Joseph Patrick Kennedy

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Joseph Patrick Kennedy
Image illustrative de l'article Joseph Patrick Kennedy
Fonctions
44e ambassadeur des États-Unis au Royaume-Uni
17 janvier 193822 octobre 1940
Prédécesseur Robert Worth Bingham
Successeur John Gilbert Winant
1er président de la Securities and Exchange Commission
19341935
Président Franklin Delano Roosevelt
Prédécesseur Poste créé
Successeur James M. Landis
Biographie
Date de naissance 6 septembre 1888
Lieu de naissance Boston, Massachusetts
Date de décès 18 novembre 1969
(à 81 ans)
Nationalité Américaine
Parti politique Parti démocrate
Conjoint Rose Fitzgerald
Diplômé de Harvard College
Religion Catholicisme romain

Joseph Patrick Kennedy Sr., né le 6 septembre 1888 et mort le 18 novembre 1969, est un homme politique et diplomate américain, père du président John Fitzgerald Kennedy et patriarche de la famille Kennedy.

Biographie[modifier | modifier le code]

L'homme[modifier | modifier le code]

Surnommé « Joe » par ses proches, Kennedy est né à Boston et est rapidement devenu, comme son père Patrick Kennedy II (1858-1929), un tavernier important membre local du Parti démocrate. Après avoir obtenu son diplôme de l'université Harvard en 1912, il épousa Rose Fitzgerald, la fille de John F. Fitzgerald, maire démocrate de Boston. Ensemble, ils eurent neuf enfants : Joseph Patrick Kennedy Jr., le futur président John F. Kennedy, Rosemary Kennedy, Kathleen Kennedy, Eunice Kennedy, Patricia Kennedy, Robert Francis Kennedy, Jean Kennedy et Edward Moore Kennedy.

Son infidélité était notoire, même à un âge avancé et avec des femmes beaucoup plus jeunes que lui[1]. Il entretint notamment une liaison avec Gloria Swanson en 1927-1930[2].

L'homme d'affaires[modifier | modifier le code]

Kennedy était un homme d'affaires prospère dont les activités couvrirent la construction de bateaux, la banque, le cinéma (la RKO), et la bourse. Il multiplia notamment sa fortune grâce à certaines méthodes, alors légales, qui consistaient à acheter en masse un titre pour faire gonfler son cours et le revendre avant l'éclatement de la bulle. Certains attribuent à cette pratique une partie de la responsabilité dans le krach de 1929 qui fut le point de départ de la Grande Dépression. Ironiquement, peu de temps après, il fut nommé premier président de la Securities and Exchange Commission (SEC), un « gendarme » des marchés financiers, organe nouvellement créé par le président Franklin Delano Roosevelt au sein duquel il fut notamment chargé d'interdire ces pratiques. Kennedy fit fortune durant les années 1930, pendant la prohibition. Il semble avoir réalisé de substantiels bénéfices en important illégalement de l'alcool ; il aurait été en relation avec la mafia de Chicago, qu'il sollicitera plus tard durant la campagne présidentielle de son fils, par l'intermédiaire de Sam Giancana[réf. nécessaire].

L'homme politique[modifier | modifier le code]

Au niveau politique national, Kennedy fit ses premières armes en soutenant Franklin Delano Roosevelt dans sa campagne pour la présidence en 1932, soutien dont il fut récompensé par la nomination à la tête de la SEC. Malgré les critiques à son égard[Quoi ?], Kennedy fit un bon travail à la tête de la SEC, ce grâce à sa connaissance des marchés financiers.

L'une de ses plus importantes réformes fut l'obligation faite aux sociétés de rendre régulièrement leurs comptes auprès de la SEC, règle qui brisait le monopole sur l'information que s'était construit la famille Morgan. Après avoir servi à ce poste plusieurs années, Kennedy démissionna en 1935. Le président Roosevelt lui demanda alors de présider la Commission maritime.

En 1938, il fut nommé ambassadeur des États-Unis au Royaume-Uni[3]. D'origine irlandaise, Kennedy avait peu de sympathie pour l'Angleterre. Au contraire, il voyait d'un œil favorable le mouvement America First dirigé par Charles Lindbergh, et d'autres activistes qui ne souhaitaient pas de guerre avec l’Allemagne d’Adolf Hitler. Il soutenait donc une politique isolationniste des États-Unis et appuyait la politique d'apaisement vis-à-vis d'Hitler de Neville Chamberlain[4]. Discrédité à Londres et à Washington, il démissionna de son poste en 1940, par suite de son opposition à la décision de Roosevelt d'impliquer le pays dans la Seconde Guerre mondiale[5].

Des espoirs reportés sur ses fils[modifier | modifier le code]

Kennedy nourrissait de grands espoirs politiques pour ses fils. Il destinait son fils aîné, Joseph Patrick Kennedy Jr., à devenir le premier président catholique des États-Unis. Mais Joseph Jr. fut tué au cours d'une mission aérienne pendant la guerre, et tous ses espoirs se reportèrent alors sur John, qui remporta l'élection présidentielle en 1960.

En 1961, Joseph Kennedy subit une attaque cérébrale qui le laissa hémiplégique.

L'assassinat de John en 1963 eut un effet terrible sur la famille et ce n'est qu'avec réticence que Joseph accepta de soutenir la candidature de son fils Robert à l’élection présidentielle de 1968, de peur de le perdre aussi. L'assassinat de Robert par Sirhan Sirhan pendant la campagne devait lui donner raison.

Joseph Kennedy mourut l'année suivante, le 18 novembre 1969, la veille de l'alunissage d'Apollo 12, deuxième mission du programme spatial lunaire que son fils avait lancé.

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

Joseph Kennedy est mis en scène dans la fiction uchronique Fatherland, de l'auteur britannique Robert Harris, où il est président des États-Unis. Dans le roman, il instaure en 1964 une détente entre l'Allemagne nazie et son pays, alors opposés par une Guerre froide alternative. Joe Kennedy est également un des protagonistes du roman de Marc Dugain, La malédiction d'Edgar qui se présente comme les mémoires de l'ancien numéro 2 du FBI, Clyde Tolson.

Télévision[modifier | modifier le code]

Annexe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. John F. Kennedy, les liaisons dangereuses, reportage TV, par Harvey Lilley, 2006.
  2. Thomas C.Reeves, Le Scandale Kennedy, la fin d'un mythe, Plon 1992, p. 43
  3. Joseph Kennedy, homme d’affaires richissime, mais catholique irlandais rejeté par la bonne société dirigeante de Boston, avait pour grande ambition de devenir ambassadeur des États-Unis en Grande-Bretagne. La vraie mission de la famille était pour lui la conquête du pouvoir politique. L’ambassade de Londres était sans conteste à l’époque le poste le plus prestigieux de la diplomatie américaine. Depuis la Création des États-Unis, cinq de ses occupants étaient devenus présidents … De son côté, le président Roosevelt avait besoin d’établir des ponts avec les milieux d’affaires où ses projets sociaux étaient jugés inquiétants - Source : John Fitgerald Kennedy, enfance et adolescence de Claude Moisy.
    Il passa des mois à faire pression avec l’aide du fils du président Roosevelt, qui quatre ans plus tôt l’avait accompagné à Londres, où Joe avait signé d’importants contrats … - Source : La face cachée du clan Kennedy de Seymour Hersh
  4. En décembre 1937, Kennedy fut nommé ambassadeur à Londres où il se rendit plein d’ambitions. On a plus d’une fois fait le récit de son épopée londonienne : brève lune de miel avec la presse et le grand public britanniques, rapidement suivie d’une impitoyable descente aux enfers : il fut vilipendé pour son défaitisme (il était convaincu que l’Angleterre n’avait ni la volonté ni les moyens militaires de vaincre l’Allemagne nazie). Les documents du ministère allemand des Affaires étrangères, publiés après la guerre, montrent que Kennedy, chercha longtemps à obtenir une entrevue avec Hitler, et ce à la veille du Blitzkrieg nazi, pour parvenir à une meilleure compréhension entre les États–Unis et l’Allemagne. Son objectif était de tenir l’Amérique à l’écart d’une guerre dont il était convaincu qu’elle provoquerait l’effondrement du capitalisme. Rien ne montre que Kennedy ait compris, avant la guerre, qu’arrêter Hitler était un impératif moral... - Source : La face cachée du clan Kennedy de Seymour Hersh
  5. Pour régler le problème de l’antisémitisme nazi, Kennedy fait circuler à Londres et à Washington un plan de retrait de tous les juifs d’Allemagne avec leur réinstallation en Afrique et en Amérique Latine. Roosevelt commence à en avoir assez de cet encombrant ambassadeur. De Londres, il adresse des lettres confidentielles périodiques à une demi douzaine de commentateurs influents pour promouvoir ses thèses isolationnistes et pacifistes. Croyant depuis longtemps que Roosevelt n’oserait jamais passer outre à la tradition en se présentant à un troisième mandat, il s’est pris à rêver de la Maison-Blanche pour lui même … La déclaration de guerre en Europe en septembre 1939 précipite le discrédit de Joseph Kennedy à Londres aussi bien qu’à Washington … Alors que la drôle de guerre se traîne en Europe, l’ambassadeur est rappelé pour trois mois « en consultation » à Washington … Jo Kennedy repart à Londres en février 1940 … Il est devenu un ambassadeur dévalué mais Roosevelt préfère le laisser à l’écart de la scène politique nationale et le maintient à Londres … Il doit harceler le département d’état pendant des mois avant d’être autorisé à quitter son poste deux semaines avant l’élection présidentielle de novembre 1940. Roosevelt est facilement réélu. L’isolationnisme est définitivement en perte de vitesse… Joseph Kennedy démissionne de son poste d’ambassadeur et annonce qu’il ne se mêlera plus à la vie politique. - Source : John F. Kennedy de Claude Moisy

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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