John E. Mack

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis John Edward Mack)
Aller à : navigation, rechercher

John Edward Mack, M.D. (4 octobre 1929–27 septembre 2004) est un psychiatre américain, écrivain et professeur à la Harvard Medical School. Il a reçu le Prix Pulitzer en tant que biographe et fit autorité en matière d'étude du phénomène des enlèvements par les extraterrestres (en anglais : abductions) ainsi que leurs effets sur le psychisme[1].

Début de carrière[modifier | modifier le code]

Né à New York, Mack obtient son Medical Degree de la Harvard Medical School (Mention honorifique « Cum Laude » en 1955) après des études à Oberlin (membre du Phi Beta Kappa en 1951). Il fut diplômé de la Boston Psychoanalytic Society and Institute et obtint une certification en psychanalyse de l'enfant et de l'adulte.

La thématique dominante de l'œuvre de sa vie fut l'exploration de la façon dont notre perception du monde affecte nos relations. Il a traité de cette question de conception du monde au niveau individuel dans ses premières explorations cliniques des rêves, des cauchemars et du suicide des adolescents, ainsi que dans A Prince of Our Disorder, son étude biographique de la vie de l'officier britannique Lawrence d'Arabie, pour laquelle il a reçu le Prix Pulitzer de la Biographie ou Autobiographie en 1977 [2].

Phénomène des abductions[modifier | modifier le code]

La thématique des abductions donna lieu à une extrême controverse au début des années 1990, lorsque Mack débuta son étude s'étalant sur plus d'une décennie et portant sur 200 hommes et femmes qui rapportaient des expériences d'abductions récurrentes. De telles rencontres ont été rapportées depuis au moins le début des années 1950 (voir le récit d'Antonio Villas Boas), et avaient fait l'objet d'une attention limitée de la part des milieux universitaires et scientifiques (le Dr. R. Leo Sprinkle étant peut-être le premier dans les années 1960). Mack demeure probablement l'un des universitaires les plus distingués à avoir étudié le sujet.

Il pensa d'abord que les personnes prétendant avoir été enlevées par des extraterrestres souffraient de maladie mentale, mais lorsqu'il conclut qu'aucune pathologie évidente n'était présente chez celles qu'il interrogeait, son intérêt fut piqué au vif. Suivant les encouragements de son vieil ami Thomas Kuhn, qui prédisait que le sujet pourrait prêter à controverse mais qui pressait Mack de collecter des données et d'ignorer l'approche dominante de type matérialiste ou dualiste, Mack se livra à une étude et des entretiens. Nombre de ceux qu'il interrogea rapportèrent que leurs rencontres avaient affecté leur façon de considérer le monde, produisant également chez eux un sens accru de la spiritualité ainsi que des préoccupations écologiques.

Mack fut un peu plus réservé dans ses investigations et ses interprétations au sujet du phénomène d'abduction que ne le furent les précédents chercheurs. Le professeur de littérature Terry Matheson écrit : « Tout bien considéré, Mack présente un compte-rendu aussi honnête que possible à ce jour, du moins au fur et à mesure de ces récits d'abductions. » (Matheson, 251)

Dans une interview non datée, le Dr. Jeffrey Mishlove a mentionné le fait que Mack semblait « enclin à prendre ces rapports [d'abduction] au pied de la lettre ». Mack répondit : « Je ne dirais pas au pied de la lettre. Je les prends au sérieux. Je n'ai pas de manière d'en rendre compte. »[3] De même, la BBC a cité Mack disant : « Je ne dirais jamais, oui, il y a des extraterrestres qui enlèvent les gens. [Mais] je dirais qu'il y a là un puissant phénomène incontestable dont je ne peux rendre compte d'une autre manière, c'est mystérieux. Encore que je ne peux savoir ce que c'est, mais il me semble que cela invite à une enquête plus profonde, allant plus loin. »[4]

Mack remarqua qu'il y avait une histoire mondiale des expériences visionnaires, en particulier dans les sociétés pré-industrielles. Un exemple est la quête de vision commune à diverses cultures amérindiennes. Ce n'est qu'assez récemment dans la culture occidentale, note Mack, que de tels cas de visions ont été interprétés comme des aberrations ou comme maladie mentale. Mack suggère que l'on ferait mieux de considérer les récits d'abduction comme faisant partie d'une plus grande tradition de rencontres visionnaires.

Son intérêt pour les aspects spirituels ou transformants des rencontres avec des extraterrestres, et sa suggestion que l'expérience du contact extraterrestre en soi pourrait être plus spirituelle que physique par nature (bien que réelle selon lui), le place à part de nombre de ses contemporains, tel que Budd Hopkins qui prône la réalité physique des extraterrestres.

Ses dernières recherches s'étendirent à la considération générale des mérites d'une notion plus large de la réalité, une qui tolère des expériences qui peuvent ne pas trouver leur place dans le paradigme matérialiste occidental, bien qu'affectant profondément la vie des personnes. Son second et dernier livre sur les expériences de rencontres avec des extraterrestres Passport to the Cosmos: Human Transformation and Alien Encounters (1999), fut davantage un traité connectant les thèmes de la spiritualité et des visions modernes du monde que le point culminant de son œuvre avec les « expérimentateurs » de rencontres avec des extraterrestres, auxquels le livre est dédié.

Enquête[modifier | modifier le code]

En 1994, le doyen de la Harvard Medical School constitua une commission de pairs pour réviser l'attention et l'enquête clinique de Mack relative aux personnes qui avaient partagé avec lui leurs rencontres avec des extraterrestres (certains de leurs cas ayant été rapportés par Mack dans son livre Abduction[5]. Dans le même article de la BBC cité ci-dessus, Angela Hind écrit : « C'était la première fois dans l'histoire d'Harvard qu'un professeur titulaire faisait l'objet d'une telle enquête. » Mack décrivit l'enquête comme « kafkaïenne » du fait qu'il ne connut jamais vraiment le statut de l'enquête en cours et que la nature des reproches de ses critiques changeait fréquemment, car la plupart de leurs accusations contre lui s'avéraient sans fondement lorsqu'elles étaient examinées de près.

Après quatorze mois d'enquête, il y eut un nombre grandissant de questions émanant de la communauté universitaire (y compris le professeur de Droit d'Harvard Alan Dershowitz) concernant la validité de l'enquête d'Harvard au sujet d'un professeur titulaire qui n'était pas soupçonné de violations éthiques ou de mauvaise conduite professionnelle. Harvard publia alors un communiqué précisant que le doyen avait « réaffirmé la liberté académique du Dr. Mack d'étudier ce qu'il souhaite et de faire état de ses opinions sans obstacle » et concluant que « le Dr. Mack demeure un membre de bonne réputation de la Harvard Faculty of Medicine. » (Mack fut censuré pour des erreurs méthodologiques.) Il a reçu une aide juridique de Roderick MacLeish et Daniel Sheehan, ainsi que le soutien de Laurance Rockefeller, qui a également financé le Mack's Center durant quatre années consécutives, à hauteur de 250 000 dollars par an[6].

Décès[modifier | modifier le code]

Le lundi 27 septembre 2004, alors qu'il était à Londres pour s'exprimer à une conférence sponsorisée par la T. E. Lawrence Society, Mack fut tué par un chauffeur ivre se dirigeant vers l'ouest sur Totteridge Lane, dans le district de Barnet. Il rentrait chez lui d'un dîner avec des amis lorsqu'il fut heurté à 23 h 55, près du croisement de Totteridge Lane et Longland Drive. Il perdit conscience sur les lieux de l'accident et fut déclaré mort peu de temps après. Le conducteur fut arrêté puis accusé ensuite de conduite en état d'ivresse. La famille de Mack demanda l'indulgence pour le suspect dans une lettre adressée à la Cour de Wood Green. « Bien que ce fut un événement tragique pour notre famille », dit la lettre, « nous sentons que le comportement [de l'accusé] n'était ni malveillant ni intentionnel, et nous n'avons aucun ressentiment à son égard depuis que nous avons appris les circonstances de la collision. »[7]

Références dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

  • Mack a étudié la respiration holotropique, une technique de méditation développée par Stanislav Grof.
  • Son portrait fut réalisé par le dessinateur Roz Chast dans une bande dessinée de quatre pages, Aliens, Ahoy!, publiée dans le magazine DoubleTake, numéro de l'hiver 1999[8].
  • Il apparaît comme un personnage dans le recueil de poésie de William Baer, The Unfortunates (1997)[8].
  • Il fut interviewé pour le film documentaire à propos du Dalaï Lama, Dalai Lama Renaissance[9], où il parla de ses conversations avec le Dalaï Lama au sujet des extraterrestres[10], mais l'interview ne fut pas incluse dans l'édition finale du film.
  • Certains suspectent qu'il est le docteur dépeint sous les trait du Dr Abigail Emily Tyler, Ph.D., dans le film de 2009 The Fourth Kind. Dans son livre, Abduction, Mack se réfère en effet aux hiboux d'une manière similaire à celle du film.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Mark Feeney, « Pulitzer Winner is Killed in Accident », The Boston Globe, 29 septembre 2004.
  2. (en) John E. Mack, A Prince of Our Disorder: A Life of T.E. Lawrence
  3. Abductions and the Western paradigm with John Mack, M.D. sur le site intuition.org.
  4. Angela Hind, « Alien thinking », BBC News, 8 juin 2005.
  5. Publié en 1994, traduit en français par Sylvaine Charlet et publié en France aux éditions des Presses de la cité, en 1995, sous le titre Dossier Extraterrestres - L'affaire des enlèvements ISBN 2-258-03992-4).
  6. [1]
  7. [2]
  8. a et b [3]
  9. [4]
  10. Biographie de John E. Mack sur le site dalailamafilm.com.

Liens externes[modifier | modifier le code]