Johannes von Miquel

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Johannes von Miquel
Image illustrative de l'article Johannes von Miquel
Fonctions
Vice-président de Prusse
1er juillet 18975 mai 1901
Ministre-président Chlodwig zu Hohenlohe-Schillingsfürst

Bernhard von Bülow

Prédécesseur Karl Heinrich von Boetticher
Successeur Theobald von Bethmann Hollweg
Ministre des Finances de Prusse
1890 – 1901
Ministre-président Chlodwig zu Hohenlohe-Schillingsfürst

Bernhard von Bülow

Prédécesseur Adolf von Scholz (en)
Successeur Georg von Rheinbaben
Biographie
Date de naissance 19 février 1828
Lieu de naissance Neuenhaus
Date de décès 8 septembre 1901 (à 73 ans)
Lieu de décès Francfort-sur-le-Main (Empire allemand)
Nationalité allemande
Conjoint Emma Wedekind
Diplômé de d'Heidelberg et de Göttingen.
Profession Homme politique
Religion réformé

Johannes Franz Miquel, anobli en 1897 en von Miquel (né le 19 février 1828 à Neuenhaus, arrondissement du Comté de Bentheim et décédé le 8 septembre 1901 à Francfort-sur-le-Main) est un homme d'État prussien, il fut notamment ministre des Finances et maire de Francfort.

Famille[modifier | modifier le code]

Il est issu d'une famille française[1] originaire de Cahors, qui a émigré à Düsseldorf. Sa généalogie remonte jusqu'à Marc Miquel en 1670 dans cette même ville. Son père vit à Neuenhaus dans l'arrondissement du Comté de Bentheim. Il est élevé dans la religion évangélique bien qu'il ait été baptisé dans la religion catholique. Son frère aîné Franz Wilhelm Miquel est professeur dans un Gymnasium ainsi que rédacteur. Il se fiance à Bertha Markheim, sœur de Julius Rodenberg (en), en 1852.

Miquel se marie le 15 septembre 1865 à Emma Wedekind (née le 14 juillet 1847 à Bissendorf (en), Arrondissement d'Osnabrück et décédée le 16 décembre 1915 à Cassel) dans la ville d'Hanovre. C'est la fille du consul d'Hanovre à Palerme Karl Wedekind et de Julie Ehmsen. De ce mariage naissent trois fils et une fille. Parmi eux, Walther von Miquel, juriste. Le résistant Rudolf von Scheliha (en) est un de ses petits-fils.

Biographie[modifier | modifier le code]

Miquel (à droite) aux environs de 1889 au Reichstag

Études et marxisme[modifier | modifier le code]

Miquel étudie le droit de 1846 à 1849, d'abord à Heidelberg puis à Göttingen. Il est d'abord séduit par l'idéologie communiste et à des contacts avec Karl Marx. En 1848, il prend part aux mouvements étudiants en tant que démocrate radical[2] et est jusqu'en 1852 un membre de la ligue des communistes.

Parlementaire libéral[modifier | modifier le code]

Après la fin de ses études, il s'installe en tant qu'avocat à Göttingen et se tourne vers le libéralisme. En 1855, il entre à l'Obergericht (tribunal supérieur) et en 1857 au conseil municipal de la ville. En 1859, il fonde, avec le meneur des libéraux dans le royaume Rudolf von Bennigsen, le Deutscher Nationalverein, une association favorable à la solution petite-allemande pour réaliser l'unité allemande[3]. En 1864, il est élu dans la seconde chambre des députés du royaume de Hanovre où il fait partie de l'opposition. Après l'annexion de Hanovre par la Prusse en 1866, il contribue à l'assimilation de la nouvelle province dans le nouvel ensemble ainsi créé[4].

En 1867, il est l'un des fondateurs d'importance du parti national-libéral. Il siège de 1867 à 1882 dans la [Chambre des représentants de Prusse|chambre des députés prussienne]], la chambre basse du parlement[4]. Il fait partie de l'aile à la droite du parti. Il représente dans la chambre la 7e circonscription d'Hanovre, ce qui correspond à Osnabrück. De 1867 à 1870 il siège au Reichstag de la confédération de l'Allemagne du Nord et y représente la 4e circonscription (Osnabrück - Bersenbrück - Iburg)[5],[6]. De 1871 à 1877, il représente la circonscription principauté de Waldeck au Reichstag de l'Empire allemand[7],[8]. Au parlement, il est spécialiste de l'harmonisation juridique dans l'Empire. De 1874 à 1876, il est président de la commission juridique du parlement. Il y travaille à la rédaction à du code civil et pénal, ainsi qu'à la Gerichtsverfassungsgesetz[4].

En parallèle de sa carrière parlementaire, Vom Miquel est actif dans l'administration et dans les affaires. De 1865 à 1870, il est adjoint puis maire de Osnabrück. En 1870, il devient directeur de la banque Disconto-Gesellschaft (en). Il démissionne de ce poste en 1876 pour éviter d'éventuel conflit d'intérêt avec ses fonctions parlementaires[4],[1],[9].

Mairie de Francfort[modifier | modifier le code]

En 1877, il quitte progressivement le Reichstag pour se consacrer à la politique communale. Ainsi en 1876, il redevient maire d'Osnabrück, ou il mène une politique favorable aux artisans, puis en 1880[10], il succède à Daniel Heinrich Mumm von Schwarzenstein à la mairie de Francfort-sur-le-Main. Il met en place une politique fiscale avantageuse et transforme la ville impériale et métropole moderne. Il y fait notamment construire une première station d'épuration en 1882, il canalise le Main et aménage le Westhafen en 1886 et fait construire la gare centrale de Francfort en 1888. De 1886 à 1890, il est membre pour l'arrondissement de Francfort du parlement des communes de Nassau.

Tombe au cimetière Hauptfriedhof de Francfort-sur-le-Main

Avec le temps sa pensée politique évolue et devient moins libérale, moins oppositionnelle. Il est un artisan de la collaboration avec les conservateurs[4]. Cela se manifeste dans la déclaration d'Heidelberg qu'écrit Johannes von Miquel en 1884 et sert de ligne directrice au parti national-libéral. Elle approuve la politique de Bismarck en matière militaire, coloniale, anti-socialiste, douanière, pour la protection de l'agriculture et des entreprises de taille moyenne, ainsi que pour la suprématie de l'État par rapport aux partis politiques. Elle renonce à tout programme à la Gladstone, comme le soutient le parti Freissinnig. Si les provinces de l'est de la Prusse sont tout d'abord réticentes, rapidement tout le parti suit cette ligne[11].

Miquel est un ferme défenseur de la la création d'une sécurité sociale et de la politique sociale en général qu'il considère comme une des questions politiques les plus importantes pour le futur. Il est favorable à une politique du logement, pour la propriété, la politique défensive et la reconnaissance des syndicats[11].

Il devient également un actif partisan de l'expansion coloniale allemande. En 1882, il est un des fondateurs de l'association coloniale allemande.

En 1887, lors des élections du Reichstag une vaste alliance politique appelée cartel réunie libéraux et conservateurs[4]. Il est élu dans deux circonscriptions en même temps cette fois-ci : la seconde d'Hesse (Friedberg - Büdingen) et la sixième du Palatinat (Kaiserslautern). Il accepte le second vote et est reconduit en 1890, il doit toutefois quitter ce poste suite à sa nomination au poste de ministre des finances le 24 juin 1890[12],[13]. Miquel est également membre de la la chambre des seigneurs de Prusse, qui est la chambre haute du parlement, de 1882 à 1890.

Ministre des finances[modifier | modifier le code]

En 1890, il est nommé ministre des finances de Prusse par le chancelier impérial et ministre-président prussien Leo von Caprivi. Il met en place un système de taxes novateur qui est toujours en place dans ses grandes lignes composé de : l'impôt sur le revenu, l'impôt foncier et d'une taxe professionnelle. La loi est votée en1891. La vraie nouveauté tient à la progressivité du taux d'imposition, ainsi le taux est de 0,62 % pour la tranche touchant de 900 à 1050 Marks et de 4 % pour ceux touchant plus de 100 000 Marks. Elle équilibre également les revenus revenant aux États et ceux revenant aux communes. Cette loi est couramment désignée par son nom[citation 1],[4].

Le succès de la loi, lui permet le 14 juillet 1893 de faire voter une réforme du droit communale ambitieuse. Si les grands propriétaires sont relativement favorisés par la loi, ce qui conduit à des controverses, elle introduit des sources de revenu directes pour les communes. En effet, les taxes sur les bâtiments, les terrains et les sociétés sont transférées de l'État aux communes[4]. En 1894, il tente sans succès de réformer les finances impériales. On lui reproche de s'être détourné des idées libérales pour être plus pratique[1]. En 1895, il propose crée des banques coopérative[citation 2] pour soutenir l'agriculture et les classes moyennes[4].

Buste de 1899

En 1897, il devient vice-président du gouvernement prussien[4]. Il reçoit le très prestigieux ordre de l'aigle noir le 27 janvier 1897 à Berlin et est anobli le 14 avril 1897.

En 1901, Von Miquel défend la question de la construction de canaux devant le parlement. L'Empereur Guillaume II n'a pas les mêmes opinions que lui à ce sujet et se sert de l'échec de sa seconde proposition de loi en juin pour l'éloigner du pouvoir[4].

Décès et postérité[modifier | modifier le code]

Il décède le 8 septembre 1901 dans sa maison de Francfort. Il est enterré dans une tombe monumentale au Frankfurter Hauptfriedhof (Gewann D 297). Une partie du Frankfurter Alleenring, des rues dans sa ville natale, Neuenhaus, mais aussi à Lingen et Osnabrück portent son nom.

Pour le 70 anniversaires de von Miquel, le ministre de la culture Robert Bosse a commandé la sculpture d'un buste en marbre à Ferdinand Hartzer. L'original se trouve au lycée Georgianum de Lingen, d'autre se trouvent au musée Kestner de Hanovre et dans la salle des fêtes de la mairie de Francfort.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (de) « Johannes von Miquel dans l'Encyclopaedia Britannica' de 1911 » (consulté le 6 octobre 2011)
  2. Langewiesche 1983, p. 104
  3. (de) « Biographie de Bennigsen », sur Deutsches historisches Museum (consulté le 11 janvier 2014)
  4. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k (de) Rita Aldenhoff, Neue Deutsche Biographie (NDB), t. 17, Berlin, Duncker & Humblot,‎ 1994 (ISBN 3-428-00198-2, lire en ligne), « Miquel, Johannes von », p. 553
  5. Spech, Schwabe 1904, p. 117
  6. Hirth 1868, p. 183
  7. Spech, Schwabe 1904, p. 288
  8. Hirth 1868, p. 220
  9. La NBD écrit qu'il est directeur de la Disconto-Gesellschaft jusqu'en 1876, l'Encyclopaedia Britannica 1873
  10. l'Encyclopaedia Britannica écrit 1879
  11. a et b Nipperdey 1992, p. 330
  12. Spech, Schwabe 1904, p. 198
  13. (de) Reichstags -Bureau, Amtliches Reichstagshandbuch. 8. Legislaturperiode. 1890/1895, Berlin, Verlag Crowitzsch und Sohn,‎ 1890, p. 221

Citations[modifier | modifier le code]

  1. « Miquelsche Steuerreform »
  2. «  Zentralgenossenschaftskasse »

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]