John Sutter

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John Sutter

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John Sutter, portrait par Franck Buchser, 1866

Naissance 15 février 1803
Kandern, Bade-Wurtemberg
Décès 18 juin 1880 (à 77 ans)
Washington, États-Unis
Nationalité Drapeau de la Suisse Suisse
Pays de résidence Drapeau des États-Unis États-Unis
Profession

Johann August Sutter, Suisse né à Kandern (Bade-Wurtemberg, Allemagne) le 15 février 1803 et mort à Washington (États-Unis) le 18 juin 1880, est associé à la ruée vers l'or[1]. Il est aussi le héros d'un roman de Blaise Cendrars, L'Or.

Il se bâtit une fortune avant d'être ruiné par la découverte d'or en 1848 dans une scierie qui lui appartenait.

Exproprié de facto, il passa le reste de sa vie à tenter d'obtenir une indemnisation des États californien et fédéral. Il mourut assez pauvre avant d'avoir obtenu gain de cause.

Biographie[modifier | modifier le code]

Naissance en Bade-Wurtemberg et émigration vers les États-Unis[modifier | modifier le code]

Suisse de naissance, Johann Sutter est né le 15 février 1803.

Il commence comme simple apprenti à Burgdorf (dans le canton de Berne, en Suisse), où il se marie en 1826. John Sutter aura cinq enfants.

Alors qu'il est boutiquier, il est victime d'une faillite[1]. Risquant la prison pour dettes, il abandonne sa famille en mai 1834 pour gagner Le Havre[1] où, muni d'un passeport français, il embarque à bord du paquebot Sully qui le conduit à New York.

Carrière[modifier | modifier le code]

John Sutter (v. 1835)

Il débarque à New York le 14 juillet 1834. Ensuite, Sutter va jusqu'en Californie en passant par Saint Louis, ville qui lui sert de base pour la création de plusieurs entreprises commerciales le long de la piste de Santa Fe, Westport (l'actuelle Kansas City), la piste de l'Oregon jusqu'à Fort Vancouver, puis Hawaii et l'Alaska.

Sutter arrive à Yerba Buena (l'actuelle San Francisco) le 1er juillet 1839, soit cinq ans après son départ de Suisse.

Il se fait naturaliser mexicain à l'époque où la Californie est une partie du Mexique afin de pouvoir prétendre à une possession.

La Californie est alors une région isolée et très peu peuplée. Pour favoriser l'exploitation de cette région, le gouvernement mexicain décide de faire appel aux étrangers et multiplie les concessions (entre 1836 et 1840)[1].

En 1840, Johann Sutter obtient une concession de 20 000 hectares, au confluent des rivières American et Sacramento. Il développe à cet endroit un immense domaine agricole qu'il appelle « Nouvelle-Helvétie » (plus connu sous le nom de « Fort-Sutter »)[1]. Lorsqu'en 1847, les États-Unis annexent la Californie, John Sutter possède 12 000 têtes de bétail (1 000 porcs, 2 000 chevaux et 10 000 moutons) et emploie 150 personnes. Son domaine comprend également un atelier de tissage, une distillerie, un moulin et une tannerie[1]. Sutter, à 44 ans, est alors un des hommes les plus riches de Californie[1].

En 1847, Johann Sutter décide de construire une scierie sur l'American River, à Coloma. Mais cet endroit ne fait pas partie de la concession de Sutter[1]. Les travaux se déroulent normalement jusqu'au 24 janvier 1848. C'est alors qu'un événement vient tout bouleverser.

James Wilson Marshall, un charpentier embauché par Johann Sutter pour la construction de la scierie, découvre de l'or sous quinze centimètres d'eau. En apprenant cela, John Sutter ordonne à son employé de tenir sa langue. Mais James Marshall ne sait pas garder le secret[1]. Mi-mars, la découverte de l'or en Californie atteint San Francisco puis se répand dans tout le Pacifique. Le 19 août 1848, la nouvelle est annoncée à toute la côte Est par le New York Herald. Le 5 décembre, le président fait part au congrès de la découverte de « mines d'or considérables » en Californie. Le monde entier est alors au courant[1].

Le fils aîné de Sutter, John Augustus Junior, débarque à San Francisco en septembre 1848, mais au lieu de se retrouver dauphin d'une colonie vaste et prospère, il découvre un territoire sans loi, livré aux squatteurs, aux spéculateurs et aux bandits. Son père hésite un moment entre chercher de l'or lui-même ou vendre les équipements à la foule des chercheurs d'or qui affluent sans arrêt. Durant les vingt premiers mois qui suivent la découverte de l'or, Sutter se montre incapable de s'adapter aux temps nouveaux, continuant à se comporter comme du temps où la Californie mexicaine vivait au rythme d'une économie pastorale, lorsque son nom seul suffisait à rétablir l'ordre et la justice. Souvent sous l'emprise de la boisson, il ne résiste pas aux flatteries des spéculateurs qui lui font signer des titres de vente de nombreux lots de ses terrains. Les squatteurs tuent ses troupeaux pour se nourrir et s'installent sur ses terrains. Durant l'hiver 1849-1850, Sutter tente de se faire élire premier gouverneur du nouvel État de Californie, mais il ne termine qu'en troisième position en nombre de suffrages.

Renonçant alors à son rêve de "Nouvelle-Helvétie", Sutter décide de vendre son fort et de se retirer un peu plus au nord, dans sa propriété de Hock Farm. C'est là qu'à partir de janvier 1850 viennent le rejoindre sa femme et ses autres enfants, après quinze années de séparation.

S'ensuit une longue période de batailles juridiques, ponctuée de victoires et de défaites, jusqu'au moment où la Cour Suprême des États-Unis décide que le second acte de propriété délivré à Sutter en 1845 par le gouverneur Micheltorena ("Sobrante") n'est pas valide. Nous sommes alors en 1864 : John Sutter, qui a d'ores et déjà revendu une partie des terrains dont on lui conteste soudainement la propriété, est ruiné. D'autant plus qu'un incendiaire met le feu à sa maison de Hock Farm ; Sutter et les siens parviennent à se sauver mais dans l'incendie périssent la plupart des souvenirs tangibles de sa vie en Californie.

De 1865 jusqu'au moment de sa mort, Sutter vit avec sa famille à Lititz, en Pennsylvanie, où sa femme et lui se sont fait construire une maison. De là, le vieux pionnier se rend régulièrement à Washington où il tente, en vain, de se faire rendre justice par le Congrès des États-Unis.

Décès[modifier | modifier le code]

John Sutter meurt dans un hôtel de Washington le 17 juin 1880, à 3 heures de l'après-midi, un jour après que le Congrès eut ajourné sans avoir encore statué sur sa demande.

Postérité[modifier | modifier le code]

Il a donné son nom au Comté de Sutter. Une rue de San Francisco porte également son nom.

Sur le fleuve Sacramento, juste à côté de l'endroit où se dressait fièrement jadis Fort Sutter, son fils John fonda la ville de Sacramento en décembre 1848. Elle devint par la suite la capitale de la Californie.

En 1925, Blaise Cendrars a écrit un roman où il retrace de manière dramatique la vie de John Sutter.

Un film a été adapté de ce roman en 1936 par James Cruze: Sutter's Gold.

Travaux[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liste des œuvres[modifier | modifier le code]

Blaise Cendrars écrivit sa biographie romancée en 1925 dans le roman « L'or ». Plusieurs biographies ont été consacrées à Sutter, la plus récente étant celle de l'historien américain Albert L. Hurtado John Sutter : A Life on the North American Frontier (2006).

Stefan Zweig retraça l'itinéraire de John Sutter dans la nouvelle intitulée La découverte de l'Eldorado, issue du livre « Les Très Riches Heures de l'humanité » (1939).

En France, le feuilleton télévisé intitulé Fortune, diffusé la première fois entre mars et mai 1969, fit connaître le personnage de Sutter (incarné par l'acteur Pierre Michaël).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Tristan Gaston-Breton, « John Sutter pour tout l'or de la Californie », Les Échos, 18-19 juillet 2008, p.9

(en) Kevin Starr, California, New-York, Modern Library, coll. « Chronicles Book »,‎ 2005, 1e éd., poche, 370 p. (ISBN 978-0-8129-7753-0, LCCN 2005043857)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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