Johann Moritz Rugendas

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Johann Moritz Rugendas

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Rugendas

Naissance
Augsbourg
Décès (à 56 ans)
Weilheim an der Teck
Nationalité Drapeau d'Allemagne Allemand
Activités peinture

Johann Moritz Rugendas (Augsbourg, Weilheim an der Teck, ), peintre allemand, descendant d'une famille d'artistes. Il dessina dès son jeune âge et étudia auprès de son père Johann Lorenz Rugendas, puis d’Albrecht Adam à Munich. Il voyagea au Brésil de mars 1822 à août 1825, d'abord comme dessinateur de l'expédition Langsdorff, puis à son propre compte. Revenu en Europe, il publia Malerische Reise in Brasilien -- Voyage pittoresque au Brésil, un album de 100 planches lithographiques accompagné de texte chez Engelmann à Paris. En 1829 il voyagea en Italie où il perfectionna sa peinture. Appuyé par Alexander Humboldt, il prépara ensuite un voyage dans l'Amérique latine. Il voyagea de 1831 à 1847, d'abord au Mexique, puis surtout au Chili, avec des voyages au Pérou et en Argentine. Pendant tous ces voyages, il peignit des paysages, les notabilités des pays récemment indépendants, le peuple et ses coutumes. De retour en Europe, il vendit ses collections au roi de Bavière contre une pension et poursuivit sa carrière avant de mourir; mais on se souvient plus de son œuvre d'Amérique latine.

Premier voyage au Brésil[modifier | modifier le code]

Rugendas arrive au Brésil le 16 mars 1822 en tant que dessinateur de la mission scientifique du baron Georg Heinrich von Langsdorff, et parcourt les provinces de Rio de Janeiro, du Minas Gerais, de Bahia; et, d'après les dessins qu'il a publié ensuite, aussi celle du Pernambouc, bien que l'on ne connaisse pas les détails de ses voyages. Il dessine des paysages, avec un grand soin de la représentation des espèces végétales et de la faune; mais la partie de son œuvre la plus intéressante aujourd'hui concerne les habitants du pays. Influencé par la philosophie de Herder, il recherche la vérité du Brésil dans le peuple et dans les intérieurs éloignés de la civilisation cosmopolite des grandes villes. Comme tous les voyageurs de l'époque, il s'intéresse aux peuples indigènes, particulièrement quand il est au service de Langsdorff, mais à la différence des autres, il dessine aussi les noirs (désignés comme marron, nègres, africains ou créoles à l'époque et qui, réduits à l'esclavage, composent une part importante de la population du Brésil).

Après avoir parcouru le pays, il s'embarque pour la France en août 1825.
Il s'y fait connaître du naturaliste Alexander von Humboldt qui l'appuie et l'encourage à publier et à entreprendre un nouveau voyage.

Grand voyage en Amérique latine[modifier | modifier le code]

En 1831, il embarque à son propre compte pour un autre voyage sur le continent américain. Il reste peu à Haïti, passe au Mexique où il se trouve pris dans les rivalités politiques, et se retrouve même quelque temps en prison.

Il visite le Guatemala et passe ensuite au Chili, où il arrive en 1834. Il y résidera principalement jusqu'en 1846, en partant pour des excursions au Pérou et dans la pampa d'Argentine. Il dessine et peint les gens des villes et des campagnes, les héros et les batailles des Indépendances, et les diverses nations américaines, notamment les Araucaniens.

En 1839, il publie dix planches d'Amérique du Sud dans l'Atlas de Gay.

Pendant son expédition en Argentine, son cheval est foudroyé, et ses compagnons ramènent Rugendas, gravement blessé, au Chili. Il lui faudra longtemps pour se rétablir, et il en portera toujours ensuite les séquelles.

Dernières années[modifier | modifier le code]

Revenu en Europe, Rugendas échange ses cartons à dessins contre une pension du roi de Bavière et reprend son activité de peintre. Il reçoit la commande d'une Arrivée de Christophe Colomb en Amérique, grand tableau qui reçoit un accueil plutôt négatif. Il enseigne le dessin et la peinture, épouse une de ses élèves, et meurt d'une crise cardiaque le 29 mai 1858.

Œuvres, critique[modifier | modifier le code]

Tout en voyageant à travers l'Amérique, Rugendas a expédié des ouvrages en Europe où il avait, comme artiste voyageur, un certain prestige; mais il était loin d'entretenir les contacts sociaux si nécessaires à la réputation d'un maître à qui l'État ou l'Église confient de grandes réalisations. Pour cette raison, ou parce qu'il n'avait pas eu l'occasion de suffisamment se perfectionner en travaillant pour les États d'Amérique du Sud, où il n'avait guère de concurrents, ou encore pour avoir acquis, avec les Sud-Américains, un goût pour les couleurs vives et une manière ample qui ne correspondait pas à l'esthétique dominante en Europe, sa production des dix années entre son retour et sa mort est largement oubliée. Pourtant, le peu qui en est connu pourrait pousser à une réévaluation de son art.

Œuvres[modifier | modifier le code]

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