Johann Fust

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Johann Fust

Johann Fust, né vers 1400 à Mayence en Saint-Empire romain germanique et mort le 30 octobre 1466 à Paris, était un riche orfèvre. Il a financé les travaux de Gutenberg et de Peter Schoeffer.

Fust et Gutenberg[modifier | modifier le code]

En 1450, il s'associe à Gutenberg et lui propose de lui prêter 800 florins par an. Mais en 1455, il exige le remboursement de la dette. Suite au jugement du tribunal[1], Gutenberg perd le procès et, incapable de le rembourser, lui abandonne son imprimerie en contrepartie.

Il est un des trois artistes qu'on associe ordinairement, pour l'invention de l'imprimerie, à Gutenberg et Peter Schoeffer. Il n'est cependant pas bien certain qu'il prit part à la découverte, autrement qu'en fournissant des fonds à Gutenberg, qui avait déjà fait les premiers essais à Strasbourg, avec des caractères sculptés et mobiles, avant de venir à Mayence. À l'égard de Schœffer, qui était écrivain de profession, et qui devint depuis gendre de Fust, on ne peut lui disputer la gloire d'avoir imaginé les poinçons et les matrices à l'aide desquels cet art admirable fut porté à sa perfection. Le premier fruit de ce nouveau procédé, qui constitue l'origine du véritable art typographique, fut le Jurandirationale divinorum officiurum, que Fust et Schœffer publièrent en 1459, et qui fut suivi, l'année d'après, du Catholicon Joannis Januensis. Parut ensuite la Bible de 1462, si recherchée des amateurs de raretés typographiques. Ces trois ouvrages furent précédés de deux éditions du Psautier par les mêmes artistes ; la première en 1457, et la seconde en 1458, mais exécutées l'une et l'autre avec des caractères de bois sculptés, et par un mécanisme qui leur était commun avec Gutenberg. Ces deux éditions du Psautier, si rares, sont des chefs-d'œuvre de typographie qui étonnent les gens de l'art, tant par la hardiesse, la propreté et la précision avec laquelle l'industrieux Schœffer en a taillé les caractères, qui imitent la plus belle écriture du temps, que par la beauté et l'élégance des lettres initiales imprimées par rentrées de trois couleurs, bleu, rouge et pourpre, à la manière des camaïeux, et par la justesse et la netteté de l'impression.

On connaît cependant des livres qu'on juge plus anciens que ceux dont nous venons de parler, quoique la date ni le nom du lieu et de l'imprimeur n'y soient pas marqués. Tels sont :

  1. Une Bible de la bibliothèque Mazarine, en 2 vol. in-fol.
  2. Speculum vitæ humanæ, en 58 planches.
  3. Une Histoire de l'ancien et du nouveau Testament, représentée en 40 figures gravées en bois, avec des sentences et des explications latines, sculptées sur les mêmes planches.
  4. L'Histoire de saint Jean l'évangéliste, de même en 48 planches
  5. Ars moriendi, en 24 planches, imprimées seulement d'un côté. Chaque page est composée d'une estampe en boise qui représente un exemple des misères de la vie humaine, avec quelques explications gravées sur la même planche ; les feuillets sont collés ensemble deux à deux ; ce livre a été vendu mille francs, à la vente du cabinet de Mariette, en 1775.

Ces trois derniers livres, qui sont tous in-fol., précèdent sûrement l'impression eu caractères mobiles, et peuvent remonter jusqu'en 1410. La Bible doit avoir été imprimée entre 1450 et 1455.

Fust et Schoeffer[modifier | modifier le code]

On a écrit et répété bien des fois que Fust étant venu à Paris pour y vendre une partie de son édition de la Bible de 1462, et en ayant vendu à vil prix, eu comparaison de ce qu'on payait alors les Bibles manuscrites, et à des prix fort différents, avait été poursuivi en justice par les acheteurs, qui se plaignaient de les avoir surpayés ; que même accusé de magie à cause de le parfaite ressemblance qu'on avait remarquée entre les caractères, il avait été obligé de s'enfuir. Il peut se faire que Fust ait vendu à Paris, comme manuscrits, des exemplaires de cette Bible, ou de celle de la bibliothèque Mazarine. Qu'il les ait vendus à différents prix ; que quelques acheteurs se soient plaints d'avoir sur-acheté ; mais quant à l'accusation de magie, c'est une vieille fable qui ne mérite aucune croyance.

Quoi qu'il en soit, ou ne peut douter que Fust soit revenu depuis cette époque à Paris. Il y était, et la preuve en résulte d'un exemplaire du De Officiis (Des devoirs, de Cicéron), publiés par le même Fust et Schœffer, son gendre, existe dans la bibliothèque publique. Il y est mort en 1466, probablement de la peste, qui cette même année enleva 100 000 habitants à la capitale pendant les mois d'août et de septembre. On ne trouve plus que le seul nom de Schœffer dans les souscriptions des livres imprimés postérieurement à Mayence[2].

Il publia différents ouvrages avec son gendre dont :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. procès en 1455
  2. Louis Mayeul Chaudon, Dictionnaire universel, historique, critique, et bibliographique, Tome 7

Articles connexes[modifier | modifier le code]