Johnny s'en va-t-en guerre

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Johnny s'en va-t-en guerre (Johnny Got His Gun) est un roman publié en 1939. Son auteur, Dalton Trumbo, en a réalisé un film sorti sur les écrans le 4 août 1971.

Sommaire

Trame de l'œuvre [modifier]

Joe Bonham (Timothy Bottoms) est un jeune Américain plein d'enthousiasme qui décide de s'engager pour aller combattre sur le front pendant la Première Guerre mondiale. Au cours d'une mission de reconnaissance, il est gravement blessé par un obus et perd la parole, la vue, l'ouïe et l'odorat. On lui ampute ensuite les quatre membres alors qu'on croit qu'il n'est plus conscient. Allongé sur son lit d'hôpital, il se remémore son passé et essaie de deviner le monde qui l'entoure à l'aide de la seule possibilité qui lui reste : la sensibilité de sa peau. Une infirmière particulièrement dévouée l'aide à retrouver un lien avec le monde extérieur. Lorsque le personnel médical comprend que son âme et son être sont intacts sous ce corps en apparence décédé, ils doivent prendre une décision médicale selon les valeurs et les croyances de l'époque.

Fiche technique [modifier]

Distribution [modifier]

Commentaires [modifier]

Le film reste très discret au niveau des images. Trumbo ne filme jamais les mutilations du personnage mais uniquement les parties saines de son corps. L'histoire commence lorsque Joe se réveille à l'hôpital alors qu'il s'imagine être encore dans une pièce obscure. Sa voix intérieure nous fait vivre la manière dont il se rend compte peu à peu de son infirmité. Les scènes dans l'hôpital avec la voix intérieure alternent avec des scènes de souvenir et de rêve — mais lorsque l'on ne peut pas ouvrir les yeux, comment distinguer le rêve de la veille ?

Trumbo joue avec la pellicule afin de nous faire vivre ce que Joe endure : noir & blanc pour la réalité (l'hôpital et les tranchées), couleurs pour le rêve (les souvenirs de Joe et ses rêves).

Très pessimiste, le film est par moment difficilement supportable, non pas en raison des images, mais de la prise de conscience de la torture mentale que vit le personnage. Il constitue un double manifeste, à la fois contre la guerre et pour l'euthanasie (ou contre l'acharnement thérapeutique).

En effet, c'est à la fois un puissant réquisitoire antimilitariste et une émouvante plaidoirie pour le suicide assisté ; le « coup de grâce » (« blow of mercy » en anglais).

Il s'agit du seul film que Dalton Trumbo ait réalisé, d'après son roman du même nom.

Aspect historique [modifier]

Le film et le livre ont eu un impact important en raison de leurs dates de sorties.

Le livre fut publié pour la première fois le 3 septembre 1939, soit deux jours après le début de la Seconde Guerre mondiale, et il devint rapidement célèbre par son caractère ouvertement anti-militariste. Il montrait la violence et l'absurdité de la guerre dans un contexte où l'Amérique rechignait fortement à s'impliquer dans le conflit. Après l'épuisement des exemplaires en librairie, sa réédition ne survint qu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale, en 1945.

Alors que les États-Unis étaient en pleine guerre du Viêt Nam, la sortie du film et sa reconnaissance au festival de Cannes eurent une seconde résonance avec l'actualité. Les divers mouvements pacifistes et antimilitaristes des années 1970 firent de Johnny s'en va-t-en guerre une œuvre majeure dans laquelle il convient de voir l'un des plus violents réquisitoires de la littérature et du cinéma américain contre l'absurdité de toutes les guerres.

Autour du film [modifier]

  • Le titre "Johnny got his gun" est vraisemblablement conçu comme une réponse à la chanson propagandiste "Over there", de Henry Burr & the Peerless Quartet, diffusée en 1917 dans le but d'encourager l'engagement des citoyens américains lors du premier conflit mondial. Les premières paroles en sont "Johnny get your gun, get your gun, get your gun".[1]
  • Les paroles de la chanson One du groupe Metallica (sur l'album ...And Justice For All) sont inspirées des pensées du personnage. La vidéo du titre comprend des extraits du film. Le groupe aurait d'ailleurs acheté les droits du film[réf. nécessaire].
  • Les paroles de la ballade piano/voix Johnny got his gun de Little Nemo (groupe) et se trouvant sur l'album Sounds In The Attic, sont directement inspirées du film adapté du roman[1].

Adaptations [modifier]

Johnny s'en va-t-en guerre est adapté au théâtre avec dans le rôle titre Jeff Daniels qui remporte pour sa composition un Obie Award en 1983[2]. Une version théâtrale et filmée est réalisée en 2008 avec Benjamin McKenzie dans le rôle de Joe[3].

Notes et références [modifier]

  1. (fr) On peut trouver les paroles de cette chanson sur le site officiel du groupe à la section Sounds In The Attic sur turquoisefields.free.fr
  2. (fr) Jeff Daniels, Cinefil.com. Consulté le 28 juillet 2009
  3. (en) Johnny Got His Gun, sur Internet Movie Database. Consulté le 28 juillet 2009

Récompenses [modifier]

Lien externe [modifier]