John Burns

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John Burns

John Elliot Burns PC (né à Vauxhall le 20 octobre 1858 – décédé le 24 janvier 1943) était un syndicaliste, homme politique, Membre du Parlement et membre du gouvernement, socialiste puis libéral de la fin du XIXe siècle début du XXe siècle. Pendant sa retraite, il devint historien de la ville dont il avait été l'élu : Londres.

Premières années[modifier | modifier le code]

Fils d'un ajusteur écossais, il quitta l'école à 10 ans et occupa un grand nombre de petits métiers avant d'entrer en apprentissage auprès d'un ingénieur à 14 ans. Il suivit des cours du soir et lut de nombreux ouvrages politiques (Robert Owen, John Stuart Mill, Thomas Paine ou William Cobbett).

Un de ses collègues, le français, Victor Delahaye, qui avait participé à la Commune de Paris lui fit découvrir les idées socialistes. Il commença à la même époque à prononcer des discours politiques. En 1878, il fut arrêté suite à une manifestation à Clapham Common. En 1881, il créa une branche locale de la Social Democratic Federation (SDF) d'Henry Hyndman à Battersea.

Il fit le tour du monde à bord d'un navire en tant qu'ingénieur puis lors d'un congé de six mois. Il découvrit le traitement des populations noires d'Afrique contre lequel il protesta. Il étudia les systèmes politiques et économiques français, allemand et autrichien.

Engagement politique[modifier | modifier le code]

13 novembre : Bloody Sunday

Il se fit remarquer par un discours en 1884 lors de l'Industrial Remuneration Conference et devint membre de la direction de la Social Democratic Federation l'année suivante. Il se présenta la même année aux élections législatives à Nottingham mais fut battu. L'année suivante, il fut arrêté pour sa participation aux « émeutes du West End » durant lesquelles des chômeurs brisèrent les vitres de divers clubs privés. Il fut jugé pour conspiration et sédition.

Le dimanche 13 novembre 1887, John Burns était parmi les manifestants sur Trafalgar Square qui réclamaient une amélioration de leurs conditions de vie. La dispersion violente de ce rassemblement pacifique par la police montée est depuis connue sous le nom de « Bloody Sunday » et fit deux morts, une centaine de blessés et une centaine d'arrestations. Il fit aussi partie des personnes arrêtées et jugées pour résistance à agents. Il fut condamné à six semaines de prison. À sa sortie, il rejoignit la Law and Liberty League créée par Annie Besant et le journaliste William Thomas Stead destinée à aider toutes les personnes arrêtées dans le cadre de leur exercice de leur liberté d'expression.

En août 1889, il participa activement à la grève des dockers de Londres. Il quitta la SDF et se lança dans l'action syndicale. Il fut la même année, le premier élu de gauche au London County Council. Ses électeurs se cotisèrent pour lui offrir une indemnité parlementaire de £2 par semaine afin qu'il pût siéger. Au London City Council, il lutta contre les monopoles capitalistes, mais défendit le contrôle de l'économie par l'État ou les municipalités. En 1892, il réussit à faire voter la décision municipale de ne confier les contrats municipaux qu'à des entreprises qui respectaient les droits syndicaux et qui payaient des salaires décents. C'était en fait obtenir un soutien des institutions publiques aux trades-unions. Il fut à l'origine en 1903 de la création des premiers logements sociaux londoniens.

Élu[modifier | modifier le code]

De 1892 à 1918, il fut élu Membre du Parlement pour Battersea. S'il commença en tant qu'élu de l'Independent Labour Party, il passa au parti libéral suite aux divisions liées à la Seconde guerre des Boers. Il entra au gouvernement de Henry Campbell-Bannerman en décembre 1905 en tant que President of the Local Government Board. Il n'était que la deuxième personne d'origine ouvrière à entrer au gouvernement. Ses qualités firent qu'il conserva son poste lorsque le gouvernement passa à H. H. Asquith en 1908. En 1905, il devint membre du Privy Council.

En 1914, il fut nommé President of the Board of Trade, mais il démissionna dès la déclaration de guerre car il y était opposé. Il se retira définitivement de la vie politique en 1918.

Dernières années[modifier | modifier le code]

Il passa la fin de sa vie à s'adonner à ses passions : le cricket et l'histoire de Londres. Il collectionnait aussi les livres. Il fit don de son immense bibliothèque à l'Université de Londres.

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