John Bradburne

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

John Randal Bradburne est membre du Tiers-Ordre franciscain, né le 14 juin 1921 à Skirwith, en Angleterre et mort assassiné le 5 septembre 1979 près de Mutoko, en Rhodésie du Sud. Sa cause de béatification est actuellement en cours, mais il n'a pas encore reçu du Vatican le titre de « serviteur de Dieu », préalable nécessaire au procès de béatification.

Biographie[modifier | modifier le code]

John Bradburne est né le 14 juin 1921 dans le Nord de l'Angleterre. Il est le fils d'un pasteur anglican, Thomas William Bradburne, et a deux frères et deux sœurs. Il est le cousin du dramaturge Terence Rattigan et un cousin éloigné de Lord Soames.

John Bradburn suit ses études secondaires dans une école du Norfolk, de 1934 à 1939. En 1939, il doit rentrer à l'université mais la Seconde Guerre mondiale éclate et il s'engage dans l'armée, au sein du 9e régiment de Gurkhas. Envoyé en Malaisie, il combat contre les forces japonaises. Lors de la chute de Singapour, il arrive à s'enfuir et passe un mois dans la jungle avant d'être récupéré par un destroyer de la Royal Navy. Ce fait d'arme lui permet de recevoir la Military Cross.

Il rejoint ensuite la Birmanie, et sert dans les Chindits sous les ordres du général Orde Charles Wingate.

Vie religieuse[modifier | modifier le code]

Lors de son séjour en Malaisie, John Bradburne connaît une première révélation religieuse. Quand la guerre se termine, il rentre en Angleterre et décide de séjourner dans l'abbaye bénédictine de Buckfast, dans le Devon. Il se convertit au catholicisme en 1947. L'ordre des bénédictins lui refuse cependant le droit de devenir moine[1]. Pendant seize ans, Bradburne va alors voyager à travers l'Angleterre, la France, l'Italie, la Grèce et le Proche Orient, avec uniquement un sac de voyage.

En Angleterre, il séjourne pendant sept mois dans un monastère de Chartreux. En Israël, il va participer à la Communauté de Notre-Dame de Sion, qui cherche à convertir les juifs au catholicisme. Il est ensuite novice à Louvain pendant un an. Après son départ de Louvain, il va marcher vers Rome et occuper pendant un an la petite dépendance paroissiale d'un village montagnard, où il a la charge de l'orgue. Il essaye ensuite de vivre en tant qu'ermite dans le Parc national de Dartmoor, puis tente une nouvelle expérience dans l'abbaye bénédictine de Prinknash. Il finit par rejoindre le service de la Cathédrale de Westminster en tant que sacristain.

Le cardinal Godfrey lui demande alors d'être l'homme à tout faire de son domaine de Hare Street House, dans le Cambridgeshire.

En 1956, John Bradburne rentre dans le Tiers-Ordre Franciscain le jour du Vendredi saint.

En 1962, John Bradburne écrit à un ami jésuite installé en Rhodésie du Sud (aujourd'hui Zimbabwe) pour lui demander s'il y aurait là-bas une grotte où il pourrait prier. Son ami l'invite à le rejoindre en Afrique en tant que missionnaire.

Peu après son arrivée, John Bradburne déclare à un prêtre franciscain qu'il a trois vœux : aider les victimes de la lèpre, mourir en martyr et être enterré dans l'habit des Franciscains[2]. En 1969, il est envoyé par les missionnaires jésuites dans la léproserie de Mutemwa, à 143 km de Salisbury (aujourd'hui Harare).

En juillet 1979, pendant la Guerre du Bush de Rhodésie du Sud, les autorités lui demandent d'évacuer la léproserie mais Bradburne refuse et affirme qu'il veut rester auprès de ses patients lépreux. Le 2 septembre 1979, les rebelles prennent possession de la léproserie et l'accusent d'être un espion. Il est pris en otage puis tué le 5 septembre[3].

Béatification[modifier | modifier le code]

En juillet 2001, le prêtre franciscain Paschal Slevin a présenté une demande auprès de l’archevêque de Harare pour une enquête en canonisation de John Bradburne. D'après le père Paschal Slevin : « je n'ai aucun doute que John est mort en martyr, à cause de sa détermination à servir ses frères, les lépreux. Si son martyre est reconnu, son procès en canonisation pourra aller assez vite »[4]. Une messe est célébrée à Mutemwa chaque année, attirant environ 25 000 personnes à chaque fois. En 2009, une messe célébrant le trentième anniversaire de sa disparition a été célébrée dans la cathédrale de Westminster à Londres[5].

Œuvre poétique[modifier | modifier le code]

John Bradburn laisse derrière lui près de 6 000 poèmes[6].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • John Dove, Strange Vagabond of God: The Story of John Bradburne, Leominster, England, Gracewing, 2001. ISBN 0-85244-383-8.
  • Didier Rance, John Bradburne, le vagabond de Dieu, Paris, Éditions Salvator, 2012. ISBN 2-706708-82-4

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Joan Carroll Cruz, Saintly Men of Modern Times, p. 164
  2. Joan Carroll Cruz, Saintly Men of Modern Times, p. 166
  3. Joan Carroll Cruz, Saintly Men of Modern Times, p. 167-169
  4. http://www.zwnews.com/print.cfm?ArticleID=1993
  5. http://www.indcatholicnews.com/news.php?viewStory=14768
  6. http://www.johnbradburnepoems.com/