Johnny Weissmuller

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Johnny Weissmuller

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Johnny Weissmuller en 1925

Nom de naissance Johann Peter Weissmüller
Naissance 2 juin 1904
Freidorf (hu.: Szabadfalu), Autriche-Hongrie
Nationalité Drapeau des États-Unis Américain
Décès 20 janvier 1984 (à 79 ans)
Acapulco, Mexique
Profession Nageur
Acteur

Johnny Weissmuller, né Johann Peter Weissmüller, ou en hongrois János Péter Weissmüller le 2 juin 1904 à Freidorf, alors dans l'empire d'Autriche-Hongrie[1] (aujourd'hui en Roumanie), mort le 20 janvier 1984 à Acapulco au Mexique, est un nageur olympique américain ayant gagné cinq médailles d'or aux Jeux olympiques, et un acteur de cinéma célèbre pour avoir incarné le personnage de Tarzan dans plusieurs films des années trente à quarante.

Biographie[modifier | modifier le code]

Johann Peter Weissmüller naît en 1904 à Freidorf (en hongrois : Szabadfalu), village actuellement rattaché aux faubourgs de la ville de Timișoara. Il est le fils de Peter Weissmüller et Elisabeth Kersch, une famille allemande du Banat. La famille émigre aux États-Unis en janvier 1905, quand l'enfant a sept mois. À la chute de l'Autriche-Hongrie, la famille devient apatride.

Le père, Peter, est mineur à Windber, en Pennsylvanie. C'est là que naît Peter Jr., son plus jeune fils, le 3 septembre 1905 : le bébé est américain de naissance, alors que le reste de la famille (qui déménage à Chicago où le père est embauché dans une fabrique de bière) reste apatride.

À l'âge de neuf ans, Johnny Weissmüller contracte la poliomyélite[2]. Son médecin lui suggère de pratiquer la natation pour aider à vaincre la maladie. Johnny guérit et continuera à exercer ce sport où il excelle. En 1924, son père signe l'autorisation pour établir un passeport au nom de son fils cadet, alors âgé de dix-neuf ans, afin qu'il puisse se rendre aux jeux olympiques de Paris, en France.

Carrière sportive[modifier | modifier le code]

Afin de pouvoir participer aux Jeux olympiques, Johnny Weissmüller falsifie ses papiers d'identité : il se fait passer pour son frère cadet, Peter, américain de naissance, car un apatride n'aurait pu participer aux jeux. Après ses succès olympiques, la nationalité américaine lui sera reconnue et il reprend sa propre identité.

Il est le premier homme à passer au-dessous de la minute au 100 mètres nage libre, le 9 juillet 1922, avec un temps de 58 s 6. Aux Jeux olympiques de 1924 à Paris, il prive Duke Kahanamoku d'un troisième titre consécutif sur le 100 m nage libre. En trois jours, du 18 au 20 juillet, il s'octroie quatre médailles, l'or sur 100 mètres, 400 mètres et au relais 4 × 200 mètres, et même une médaille de bronze en water-polo. Comme l'Hawaïen, il réussit à conserver son titre du 100 m nage libre, quatre ans plus tard. En deux Jeux olympiques, il obtient cinq médailles d'or et une en bronze[3].

Au total, il remporte cinquante-deux titres de champion des États-Unis et établit vingt-huit records du monde[4]. La longévité de certains de ses records témoigne de sa grandeur pour la postérité. Son record du monde établit en 1927 sur le 100 yards nage libre subsiste durant dix-sept ans, celui du 100 m nage libre, qu'il abaisse à 57 s 4, restera dix ans. Johnny Weissmuller n'a jamais perdu une seule course, en compétition, jusqu'à sa retraite sportive[3].

Une des particularités de Johnny Weissmuller est de nager le crawl avec la tête hors de l'eau, méthode utilisée dans le water polo..

Palmarès[modifier | modifier le code]

  • Jeux olympiques
    • médaille d'or, Jeux olympiques Médaille d'or au 100 m nage libre lors des Jeux olympiques d'été de 1924
    • médaille d'or, Jeux olympiques Médaille d'or au 400 m nage libre lors des Jeux olympiques d'été de 1924
    • médaille d'or, Jeux olympiques Médaille d'or au relais 4 × 200 m nage libre lors des Jeux olympiques d'été de 1924
    • médaille d'or, Jeux olympiques Médaille d'or au 100 m nage libre lors des Jeux olympiques d'été de 1928
    • médaille d'or, Jeux olympiques Médaille d'or au relais 4 × 200 m nage libre lors des Jeux olympiques d'été de 1928
    • médaille de bronze, Jeux olympiques Médaille de bronze de water-polo lors des Jeux olympiques d'été de 1924

Carrière cinématographique[modifier | modifier le code]

Johnny Weissmuller dans les années quarante

En 1929, Johnny Weissmüller signe un contrat avec une société de marque de sous-vêtements masculins, la BVD (Bradley, Voorhees & Day) qui l'emploie comme mannequin et représentant. Johnny voyage dans le pays entier et se produit dans des spectacles de natation, distribuant des publicités pour une marque de maillot de bains, signant des autographes et participant à des programmes de radio. La même année, il fait sa première apparition dans le film Glorifying the American Girl : il y apparaît en Adonis, ne portant qu'une feuille de vigne en guise de vêtement.

En 1932, il est choisi pour incarner Tarzan, le célèbre héros créé par Edgar Rice Burroughs. « Son impressionnante musculature et ses talents de nageur (de nombreuses séquences sous-marines illustrent certains Tarzan) l'ont rendu très populaire. »[5] Il tient le rôle de Tarzan dans douze films, notamment avec le singe Cheeta à partir du deuxième film (Tarzan et sa compagne, 1934). Il demeure le Tarzan le plus célèbre de l'histoire du cinéma. Son cri est toujours utilisé ou imité dans les adaptations ultérieures de Tarzan.

En 1948, fatigué du personnage de Tarzan, Weissmuller en change, restant, toutefois, dans le même registre. Sur une période de six ans, il joue le rôle de Jungle Jim dans la bagatelle de treize films. À cinquante ans, son physique ne lui permet plus d'incarner un aventurier et sa carrière cinématographique s'achève[3].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Weissmüller s'est marié cinq fois : avec la chanteuse Bobbe Arnst (de 1931 à 1933), l'actrice Lupe Vélez (de 1933 à 1938), Beryl Scott (de 1939 à 1948), Allene Gates (de 1948 à 1962) et Maria Baumann (de 1963 à sa mort en 1984).

Avec sa troisième femme, Beryl, il a trois enfants : Johnny Weissmuller, Jr. (1940-2006), Wendy Anne Weissmuller (1942), et Heidi Elizabeth Weissmuller (1944–1962).

Malgré deux millions de dollars de gains estimés pour ses films[3], en raison de ses cinq mariages et des pensions alimentaires attenantes, Johnny Weissmüller meurt dans la gêne, après avoir été représentant d'un fabricant de piscines, d'un œdème aigu pulmonaire à l'âge de 79 ans[5].

Le « cri de Tarzan », légendes et réalités[modifier | modifier le code]

Il semblerait qu’il s'agisse d'un enregistrement audio d'un yodel autrichien, monté à l'envers et en accéléré[3].
Selon David Wallechinsky dans son livre Complete Book of the Olympics, la fameuse légende du « cri de Tarzan », ce cri caractéristique que Weissmüller utilisait au cinéma dans Tarzan, est inventée de toutes pièces et n'est qu'une blague de l'équipe de tournage. Selon celle-ci, le cri aurait été lancé en 1934, lorsque l'acteur, huilé pour mieux briller à la caméra dans le film « Tarzan et sa compagne », s'élançait accroché à sa liane ; à ce moment Maureen O'Sullivan qui l'enlaçait, aurait glissé et se serait malencontreusement retenue à la seule partie de l'anatomie de son partenaire qui n'avait pas été huilée. En revanche, Wallechinsky assure qu'en 1958, Weissmüller, participant à un tournoi de golf à Cuba, fut pris avec ses compagnons en otage par des combattants castristes : plein de sang froid, il parvînt à radoucir leurs ravisseurs en lançant le « cri de Tarzan ». Les combattants, parfaits connaisseurs de la culture américaine, lui lancèrent alors : Tarzan ! Welcome to Cuba ! (Tarzan ! Bienvenue à Cuba !). Non seulement Weissmüller et ses compagnons ne furent pas kidnappés, mais ils furent escortés par les castristes.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

  • 1955 : Jungle Jim, série télé (Jungle Jim).

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Freidorf — en hongrois Szabadfalu — qui faisait alors partie de la Monarchie des Habsbourg, a été rattaché à la ville de Timişoara, Roumanie.
  2. Des années 1880 jusqu'à la seconde moitié du XXe siècle, la poliomyélite a sévi dans le monde entier sur un mode épidémique et a handicapé ou tué plusieurs millions de personnes.
  3. a, b, c, d et e « Weismuller a gardé son secret », article de Sylvie Josse, publié dans le quotidien L'Équipe du lundi 15 juillet 2013.
  4. « Les Jeux olympiques d'Athènes à Pékin », dans "Les collections de l'Histoire", n° 40, juillet 2008, issn:01822411, p.65
  5. a et b Dictionnaire du cinéma - Acteurs, producteurs, scénaristes, techniciens, de Jean Tulard, Éditions Robert Laffont, Collection Bouquins, 1985. (page 954)

Sources[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire du cinéma - Acteurs, producteurs, scénaristes, techniciens, de Jean Tulard, Éditions Robert Laffont, Collection Bouquins, 1128 pages, mars 1985.
  • (en) Tarzan My Father, de Johnny Weissmuller Jr. , Toronto: ECW Press, 2002.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :