Joe Malone

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Maurice Joseph Malone

Portrait photo noir et blanc de Joe Malone.
Surnom(s) Phantom
Nationalité Drapeau du Canada Canada
Né le 28 février 1890,
Sillery (Canada)
Mort le 15 mai 1969,
Montréal (Canada)
Entraîneur décédé
A entraîné Tigers de Hamilton (LNH)
Activité 1920 – 1922
Joueur décédé
Position ailier gauche
ou centre
Tirait de la gauche
A joué pour Canadiens de Montréal (LNH)
Bulldogs de Québec (LNH)
Tigers de Hamilton (LNH)
Carrière pro. 1911 – 1922

Temple de la renommée : 1950

Maurice Joseph Malone surnommé le « Phantom » (né le 28 février 1890 à Sillery, province de Québec au Canada – mort le 15 mai 1969 à Montréal, Québec) est un joueur professionnel de hockey sur glace canadien qui évolue au poste de centre au début du XXe siècle.

Il joue au cours de sa carrière pour les Bulldogs de Québec avant les débuts de la Ligue nationale de hockey puis rejoint les Canadiens de Montréal à la création de la ligue professionnelle. Il joue alors un total de six saisons dans la LNH et est surnommé le Phantom – le fantôme – en raison de son agilité, de ses feintes habiles et de sa grande vitesse. Il remporte à trois reprises la Coupe Stanley – un des plus prestigieux trophées du monde du hockey – mais est également connu pour son talent pour inscrire de nombreux buts.

En 1950, il est admis au temple de la renommée du hockey et il décède en 1969 d'une crise cardiaque.

Biographie[modifier | modifier le code]

Vie privée[modifier | modifier le code]

Maurice Joseph Malone naît le 28 février 1890 à Sillery (maintenant un quartier de Québec) d'une mère francophone[1], Louisa Rochon, née en 1864 à Hawkesbury en Ontario et de Maurice J. Malone né en 1860 également dans la ville de Sillery. Le couple Malone a alors onze enfants dont trois jouent par la suite au hockey : Jeff Patrick, aîné de Joe né en 1888 et Cliff[2]. Joe et Jeff joueront ensemble par la suite[3].

Les parents de Joe meurent tous les deux dans la ville de Québec, le père en 1929 et la mère en 1947. Au cours de sa vie, le père de famille travaille dans une fabrique de bois[2].

Joe Malone a trois enfants : Bernice née en septembre 1917, Joe Malone junior né en 1923 et Donald né en 1924 et mort en 1985 d'une crise cardiaque sur un terrain de golf à l'âge de 59 ans[2].

Avant la LNH[modifier | modifier le code]

Photographie de l'équipe de bulldogs de Québec qui pose sur deux rangs derrière deux trophées et avec un bouledogue.
Les Bulldogs de Québec, champions 1913 de la Coupe Stanley. Malone se tient au centre, assis, derrière le bouledogue.

Joe Malone débute sa carrière en jouant en 1907-08 pour les Crescents de Québec[4] puis signe la saison suivante pour les Bulldogs de Québec de l'Eastern Canada Amateur Hockey Association alors qu'il est âgé de 19 ans. Lors de cette première saison avec l'équipe de Québec, il inscrit huit buts en douze matchs joués. Pour sa deuxième saison, son équipe débute dans l'Association canadienne de hockey mais après deux matchs, elle refuse de se joindre à l'Association nationale de hockey nouvellement créée. Malone termine alors sa saison en jouant pour les Colts de Waterloo dans la ligue Ontario Professional Hockey League[5].

Finalement, l'équipe de Québec rejoint l'ANH pour la saison 1910-11 et amène son buteur avec elle. Il est nommé capitaine de l'équipe et inscrit cette fois neuf buts en treize rencontres[6]. En 1911-12, il guide son équipe à la conquête du trophée O'Brien qui récompense le champion de l'ANH[7] et par la suite, l'équipe remporte la première Coupe Stanley de son histoire. L'équipe de Malone est opposée à celle des Victorias de Moncton de la Maritime Professional Hockey League. Les deux matchs se jouent les 11 et 12 mars 1912 ; les joueurs de Québec remportent le premier 9-3, Malone inscrivant trois buts. Lors du second match, il inscrit deux nouveaux buts alors que Paddy Moran réalise un blanchissage[Note 1], les Bulldogs gagnant le match 8-0[8],[9].

Au cours de la saison 1912-13, il est le meilleur buteur de l'ANH en inscrivant 43 buts en 20 matchs. Il évolue alors aux côtés de Tommy Smith et de Jack Marks et aide son équipe à finir à la première place de l'ANH[5]. En 1913, il remporte une deuxième fois la Coupe Stanley en battant les Millionaires de Sydney en deux matchs : 14-3 et 6-2. Lors du premier match, le 8 mars 1913, Malone inscrit huit des quatorze buts de son équipe. Il s'agit alors de la deuxième Coupe consécutive pour l'équipe mais également sa dernière[10] alors que le Québécois ne fait pas partie de l'équipe pour le deuxième match[11].

En 1913-14, l'équipe des Bulldogs et Malone finissent à la troisième place de l'ANH derrière les Blueshirts de Toronto et les Canadiens de Montréal et manquent alors la finale de l'ANH tout comme lors des saisons suivantes alors que Malone finit meilleur buteur de l'association en 1916-17. Il termine ainsi ses dix-neuf rencontres jouées avec 41 buts. Malgré les efforts offensifs de Malone, l'équipe manque une nouvelle fois les séries de la Coupe Stanley[5].

Dans la LNH[modifier | modifier le code]

Photo en pied de Didier Pitre dans la tenue des Canadiens de Montréal.
Didier Pitre nouveau coéquipier de Malone en 1917-18 sous les couleurs des Canadiens de Montréal.

Suite à cette saison, un nouveau regroupement d'équipes est créé : la Ligue nationale de hockey. Les propriétaires des Canadiens de Montréal, Wanderers de Montréal, Sénateurs d'Ottawa, Bulldogs de Québec et Arenas de Toronto décident de créer une nouvelle ligue afin d'exclure Edward J. Livingston, propriétaire de la concession des Blueshirts de Toronto, et ainsi ne pas lui permettre d'être impliqué dans leurs futures opérations de hockey[12]. L'équipe de Québec ne parvient pas à constituer une équipe et ses joueurs se retrouvent alors dispersés dans les effectifs des autres équipes. Malone rejoint alors les rangs de l'autre équipe québécoise de la LNH : les Canadiens de Montréal[13].

Il joue alors la première saison de la Ligue, aux côtés de Édouard « Newsy » Lalonde et de Didier Pitre, et inscrit un but au minimum à chacun de ses quatorze premiers matchs – au total, il inscrit 35 buts lors de cette série[13]. Parmi tous les joueurs de la LNH, Joe Malone finit meilleur buteur avec quarante-quatre réalisations[14]. Il reste le meilleur buteur de la LNH sur une saison jusqu'à la saison 1944-45 avec les 50 buts de Maurice Richard en autant de matchs[15]. Les Canadiens finissent premiers de la première partie de la saison et sont alors qualifiés pour la finale de la LNH. Ils sont opposés aux Arenas mais perdent au total de buts 10 à 7[16].

La saison 1918-19 est écourtée par l'arrêt en cours de saison des Arenas suite à des difficultés financières. Il ne reste alors que deux équipes dans la LNH : les Canadiens et les Sénateurs d'Ottawa. Malone ne joue que huit des dix-huit rencontres de son équipe[17] en raison d'une fracture au bras[18]. La franchise de Montréal remporte la finale de la LNH et est opposée aux Metropolitans de Seattle de l'Association de hockey de la Côte du Pacifique. Les deux équipes sont à égalité deux victoires chacune et un match nul en cinq rencontres quand la série est annulée car plusieurs joueurs sont affectés par la pandémie de grippe espagnole qui affecte l'Amérique du Nord. Quatre jours plus tard, un joueur des Canadiens, Joe Hall, meurt de cette épidémie. C'est la première des deux fois de l'histoire de la LNH que la Coupe Stanley n'est pas remise, la deuxième étant lors de la saison 2004-05, saison annulée en raison d'un lock-out[19].

Pour sa troisième saison dans la LNH, Malone quitte les Canadiens et est de retour avec les Bulldogs. Le 31 janvier 1920, il inscrit au cours d'un même match sept buts lors d'une victoire des Bulldogs sur le score de 10 à 6[20] contre les St. Patricks de Toronto[5]. Malone est une nouvelle fois le meilleur buteur de la saison[21] avec 39 buts, trois de plus que son ancien coéquipier, Lalonde[22]. Malgré cette bonne performance de Malone, les Sénateurs finissent les deux parties de la saison à la première place. Ils remportent ainsi directement le trophée O'Brien et jouent la finale de la Coupe Stanley[21].

Photo en pied de Malone dans la tenue des Canadiens de Montréal.
Malone sous les couleurs des Canadiens de Montréal.

L'équipe de Bulldogs ne survit pas et la franchise déménage après cette seule saison à Hamilton et devient les Tigers. Avec trente buts, Malone est le quatrième meilleur buteur de la saison[23] mais son équipe termine à la dernière place de la LNH cette saison. Ce scénario se répète lors de la saison 1921-22 alors qu'il inscrit au total cinquante-et-un buts en quarante-quatre rencontres sous les couleurs des Tigers[5]. Après ces deux saisons dans l'Ontario, Malone revient jouer au Québec en enfilant une nouvelle fois le chandail[Note 2] des Canadiens de Montréal. Malgré tout, il ne connaît plus le même rendement que les années précédentes et n'inscrit cette saison qu'un seul but en vingt matchs[4]. Montréal se qualifie pour les séries mais perd contre les Sénateurs[21]. Au cours de cette année 1923, Joe Malone devient père avec la naissance de Joe Malone junior[1].

Malone joue sa dernière saison professionnelle en 1923-24 mais il ne dispute que dix matchs en saison régulière avant d'arrêter sa carrière. Au cours de cette saison, les Canadiens de Montréal remportent la Coupe Stanley et même si Malone ne joue pas un seul match des séries, il fait partie de l'effectif sacré champion de la Coupe Stanley[24].

Il met ainsi fin à une carrière de 143 buts en 126 rencontres dans la LNH et la meilleure moyenne de buts inscrits par match de l'histoire de la LNH soit 2,2 buts par partie[25]. En 1950, il est intronisé au temple de la renommée du hockey, la même année que son ancien coéquipier, Lalonde[26]. Il meurt le 15 mai 1969 à Montréal d'une crise cardiaque à l'âge de 79 ans. En 1975, il est admis au Panthéon des sports canadiens[18] puis, en 1998, il est classé à la 39e position des 100 meilleurs joueurs de l'histoire de la LNH par le magazine The Hockey News[5]. Une bannière honorant la mémoire de Joe Malone a été hissée au sommet du Colisée de Québec[27].

Palmarès[modifier | modifier le code]

Coupe Stanley[modifier | modifier le code]

Meilleur pointeur[modifier | modifier le code]

  • 1917-18 avec 44 buts et 4 passes en 20 parties
  • 1919-20 avec 39 buts et 10 passes en 24 parties

Ligue nationale de hockey[modifier | modifier le code]

  • Record du plus grand nombre de buts en un match avec sept réalisations le 31 janvier 1920 contre les St. Patricks de Toronto
  • Record du plus grand nombre de matchs avec 5 buts ou plus : il inscrit cinq buts trois fois, six buts une fois et sept buts également une fois
  • Meilleure moyenne de buts par match pour une saison de la LNH avec 2,2 buts par rencontre (saison 1917-1918)

Statistiques[modifier | modifier le code]

Pour la signification des abréviations, voir statistiques du hockey sur glace.

Statistiques par saison[28]
Saison Équipe Ligue Saison régulière Séries éliminatoires
PJ  B   A  Pts Pun PJ  B   A  Pts Pun
1907-1908 Crescents de Québec QAHA
1908-1909 Bulldogs de Québec ECHA 12 8 0 8 17
1909-1910 Bulldogs de Québec CHA 3 5 0 5 2
Colts de Waterloo OPHL 12 10 0 10 16
1910-1911 Bulldogs de Québec ANH 13 9 0 9 3
1911-1912 Bulldogs de Québec ANH 18 21 0 21 0 2 5 0 5 0
Équipe des étoiles Exhib. 2 0 0 0 0
1912-1913 Bulldogs de Québec ANH 20 43 0 43 34 1 9 0 9 0
Exhib. 3 2 0 2 2
1913-1914 Bulldogs de Québec ANH 17 24 4 28 20
1914-1915 Bulldogs de Québec ANH 12 16 5 21 21
1915-1916 Bulldogs de Québec ANH 24 25 10 35 21
1916-1917 Bulldogs de Québec ANH 19 41 8 49 15
1917-1918 Canadiens de Montréal LNH 20 44 4 48 30 2 1 0 1 3
1918-1919 Canadiens de Montréal LNH 8 7 2 9 3 5 5 2 7 3
1919-1920 Bulldogs de Québec LNH 24 39 10 49 12
1920-1921 Tigers de Hamilton LNH 20 28 9 37 6
1921-1922 Tigers de Hamilton LNH 24 24 7 31 4
1922-1923 Canadiens de Montréal LNH 20 1 0 1 2 2 0 0 0 0
1923-1924 Canadiens de Montréal LNH 10 0 0 0 0
Totaux ANH 123 179 27 206 114 3 14 0 14 0
Totaux LNH 126 143 32 175 57 9 6 2 8 6

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Un gardien de but effectue un blanchissage quand il réussit à ne concéder aucun but durant tout le match. Il faut également qu'il soit le seul gardien de l'équipe à avoir joué.
  2. Le terme québécois de « chandail » correspond au terme francophone de « maillot ».

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (fr) « Rencontre avec Joe Malone jr. », sur quebecbulldogs.com,‎ 30 mars 2008 (consulté le 16 mars 2010).
  2. a, b et c Entretien entre Joe Malone Junior, fils du joueur, et Marc Durand, Webmestre de http://quebecbulldogs.com
  3. (fr) « Un autographe svp. », sur quebecbulldogs.com,‎ 24 janvier 2008 (consulté le 16 mars 2010).
  4. a et b « Joe Malone - Statistiques », sur www.nhl.com
  5. a, b, c, d, e et f (en) Kevin Shea, « One on One with Joe Malone », sur www.hhof.com,‎ 20 novembre 2009 (consulté le 16 mars 2010).
  6. (en) « Biographie de Malone », sur www.legendsofhockey.net (consulté le 16 mars 2010).
  7. (en) « Historique du trophée O'Brien », sur www.legendsofhockey.net (consulté le 14 mars 2010).
  8. (fr) « 13 mars 1912: version française du compte-rendu de la conquête de la Coupe Stanley de « Québec ». », sur quebecbulldogs.com,‎ 16 janvier 2008 (consulté le 16 mars 2010).
  9. (en) « Quebec Bulldogs 1911-1912 », sur legendsofhockey (consulté le 16 mars 2010).
  10. (fr) « Conquête de la coupe Stanley par les Bulldogs de Québec », sur bilan.usherbrooke.ca (consulté le 16 mars 2010).
  11. Dans Coleman, « The Trail of the Stanley Cup, Vol. 1, 1893–1926 inc. », page 125.
  12. Dans Hornby, « Les grands moments du Hockey », page 16.
  13. a et b (fr) « Joe Malone - Biographie, photos, statistiques et plus », sur le site historique des Canadiens de Montréal (consulté le 18 mars 2010).
  14. (en) « Liste des meneurs de la saison 1917-18 », sur www.hockeydb.com (consulté le 18 mars 2010).
  15. (fr) « Le premier champion compteur », sur le site historique des Canadiens de Montréal (consulté le 18 mars 2010).
  16. (fr) « Saison 1917-1918 - Description, photos, faits saillant et plus », sur le site historique des Canadiens de Montréal (consulté le 18 mars 2010).
  17. Dans Hornby, « Les grands moments du Hockey », page 18.
  18. a et b (fr) « Panthéon des sports canadiens - Profil de Malone », sur www.sportshall.ca (consulté le 19 mars 2010).
  19. (fr) « Saison 1918-1919 - Description, photos, faits saillant et plus », sur le site historique des Canadiens de Montréal (consulté le 18 mars 2010).
  20. Dans l'« Official Guide & Record Book / 2010 », page 208.
  21. a, b et c (fr) « Saison 1919-1920 - Description, photos, faits saillant et plus », sur le site historique des Canadiens de Montréal (consulté le 18 mars 2010).
  22. (en) « Liste des meneurs 1919-20 de la LNH », sur www.hockeydb.com (consulté le 19 mars 2010).
  23. (en) « Liste des meneurs 1920-21 de la LNH », sur www.hockeydb.com (consulté le 19 mars 2010).
  24. (en) « 2008 Playoff media guide », sur stanleycupplayoffs2008.com, Dan Diamond (consulté le 19 mars 2010), p. 59.
  25. Dans l'« Official Guide & Record Book / 2010 », page 179.
  26. (en) « Legends of Hockey - Induction Showcase - Year-By-Year Roll Call », sur www.hhof.com (consulté le 19 mars 2010).
  27. Histoire du Colisée, consulté en ligne le 21 novembre 2010.
  28. (en) « Joe Malone, statistics awards and career, honoured member », sur Legends of Hockey Net (consulté le 19 mars 2010).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Lance Hornby, Les grands moments du Hockey, Modus Vivendy,‎ 2005 (ISBN 2-89523-337-3)
  • (en) National Hockey League, Official Guide & Record Book / 2010, Triumph books,‎ 2010, 664 p. (ISBN 978-1-60078-303-6)
  • (en) Charles Coleman, The Trail of the Stanley Cup, Vol. 1, 1893–1926 inc., NHL,‎ 1966
  • Marc Durand, La Coupe à Québec - les Bulldogs et la Naissance du Hockey, Québec, Sylvain Harvey,‎ 2012, 160 p. (ISBN 978-2-923794-48-8)
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