et non le peintre de la toile.

L'acte nait de l'intérieur et non d'une illusion.

Quand les gens admirent une œuvre d'Art, ce n'est pas une illusion, mais un instant de vérité.

J'affirme que la ligne droite n'existe pas. Ce que nous appelons ligne droite est seulement une connaissance intellectuelle. C'est le segment d'un immense cercle qui constitue la planète. La ligne droite n'est pas en nous. Elle se trouve dans l'illusion extérieure de la vie.

L'Art est Amour, L'Amour est la Vie, il faut vivre sa Vie et non pas la subir.

Musées ayant acquis ses œuvres[modifier | modifier le code]

Pour les plus importants :

Honneurs[modifier | modifier le code]

Principales réalisations[modifier | modifier le code]

  • Fresque pour la crypte du Maréchal Santa Cruz à La Paz (Bolivie)
  • Fresque " Le Sucre" Rio de Janeiro" (Brésil)
  • Fresque Église du Menoux (Indre, France)
  • Sculptures monumentales à Châteauroux, Louviers, Argenton-sur-Creuse, Paris…
  • Chemin de Croix, Église Saint-Sauveur, Argenton-sur-Creuse

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • La sculpture moderne en France depuis 1950, Gérard Xuriguera - Arted Éditions d'Art
  • Berry magazine, Patrick Rivéra
  • À la découverte des Églises de l'Indre, Arnaud de Montignac Éditions patrimoines et médias 2004
  • Peintures murales de l'Indre: De la couleur au symbole révélé, Michel Maupoix et Xavier Anquetin. Oudin imprimeur 2004
  • Divers articles de presse : Le Monde, La nouvelle République du centre, La Marseillaise, La Razon...