John André

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John André
Image illustrative de l'article John André

Naissance 2 mai 1750
Londres
Décès 2 octobre 1780 (à 30 ans)
Tappan (New York)
Origine Suisse
Allégeance Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Arme British Army
Grade Major
Années de service 1770 – 1780
Conflits Guerre d'indépendance des États-Unis
Signature
Appletons' André John signature.jpg

John André, né le 2 mai 1750 à Londres et pendu le 2 octobre 1780 à Tappan (New York), est un major anglais, exécuté pour sa participation à la trahison de Benedict Arnold durant la guerre d’indépendance des États-Unis.

Biographie[modifier | modifier le code]

D’une famille originaire de Genève, André avait fait son éducation dans cette dernière ville, avant de rentrer en Angleterre à l’âge de dix-huit ans. Destiné à la carrière commerciale, pour laquelle il n’avait aucun gout, il entra dans une maison de banque.

Grand, bien fait, d’une beauté remarquable, d’une élégance exceptionnelle, il eut beaucoup d’aventures. La plus sérieuse fut sa passion pour une demoiselle Honora Sneyd, qu’il voulait épouser. Le père d’André s’opposa à cette alliance, et quelque temps après, miss Honora se maria avec M. Lowell Edgeworth. André en conçut un tel chagrin qu’il s’engagea dans l’armée comme lieutenant.

André demanda à partir pour le Canada, fit partie de l’expédition de Guy Carleton contre le général Montgomery, et se trouva au siège de Montréal, où il fut fait prisonnier. Bientôt échangé, il devint aide de camp du général Grey, qui, rappelé en Angleterre, le recommanda chaudement à son successeur, le général Clinton.

Officier brillant, d’une bravoure éprouvée et d’une intelligence peu commune, André ne manquait pas d’ambition. Sa conversation était éloquente ; il savait et parlait aisément plusieurs langues, avait beaucoup lu et était doué d’une mémoire prodigieuse. Il dessinait très bien, excellait dans la caricature, faisait de jolis vers, et était consommé musicien. Il exerçait sur tous ceux qui l’approchaient un charme indéfinissable.

À Philadelphie, André avait connu Peggy Shippen, qui était devenue Mme Arnold, laquelle avait continué d’entretenir avec lui une correspondance assidue, « où l’esprit tenait une grande place, dit Xavier Eyma, sans préjudice d’une pointe de sentimentalité assez accusée. »

Arnold, en renouvelant ses proposions à Clinton, désigna André pour traiter avec lui. Cette mission répugnait à André, qui la refusa. Clinton insista, et finit par lui ordonner de suivre cette affaire. Son rôle se borna d’abord à échanger des lettres, qu’il signait « John Anderson », avec Arnold qui signait les siennes « Gustavus » où la politique était traitée sous le couvert de questions commerciales.

À la fin, rendez-vous fut pris à Dobbs Ferry, petit village sur l’Hudson, à quelques milles de West Point. Arnold franchit une foule d’obstacles pour s’y rendre et essuya le feu des canonnières anglaises, mais il n’arriva pas à temps, et André était parti.

Un nouveau rendez-vous fut donné pour le 20 septembre 1780. André voulait qu’Arnold vînt le joindre sur le Vulture, bâtiment anglais qui se trouvait sur l’Hudson, mais ce dernier insista pour que l’entrevue eût lieu à terre. Joshua Smith les conduisit dans sa maison où se consomma la trahison d’Arnold qui livra au major tous les plans et tous les renseignements nécessaires pour que les Anglais pussent s’emparer de West Point. André avait donné un acompte sur le prix convenu avec Arnold. Le reste devait être payé le jour où les Anglais entreraient dans West Point, jour qui fut fixé au 25 octobre.

La capture de John André.

Ce marché conclu, Arnold repartit pour son quartier général. Une canonnade des avant-postes américains ayant obligé le Vulture de changer de mouillage, André ne put le rejoindre et se décida à prendre un déguisement pour regagner New York par terre. Smith s’offrit à lui servir de guide. Parti avec une passe du général Arnold, André franchit sans difficulté les lignes américaines et se trouva sur un terrain neutre infesté de brigands qui pillaient amis et ennemis. Smith le quitta, en lui recommandant une route pour gagner New York.

André en préféra une autre. Il n’était plus qu’à 27 milles de New York lorsqu’il fut arrêté, près de Tarrytown, par les trois miliciens John Paulding, Isaac Van Wart et David Williams qui lui demandèrent d’où il était. André qui croyait avoir affaire à des amis, répondit qu’il était « d’en bas », c’est-à-dire de New York. Un des miliciens saisit le cheval d’André par la bride, les deux autres couchèrent en joue le major, qui s’empressa de leur offrir 400 livres sterling en or qu’il avait dans ses poches, auxquelles il ajouta sa montre ornée de diamants, puis tous ses bijoux. Ces offres empressées disaient assez de quelle importance était la capture.

Les miliciens dépouillèrent le major, et trouvèrent dans ses bottes les papiers dont il était porteur. Ils le conduisirent aux avant-postes américains : le colonel John Jameson l’expédia au général Arnold ; mais, sur quelques observations du major Benjamin Tallmadge, il fit revenir André près de lui, informa Arnold de sa capture et écrivit à George Washington.

Aussitôt, Arnold se sauva et se réfugia à bord du Vulture. André avait écrit à Washington une lettre dans laquelle il se défendait contre la qualification de traitre. Washington le fit venir au quartier général, et nomma un conseil de guerre pour le juger.

La pendaison du major André.

Nathanael Greene en était président, deux généraux étrangers, La Fayette et Steuben, en faisaient partie. André fut traité avec beaucoup d’égards : on ne lui fit aucune question blessante ; il avoua franchement tout ce qui était nécessaire à sa condamnation. Le conseil n’appela aucun témoin ; mais ayant trouvé que tout se rapportait aux aveux d’André, il le déclara coupable d’espionnage et le condamna à mort, le 29 septembre.

Sir Henry Clinton fit des démarches en faveur du major André auprès de Washington. Celui-ci proposa an général anglais d’échanger André contre Arnold. Sir Clinton ne crut pas pouvoir accepter cette proposition. Washington envoya un faux déserteur auprès d’Arnold dans l’espoir de l’enlever ; le coup ne réussit pas. La politique s’opposa à tout acte de clémence.

André écouta sa sentence avec calme ; il demanda qu’on lui permit de revêtir son uniforme pour aller à la mort : cette autorisation lui fut accordée. Il fit lui-même son portrait dans sa prison, et le donna au colonel Hamilton. Ce qui le préoccupait le plus, c’était le genre de mort qu’il devait subir : on le lui avait laissé ignorer. Il écrivit à Washington une lettre touchante à ce sujet, et demanda à mourir en soldat. Washington consulta le conseil de guerre ; la demande fut rejetée : la loi punissait l’espionnage par le supplice de la potence ; le conseil fut d’avis qu’il fallait faire un exemple.

En apprenant qu’il périrait par le gibet, André dit : « Je suis résigné à la mort, mais je ne puis me faire à celle qui m’est infligée. » Et prenant un instant de réflexion il ajouta : « Après tout, ce n’est qu’un moment à passer. » Il se mit lui-même la corde au cou, et bientôt il fut lancé dans l’éternité.

« Personne, écrivit alors le colonel Hamilton, qui l’assista jusqu’au dernier moment, n’a subi la mort avec plus de justice et en même temps ne l’a moins méritée… Il y avait quelque chose de singulièrement intéressant dans le caractère et dans les malheurs d’André. »

Sa tombe existe encore dans la vieille ville de Tappan. Le gouvernement anglais fit réclamer ses restes, qui lui furent rendus. Un monument en marbre blanc lui a été érigé dans l’abbaye de Westminster.

Le congrès vota une pension de 200 dollars chacun et une médaille aux miliciens qui avaient arrêté André. Un d’eux réclama plus tard une augmentation de pension ; le major Tallmadge fit connaitre les faits, et le Congrès s’en tint à ce qui avait été primitivement accordé.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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  • James Thomas Flexner, The traitor and the spy: Benedict Arnold and John André, New York, Harcourt, Brace, 1953.
  • Alexander Hamilton ; John Laurens, The fate of Major André : a letter from Alexander Hamilton to John Laurens, New York, C.F. Heartman, 1916.
  • Robert McConnell Hatch, Major John André : a gallant in spy’s clothing, Boston : Houghton Mifflin, 1986 (ISBN 9780395353240).
  • Charles Inglis, The case of major John Andre, adjutant-general to the British army, who was put to death by the rebels, October 2, 1780, candidly represented: with remarks on the said case, New York, James Rivington, 1780.
  • Benson John Lossing ; Anna Seward, The two spies: Nathan Hale and John André, New York, D. Appleton and Co., 1886.
  • Winthrop Sargent, The life and career of Major John André, adjutant-general of the British Army in America, Boston, Ticknor and Fields, 1861.
  • Harry Stanton Tillotson, The beloved spy : the life and loves of Major John André, Caldwell, Caxton Printers, 1948.

Sources[modifier | modifier le code]

  • William Duckett fils, Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispensables à tous. Supplément, t. 1, Paris, Firmin Didot et Cie, 1878, p. 168-69.