Johannès Gravier

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Johannès Gravier
Portrait par Frédéric-Auguste Cazals.

Charles Henri Émile Gravier, dit Johannès Gravier, né à Lyon le 28 juillet 1869 et mort le 18 décembre 1929, est un écrivain et auteur dramatique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né de François Joseph et de Claudine Pelisson, l'enfant sera légitimé à l’occasion du mariage de ses parents le 25 mai 1872. Il épouse, le 2 février 1916, Judith Floria Tosca, la fille naturelle du peintre Antonio de La Gandara en présence du peintre et de son frère Édouard, acteur de la troupe de Sarah Bernhardt sous le pseudonyme de Jean Dara. À cette occasion ils légitiment leur fille Claudine née le 17 mars 1911. Johannès Gravier disparaît le 18 décembre 1929. Malade, il s’était retiré depuis plusieurs années de la vie littéraire.

Portrait[modifier | modifier le code]

« Johannès Gravier est un lyonnais d’à peine 26 ans. De fortes études ont écarté pour lui pendant très longtemps les loisirs propres à la production littéraire. J’eus le plaisir d’ouvrir les modestes colonnes de Simple-Revue, à ses premiers essais en vers et en prose, puis où il continua à rédiger régulièrement la critique théâtrale. Il collabora encore à la Revue Dramatique ; et dans Triple-Revue, organe éphémère, il jeta l’exposé de ses théories d’art, développées aujourd’hui par la préface de ce Simon Deutz que vient de publier la Bibliothèque de La Plume.
Peut-être parce qu’il a sérieusement travaillé, avant qu’il lui fut possible de faire imprimer, Johannès Gravier ignore la griserie de l’orgueil. Il ne se prend pas pour un génie nouveau. Il aime le théâtre préférablement aux autres formes littéraires : il s’y adonne spécialement ; il dit sincèrement ce qu’il en pense surtout au point de vue du drame historique qu’il aborde avec Simon Deutz. À tort ou à raison il croit que l’on peut ressusciter en le rajeunissant ce drame historique, et il fut confirmé dans cette idée un moment, par la réception chaleureuse que fit Antoine en 1893 à son premier essai. Les évènements empêchèrent la représentation au Théâtre-Libre ; l’auteur avec un certain regret sans doute, de n’avoir pas été joué, confie sa prose aux presses, en se consolant par la pensée d’avoir évité les périls d’une grosse partie. Un début moins bruyant que celui de la scène convient peut-être mieux à ses scrupules d’artiste, car Johannès Gravier, en sa qualité de critique consciencieux, sévère à la routine, bienveillant aux efforts difficiles vers le neuf et le beau – sait que l’erreur est humaine, et il admet parfaitement qu’il ait pu se tromper.
Voilà tout ce que j’ose dire d’un collaborateur, d’un ami dont je connais trop le caractère, pour appuyer sur l’éloge en parlant de lui ou de ses productions. Un peu lent, très patient, persévérant, arrivera-t-il vite ou tard ?... – Les destins sont capricieux !... Mais il arrivera, parce que dans sa placidité se cache un tempérament que l’on peut déjà reconnaître dégagé de toute influence, - bien à lui. »
— Georges Régnal[réf. nécessaire].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Johannès Gravier laisse une production littéraire significative qui alterne le roman, les pièces de théâtre de Grand Guignol, dont plusieurs connurent un certain succès, et quelques essais philosophiques.

  • Simon Deutz, drame historique en 8 tableaux, reçu au Théâtre-libre, avec de nombreux documents pour la mise en scène, d'après des dessins et estampes de la Bibliothèque nationale, 1896
  • En collaboration avec Henri Kleist : La cruche cassée, comédie en 1 acte représentée pour la 1e fois à Paris sur le théâtre Victor Hugo le 20 février 1904. Adaptation de Johannès Gravier et Henri Vernot et un avant-propos de Lucien Roblot. Publié à la librairie Molière et par extraits dans la Nouvelle Revue
  • En collaboration avec A. Lebert : Le Chirurgien de service, pièce en 1 acte. [Paris, Grand-Guignol, 23 octobre ou novembre 1905]. Publié à la librairie théâtrale en 1906
  • Le Droit de mort, drame en 2 actes joué à Paris au Théâtre des Arts le 31 octobre 1913 et publié dans la Nouvelle Revue en 1913, avec une préface de Lucien Descaves
  • En collaboration avec José de Bérys : Quart ville de Paris, comédie en 1 acte [Paris, Grand-Guignol, 20 avril 1916], 1916
  • En collaboration avec Léon Hennique : Jarnac', drame historique en 5 actes. Joué à l’Odéon (direction André Antoine) le 17 novembre 1909. Publié dans la revue Le Théâtre de novembre 1909
  • Reines de rois, drame historique en prose, en 5 actes et 6 tableaux [Paris, Odéon, 17 novembre 1909], 1916
  • L'Abbé Changine, une paroisse sous la séparation, Paris, E. Flammarion, 1906
  • Le Rouge est mis !, pièce en 1 acte jouée à Paris, Grand-Guignol, 2 octobre et ou novembre 1906. Reprise sur autorisation du préfet de police le 29 février 1915
  • La Suicidette, pièce en 1 acte [Paris, Grand-Guignol, 15 novembre 1907], 1908
  • Cervantès. Les Deux bavards, pièce en 1 acte (adaptation de Johannès Gravier et Maxime Formont 1864-1940), Paris, Librairie Molière, 1910
  • Le Calvaire d'un docteur, Paris, Ernest Flammarion
  • La Marchande de beauté (roman contemporain), 3e édition 1914
  • Au temps de la Bastille, comédie en 1 acte [Paris, Théâtre Albert, 22 novembre 1916], Paris, 1 rue Séguier, 1918
  • La Légende des croûtes, pantomime en 1 acte [Paris, Théâtre Impérial, 22 nov. 1916], 1918
  • La Fée déçue, comédie en 1 acte [Paris, Grand-Guignol, 9 mai 1911], 1919
  • À bas les auteurs !, comédie en un acte, Paris, éditions de la Pomme cuite, 1920
  • Odette ou la gourmandise punie, comédie enfantine en un acte, 1920
  • Mémoires d'un hercule (1859-1901), 1895
  • Chaînes d’hyménée en 1 acte, publié dans la Nouvelle Revue, tome XLVIII
  • Une idée géniale, publié dans la Nouvelle Revue de juillet 1905
  • Le Doigt, publié dans la Nouvelle Revue de janvier 1905
  • La Bacchante, publié dans la Nouvelle Revue de juillet 1908
  • Un voyage au Havre, publié dans la Nouvelle Revue de mars 1911
  • Monsieur de Merret, pièce en un acte inspirée de Balzac