Johan Joseph Zoffany

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Autoportrait en David avec la tête de Goliath, 1756
David Garrick dans l'Alchimiste de Ben Jonson
Charles Towneley et ses amis

Johann Zoffany ou Zauffelij (né[1] le 13 mars 1733, Francfort et mort le 11 novembre 1810, Strand-on-the-Green), est un peintre allemand qui a travaillé comme portraitiste en Angleterre où il est mort à Chiswick, près de Londres.

Biographie[modifier | modifier le code]

Portrait du Miranda

File:Bodegón con servicio de chocolate - Museo del Prado.jpg Son père était originaire de Bohême. Tout d'abord élève de Martin Speer[2] à Ratisbonne, Johan Joseph Zoffany se rendit dans sa jeunesse en Italie, et il y passa quelques années ; il vint ensuite à Coblence, où il peignit des portraits, mais ne trouvant que de faibles ressources dans les provinces rhénanes, il passa en Angleterre, et il s'y fit bientôt connaître d'une façon avantageuse. Lorsque l'Académie royale fut fondée, en 1768, il figura parmi les premiers membres de ce corps. Lié avec le célèbre Garrick, il attira l'attention en exposant les portraits de quelques artistes dramatiques ; il représenta Garrick dans trois de ses meilleurs rôles.

En 1771, il exécuta une vaste composition qui réunissait sur la même toile les portraits de dix personnes de la famille royale ; ce tableau, habilement gravé par Earlom, eut un grand succès auprès des Anglais dévoués à leur souverain, alors populaire. Zoffany retourna ensuite en Italie, et il peignit à Florence une vue remarquable de l'intérieur de la célèbre tribune des Offices de cette ville qui comportait des reproductions sur une petite échelle des principaux chefs-d'œuvre contenus dans cette brillante collection des Médicis ; ce tableau original et intéressant fut acquis par George III du Royaume-Uni.

De retour à Londres, Zoffany peignit les Élèves de l'école de dessin à l'Académie royale peignant d'après le modèle, il plaça dans cette composition trente-six portraits des artistes les plus éminents de l'époque. L'œuvre fut fort goûtée du public. Elle a été également gravée par Earlom.

En 1781, Zoffany prit le parti de passer en Inde ; il visita quelques-unes des principales villes de l'intérieur, et il produisit quelques tableaux très curieux : L'Entrée à Patna de l'ambassadeur du vizir d'Oude (très vaste composition où se trouvent plus de cent figures humaines, des chevaux, des éléphants) ; un Combat de coqs (autre réunion d'une foule de figures) ; une Chasse au tigre. Les princes de l'Inde furent charmés des productions de l'artiste, et ils le payèrent généreusement.

Quinze ans plus tard, Zoffany est de retour à Londres (1796), y rapportant une fortune considérable. La vieillesse l'obligea à ralentir ses activités. Il se retira à Kew, un des plus agréables séjours qu'offrait le voisinage de la capitale, et il y mourut en 1810. Il est enterré à l'église de Kew.

Un connaisseur éclairé, M. Waagen, dans ses divers ouvrages sur les arts en Angleterre, signale avec distinction un tableau de Zoffany qui se trouve dans la collection d'un amateur instruit, M. Maclellan : une Réunion de famille où deux enfants se livrent à l'exercice de la danse.

Il a été élu membre de la Royal Academy (RA) le 22 juin 1867[3].

Antoine-Louis Polier, Johann Zoffany, Claude Martin et John Wombwell.
La Tribune des Offices, 1772-8, Royal Collection, Windsor.
La dernière cène (Église Saint-Jean, Calcutta)

Œuvres[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Lady Victoria et G. G. Williamson, John Zoffany, His life and works, 1735-1810, Londres, New York, éd. Bodley Head, 1920[4].
  • « Johan Joseph Zoffany », dans Louis-Gabriel Michaud, Biographie universelle ancienne et moderne : histoire par ordre alphabétique de la vie publique et privée de tous les hommes avec la collaboration de plus de 300 savants et littérateurs français ou étrangers, 2e édition,‎ 1843-1865 [détail de l’édition]
  • Penelope Treadwell, Johan Zoffany. artist and adventurer, Londres, éd. Paul Holberston Publishing, 2009, ISBN 978-1-903-470930.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ou à Ratisbonne (Allemagne), selon quelques biographes, à Francfort, selon d'autres. En fait il semblerait que Zoffany soit né à Francfort-sur-le-Main puis fut élevé au sein de sa famille à Ratisbonne.
  2. Voir la Wikipédia germanophone de:Martin Speer
  3. (en) A-Z&person=6003 Fiche sur le site de la Royal Academy of Arts
  4. Cet ouvrage n'est pas broché, les pages massicotées et, jadis collés, se détachent comme les feuilles en automne. Selon Mary Webster : a dangerous book which should be consulted only by those in position to verify its every statements (Un livre dangereux qui ne doit être consulté que par ceux qui sont capables de vérifier chaque information).

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