John Lesley

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John Lesley, ou Leslie, () fut un évêque de l'Église catholique romaine et historien écossais. Son père était Gavin Lesley, recteur de Kingussie, Badenoch.

Biographie[modifier | modifier le code]

Portrait de John Lesley, évêque de Ross, XVIe siècle

Il étudie à l'Université d'Aberdeen, où il obtient la maîtrise en arts. En 1538, il obtient une dispense lui permettant d'obtenir un bénéfice ecclésiastique, en dépit de sa naissance illégitime, et en juin, il devient acolyte de la Cathédrale d'Aberdeen, où il est ensuite appointé en tant que chanoine.

Il suit également des études à Poitiers, Toulouse et Paris, et obtient le titre de docteur en droit, en 1553. En 1558, il entre dans les ordres et reçoit la cure et le bénéfice d'Oyne. Au moment de la Réforme écossaise, Lesley devient un défenseur du catholicisme. À Édimbourg, en 1561, il fait partie des opposants à la réforme dans une controverse solennelle qui l'oppose à John Knox et John Willock (en). En août, du fait des troubles opposant protestants et catholiques, il est chargé de ramener de France la jeune reine Marie sur le trône d'Écosse.

À son retour, il est nommé conseiller privé et professeur de droit canon au King's College d'Aberdeen et, en 1565, un des sénateurs du collège de justice. Peu de temps après, il est fait abbé de Lindores et, en 1565, évêque de Ross, l'élection du Saint-Siège étant confirmée l'année suivante. Il est l'un des seize commissaires désignés pour réviser les lois de l'Écosse.

Lesley est l'un des partisans les plus fidèles de la Reine Marie. Alors que Marie est prisonnière en Angleterre, il s'efforce de lui venir en aide ; il fait partie des commissaires de la conférence d'York en 1568. Il est envoyé comme ambassadeur à la cour d'Élisabeth pour se plaindre de l'injustice qui est faite à Marie et, constatant qu'il n'est pas entendu, il projette son évasion. Il négocie également pour elle un projet de mariage avec le Duc de Norfolk, mais le duc, convaincu de trahison, est exécuté. Lesley est ensuite enfermé à la Tour de Londres. Pendant sa captivité, il collecte des matériaux pour son histoire de l'Écosse, son œuvre actuellement la plus connue. En 1571, il présente des extraits de ce texte, écrits en scots, pour distraire la reine Marie durant sa captivité. Il écrit également à son intention Piae Consolationes.

Il est libéré en 1573, mais banni d'Angleterre. Pendant deux ans, il tente en vain d'obtenir l'assistance des princes d'Europe en faveur de la reine Marie. Entretemps, il publie à Rome, en 1578, son histoire de l'Écosse, en latin, sous le titre De Origine, Moribus, et Rebus Gestis Scotorum.

En 1579, il part pour la France, où il est élu suffragant et vicaire général de l'archevêché de Rouen. Mais dès qu'il arrive dans son diocèse, il est emprisonné, et doit payer 3 000 pistoles pour éviter d'être livré à Élisabeth. Le reste du règne de Henri III se déroule sans encombre pour lui, mais à l'accession au trône du protestant Henri IV, il est de nouveau inquiété. Il est remis en prison en 1590, et doit payer sa liberté au même prix que précédemment.

En 1593, il est fait évêque de Coutances, en Normandie, mais ne peut prendre possession du siège, pas plus que de celui de l'évêché de Ross. Il se retire dans un monastère à Guirtenbourg, près de Bruxelles, où il meurt le 31 mai 1596.

Œuvres principales[modifier | modifier le code]

  • A Defence of the Honor of Marie, Queene of Scotland, by Eusebius Dicaeophile (Londres, 1569), réimprimé, avec des modifications, à Liège en 1571, sous le titre A treatise concerning the defence of the honour of the right high, mightie and noble Princesse, Marie Queene of Scotland, and Douager of France, with a declaration, as wel of her right, title, and interest, to the succession of the croune of England: as that the regiment of women is conformable to the lawe of God and nature. Made by Morgan Philippes, Bachelar of Diuinitie, An. 1570.
  • De origine, moribus, ac rebus gestis Scotiae libri decem (Rome, 1578)
  • De illustrium feminarum in republica administranda autoritate libellus (Reims, 1580
  • L'histoire de l'Écosse de 1436 à 1561 doit davantage, dans ses premiers chapitres, à Hector Boece et John Mair, bien que certains passages non négligeables, concernant la topographie, soient de première main. Dans les sections plus récentes, il livre un apport indépendant (du point de vue catholique), qui apporte un éclairage important et des corrections non négligeables aux œuvres de George Buchanan et Knox. Une version en scots a été écrite en 1596 par James Dalrymple.

Une seule traduction en français recensée dans le catalogue de la BNF :

  • Oraison funèbre sur la mort de la royne d'Escosse, traduite d'escossois en nostre langue françoise, par N. L. R. P., traduction de Nicolas Loiseul, J. Charron, Paris, 1587.

Références[modifier | modifier le code]