Jorge Briceño Suárez

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Jorge Briceño Suárez

Description de l'image  Mono_jojoy_-_EEUU.jpg.
Nom de naissance Víctor Julio Suárez Rojas
Alias
Mono Jojoy
Naissance (incertain)
Cabrera (Colombie) - incertain
Décès (à 57 ans)
Serranía de la Macarena
Nationalité colombienne
Pays de résidence Colombie
Activité principale guérillero des FARC
Famille
Grannobles (son frère, également dans les FARC)

Víctor Julio Suárez Rojas, né le à Cabrera (Cundinamarca) ou à Boavita (Boyacá), et mort le dans la Serranía de la Macarena (Meta), plus connu sous ses noms de guerre Jorge Briceño Suárez ou Mono Jojoy, est un guérillero colombien, dirigeant des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC).

Biographie[modifier | modifier le code]

Les parents de Victor Julio Suárez Rojas se déplacent à la fin des années 1950 vers le Sumapaz suite à la guerre civile qui déchire le pays (période de La Violencia). Ils y rejoignent le groupe d'autodéfense paysanne dirigé par Juan de la Cruz Varela, qui finit par rendre les armes suite à un processus de paix avec le gouvernement. Une partie des membres de l'autodéfense restent toutefois sous les armes et fondent une guérilla libérale à tendance pro-communiste, qui rejoindra les FARC à leur fondation. Sa mère devient cuisinière de Jacobo Arenas, qui sera le protecteur de Suárez Rojas au sein des FARC. C'est de cette époque que date le surnom de Mono Jojoy[1].

Son activité de guérillero commence dans le Sumapaz, où il fonde avec son frère (Grannobles) et un proche (Romaña) plusieurs fronts des FARC, et a dès cette époque une influence importante dans les municipalités de Cabrera, Pasca, Venecia y San Bernardo. En 1983, il devient chef de la sécurité de Jacobo Arenas, mais c'est à partir de la seconde moitié des années 1980 qu'il commence réellement son ascension au sein des FARC : commandant du front 27, dans la Serranía de La Macarena, puis fondateur de deux autres fronts dans le département du Meta, il se signale par des succès militaires, tandis que la répression contre l'Union Patriotique renforce l'aile militariste au sein des FARC. En 1990, à la mort de Jacobo Arenas, Mono Jojoy devient membre du secrétariat des FARC, l'instance suprême du mouvement, puis en 1993, commissaire politique du Bloc oriental, le «cœur» des FARC. Il y dirige les opérations les plus importantes de l'histoire du mouvement, dont la prise de Mitú en 1998. À partir de 1997, il met également en œuvre avec ses lieutenants la stratégie dite du «vide du pouvoir», consistant à assassiner les autorités élues ou nommées des zones d'influence des FARC, stratégie qui déclenche une importante vague de violence dans le pays. Son importance s'affirme plus encore entre 1999 et 2002, période où il règne en maître dans la zone démilitarisée de 42 000 km2 créée autour de San Vicente del Caguán et contrôle les négociations avec le gouvernement d'Andrés Pastrana[1].

À partir de 2002, la fin de la zone démilitarisée et la politique de sécurité démocratique rendent plus difficile la situation de Bloc oriental des FARC, qui voit sa suprématie au sein des FARC contestée par le Commandemant conjoint occidental, sous le commandement d'Alfonso Cano. C'est ce dernier qui succède à Manuel Marulanda à sa mort en 2008. On estime toutefois qu'en 2010, Mono Jojoy avait encore près de 4 000 hommes sous ses ordres dans le Bloc oriental[1].

La fin des années 2000 : poursuites et mort[modifier | modifier le code]

Briceño Suárez fait l'objet de plus de 70 mandats d'arrestation émis par Interpol, entre autres pour homicides, rébellion, prise d'otages et extorsion. Le Département d'État des États-Unis l'accuse d'être très impliqué dans le trafic de cocaïne, et offre 5 millions de dollars pour toute information permettant sa capture[2],[3]. Le 11 mai 2008, le général Freddy Padilla de León, commandant en chef des forces armées, affirme à la presse que plusieurs membres de la garde rapprochée de Mono Jojoy préparaient son assassinat afin de récupérer la récompense offerte par les Etats Unis. Après la découverte de leur complot, trois des gardes du corps auraient été exécutés et les trois autres auraient réussi à s'échapper[4]. Le 1er décembre 2008, il est condamné par contumace à 40 ans de prison pour avoir commandité l'attentat du club El Nogal qui avait fait 36 morts et 200 blessés le 7 février 2003 à Bogota[5].

Le 23 septembre 2010, El Mono Jojoy a été abattu par l'armée colombienne lors d'une opération militaire réunissant les forces terrestre et aérienne, menée dans la Serranía de la Macarena (département de Meta)[6],[7]. La localisation du chef guérillero a été effectuée par les services de renseignement colombiens grâce à des bottes contenant un GPS : ayant intercepté une communication des FARC indiquant que le commandant du Bloc oriental avait besoin de bottes particulières en conséquence d'effets secondaires de son diabète, les services colombiens sont parvenus à lui faire livrer cette paire de bottes. Le GPS a détecté des mouvements à partir du lundi 21 septembre, ce qui a donné lieu à un bombardement infructueux ce jour-là. Après ce bombardement, Jojoy s'est déplacé à un autre campement, et le bombardement décisif sur ce campement aurait eu lieu le 23 septembre vers 2 heures du matin[8].

Réactions[modifier | modifier le code]

Selon le président colombien Juan Manuel Santos, Briceño Suarez était « le symbole de la terreur » qui a fait tant de mal à la Colombie, et c'est pour cela que sa mort est « le coup le plus dur qui ait été donné aux FARC dans l'histoire[9] ». Pour Barack Obama, c'est « un grand jour pour la Colombie et tous ceux qui veulent la paix dans la région»[10]. Hugo Chávez indique en revanche qu'«on ne peut se réjouir de la mort de personne», souhaitant que l'on trouve le chemin vers un accord de paix[11]. Fidel Castro juge que l'opération de l'armée colombienne est «un assassinat honteux», qui a eu lieu sans aucun combat. Il dénonce l'emploi de bombes téléguidées «fournies par les États-Unis à leur allié»[12].

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bedoya, J., Vida y muerte del Mono Jojoy, Ed. Planeta, Bogotá, 2010. 280 pp.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

(es) biographie de Jorge Briceño Suárez, par Ariel Ávila sur Semana.com