Johann Friedrich Karl von Ostein

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Johann Friedrich Karl von Ostein
Image illustrative de l'article Johann Friedrich Karl von Ostein
L’archevêque Johann Friedrich Karl von Ostein
Biographie
Naissance 6 juillet 1689
Ordination sacerdotale 1724
Décès 4 juin 1763
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale 22 avril 1743
Dernier titre ou fonction prince-archevêque de Mayence
Evêque de Worms
1756 – 1763
Précédent François-Georges de Schönborn-Buchheim Johann Philipp von Walderdorff Suivant
archevêque de Mayence
1743 – 1763
Précédent Philipp Karl von Eltz Emmerich Joseph von Breidbach zu Bürresheim Suivant
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Johann Friedrich Karl von Ostein baron d'Ostein (village disparu près d'Issenheim), né le 6 juillet 1689, mort le 4 juin 1763, fut archevêque et prince-électeur de Mayence[1] de 1743 à 1763. À ce titre, il était également archichancelier du Saint-Empire romain germanique. Depuis 1756 il fut aussi évêque de Worms.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il était le fils de Jean-François-Sébastien, baron d'Ostein, un village disparu près d'Issenheim, fait comte d'empire en 1712, et d'Anne-Charlotte-Marie comtesse de Schönborn, apparentée avec Lothar Franz von Schönborn.

La famille de Johann Friedrich Karl von Ostein était une famille de la vieille noblesse de l'archevêché de Mayence. Il fut élu en 1724 prieur de chapitre de la cathédrale Saint-Bathélemy de Francfort et depuis il devint chanoine custode à la cathédrale de Mayence.

Pressions étrangères[modifier | modifier le code]

Après la mort de son prédécesseur Philipp Karl von Eltz, il fut élu précipitamment archevêque de Mayence le 22 avril 1743, dans le temps que les Français et les Bavarois, d'un côté, et les Autrichiens de l’autre; s'approchaient de cette ville pour y faire nommer un prélat attaché à leur parti.

Dès la première année de son épiscopat, il fit, en faveur de la maison d'Autriche, une démarche qui eut de grandes suites et lui attira bien des chagrins. L’affirmation d'un dualisme allemand opposant l'Autriche des Habsbourg à la Prusse des Hohenzollern ne laissait désormais guère de latitude politique à l'archevêque. Ostein parvint cependant à tenir son électorat à l'écart des guerres rampantes, raison pour laquelle il s'entremit lors des pourparlers de paix de Füssen entre l'Autriche et la Bavière le 22 avril 1745. Il couronna empereur François-Étienne de Lorraine sous le nom de François Ier le 4 octobre 1745, mais ce souverain falot ne fit que renforcer la position de la Prusse de Frédéric le Grand, qui déclencha 1756 la guerre de Sept Ans. L'Électorat aligna ses forces contre les Prussiens, mais lorsqu'Erfurt tomba aux mains des ennemis, il dut verser d'énormes réparations de guerre, qui ruinèrent le Trésor. À la suite de nouvelles défaites des alliés, Ostein se décida à la neutralité en 1757, ce qui le privait de toute initiative politique ultérieure dans le Saint-Empire.

Politique intérieure[modifier | modifier le code]

Médaillon de biscuit de porcelaine dure, vers 1770 - Portrait du Prince Électeur de Mayence - Musée de national de céramique de Sèvres (Hauts-de-Seine, France) - Inv n° MNC 6526

Avec von Ostein s’ouvre à Mayence l'ère du despotisme éclairé. Il n'était pourtant pas le véritable dirigeant en pratique, car son chancelier Anton Heinrich Friedrich von Stadion, qui s'était déjà assuré les plus hautes fonctions sous les règnes de ses deux prédécesseurs tenait les rênes de la politique. Stadion était influencé par le mouvement français des Lumières, ce qui éclate dans ses réformes.

Il voulait que l'archevêché rattrape le niveau des autres états temporels du Saint-Empire. Il se consacra pour cela essentiellement à l'économie, qui avait beaucoup souffert des opérations militaires françaises de Rhénanie entre 1740 et 1748. Afin de revivifier le commerce, il créa en 1746 le Mainzer Handelsstand, se lança dans le tracé de nouvelles voies de communication, la construction de nouveaux entrepôts, l'inauguration d'un marché aux vins permanent, décréta une foire bisannuelle et améliora la circulation des devises. La plaque tournante du commerce en Rhénanie commença à basculer de nouveau de Francfort vers Mayence.

L'Église ne fut pas tenue à l'écart des réformes. En 1746 une loi d'abolition fut votée qui interdisait le legs de biens immobiliers à l'Église. Elle exigeait même le retour de terres ecclésiastiques à des particuliers.

D'autres mesures prises sous le gouvernement de Johann Friedrich et de son chancelier concernent l'amélioration de l'éducation élémentaire et la protection sociale ainsi que l'unification du droit civil mayençais (1756).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les princes-évêques de Mayence étaient, comme la plupart des évêques allemands, à la fois seigneurs spirituels de leur diocèse et seigneurs temporels d'une série de possessions territoriales.