John Charles Polanyi

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Polanyi.

John Charles Polanyi, né János Károly Polányi le 23 janvier 1929 à Berlin, est un chimiste et physicien hongrois, disposant également de la citoyenneté allemande puis naturalisé canadien. Il obtint le prix Nobel de chimie de 1986 conjointement avec Yuan Tseh Lee et Dudley Robert Herschbach pour « leurs contributions à la dynamique des processus chimiques élémentaires[1] ».

Biographie[modifier | modifier le code]

C'est le fils de Michael Polanyi et de Magda Kemény, chimiste et philosophe libéral, ainsi que le neveu de Karl Polanyi, économiste considéré comme étant l'un des chefs de file de l'école substantiviste. Il nait à Berlin en 1929. Sa famille émigre en Angleterre en 1933. Il étudie alors à l'université de Manchester où il obtint son doctorat en 1952. Il effectue ensuite un stage postdoctoral au Conseil national de recherches Canada (CNRC) à Ottawa sous la direction de Edgar William R. Steacie.

En 1954, il devient chercheur à l'université de Princeton et en 1956, il est nommé lecturer (maître de conférences) à l'université de Toronto. Il effectue l'ensemble de sa carrière dans cette même université, devenant professeur en 1957.

Recherches scientifiques[modifier | modifier le code]

Polanyi concentre ses efforts sur la dynamique chimique afin de déterminer les mouvements atomiques et moléculaires au cours des réactions chimiques, ainsi que les propriétés des espèces chimiques à l'état de transition. Pendant son séjour au CNRC, il évalue la capacité prédictive de la théorie de l'état de transition. Il arrive à la conclusion que la théorie est défectueuse, surtout à cause de la manque de connaissance des forces en jeu à l'état de transition.

Vers la fin de son séjour au CNRC, Polanyi travaille au laboratoire de Gerhard Herzberg, et emploie la spectroscopie pour examiner l'excitation vibrationnelle et rotationnelle des molécules d'iode. Ensuite à Princeton où il travaille au sein de l'équipe de Hugh Taylor, il est influencé par des études à Princeton qui examinent les produits en état d'excitation vibrationnelle, provenant de la réaction entre l'hydrogène atomique et l'ozone.

Lorsqu'il se déplace à l'Université de Toronto en 1956, ses premiers étudiants de doctorat cherchent des augmentations des vitesses de réaction de l'hydrogène dues à son excitation vibrationnelle. Ils cherchent aussi la présence du chlorure d'hydrogène en état d'excitation vibrationnelle lors de la réaction exothermique du chlore moléculaire avec l'hydrogène atomique (Cl2 + H → HCl + Cl). En 1958 Polanyi et son étudiant Kenneth Cashion découvrent la chimiluminescence émise par la molécule de HCl en état excité.

En 1986 Polanyi reçoit le prix Nobel de chimie, conjointement avec Dudley Herschbach de l'Université Harvard and Yuan T. Lee de l'Université de Californie. Les trois chercheurs sont reconnus pour leurs contributions au sujet de la dynamique des processus élémentaires chimiques. Les contributions de Polanyi sont axées sur son développement de la chimiluminescence à l'infrarouge. Cette technique est employée pour mesurer les émissions faibles à l'infrarouge provenant d'une molécule en voie de formation, afin d'examiner le sort de l'énergie durant une réaction chimique.

Engagement politique et social[modifier | modifier le code]

À partir des années 1950, Polanyi s'intéresse aux affaires publiques, surtout au sujet des armes nucléaires. Il est fondateur du groupe canadien du mouvement Pugwash en 1960, et préside le groupe jusqu'à 1978. Ce mouvement global lauréat du Prix Nobel de la paix en 1995 définit son objectif la diminution du conflit armé et la recherche des solutions aux problèmes mondiaux.

Polanyi appuie aussi la science pure, et critique les politiques gouvernementales qui n'appuie pas la recherche pure. Il accepte souvent des invitations à parler au sujet des questions de la justice sociale, de la paix et de la prolifération nucléaire. Il rédige souvent des commentaires sur des questions de science et de la politique publique au quotidien canadien The Globe and Mail.

Distinctions et récompenses[modifier | modifier le code]

  • Membre de la Royal Society of Canada depuis 1966.
  • Membre de la Royal Society de Londres depuis 1971 et de la Royal Society d'Edinbourgh depuis 1988.
  • Membre de l' American Academy of Arts and Sciences depuis 1976 et de l'U.S. National Academy of Sciences depuis 1978.
  • Membre de l'académie pontificale de Rome depuis 1986.
  • Membre honoraire de la Royal Society of Chemistry du Royaume-Uni depuis 1991.
  • Membre de l'Institut de chimie du Canada depuis 1991.

Il est également docteur honoris causa de nombreuses universités à travers le monde.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « for their contributions concerning the dynamics of chemical elementary processes » in Personnel de rédaction, « The Nobel Prize in Chemistry 1986 », Fondation Nobel, 2010. Consulté le 26 août 2010

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • (en) Biographie sur le site de la Fondation Nobel (la page propose plusieurs liens relatifs à la remise du prix, dont un document rédigé par le lauréat — le Nobel Lecture — qui détaille ses apports)