John Wilmot (2e comte de Rochester)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Wilmot et Rochester.
John Wilmot, 2e comte de Rochester

John Wilmot, deuxième comte de Rochester (né le 1er avril 1647 - mort le 26 juillet 1680) est un écrivain et un libertin anglais. Ami proche du roi Charles II d'Angleterre, il est l'auteur de nombreuses satires et de poèmes obscènes.

Biographie[modifier | modifier le code]

Rochester est né à Ditchley, dans l'Oxfordshire, et fit des études au Wadham College d'Oxford. La mère de Rochester fut une partisane des parlementaires au cours de la Première révolution anglaise, et inclinait à un certain puritanisme. Son père Henry Wilmot, royaliste d'origine anglo-irlandaise et alcoolique notoire, avait été fait comte de Rochester en 1652 en récompense des services militaires accomplis au nom de Charles II pendant l'exil de ce dernier, sous Oliver Cromwell. Henry Wilmot mourut en 1658, deux ans avant la Restauration anglaise.

Après avoir effectué son Grand Tour en Europe comme tout bon aristocrate britannique, Rochester devint un personnage incontournable de la cour royale sous la Restauration anglaise et un protecteur des arts. Il épousa une héritière dénommée Elizabeth Malet, mais eut de nombreuses maîtresses, dont l'actrice Elizabeth Barry. Peu avant de succomber à la syphilis, le comte se serait réconcilié avec la foi religieuse, notamment grâce aux efforts de l'évêque Gilbert Burnet.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Les vers les plus célèbres de Rochester concernent son grand ami Charles II. Il eut par exemple ce trait d'esprit assassin à propos de son monarque :

« Jamais il ne dit de choses folles, pas plus qu'il n'en fit de sages. »

Charles II aurait alors répliqué :

« Cela est vrai - car mes mots sont de moi, alors que mes actes sont ceux de mes ministres. »

Les écrits de Rochester furent tout à la fois décriés et admirés. La publication posthume de sa pièce Sodome, ou la quintessence de la débauche entraîna de nombreux procès pour obscénité, et les exemplaires retrouvés furent détruits. Le 16 décembre 2004, un exemplaire de Sodome (considéré comme la première œuvre imprimée pornographique au monde) fut vendue à Sotheby's pour 45 600 livres sterling.

Critiques[modifier | modifier le code]

Rochester n'a pas manqué d'admirateurs prestigieux. Daniel Defoe, notamment, le citait souvent et en abondance. Voltaire appréciait quant à lui les satires du comte pour « l'énergie et le feu » qui s'en dégagent, et en traduisit quelques extraits en français pour « montrer l'imagination brillante dont seule sa seigneurie pouvait s'enorgueillir ». Goethe cita parfois Rochester, en anglais dans le texte. William Hazlitt estime enfin que « ses vers coupent et scintillent comme du diamant », et que « son mépris pour tout ce que les autres respectent tient du sublime ».

Citations[modifier | modifier le code]

  • « Avant d'être marié, j'avais six théories sur la façon d'élever les enfants. Maintenant, j'ai six enfants et aucune théorie. »

Voir aussi[modifier | modifier le code]