Jinmu

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Jinmu Tennō (神武天皇?)
Image illustrative de l'article Jinmu
Titre
1er empereur du Japon
-660-585
75 ans
Prédécesseur Nouvelle fonction
Successeur Suizei
Biographie
Dynastie Lignée Yamato
Date de naissance 1er janvier 711 av. J.-C.
Date de décès 11 mars 585 av. J.-C. (à 126 ans)
Lieu de décès Japon

Jinmu
Empereurs du Japon
L'empereur Jinmu représenté par Tsukioka Yoshitoshi (1839-1892).

L'empereur Jinmu (神武天皇, Jinmu Tennō?), fondateur mythique du Japon, est considéré comme le descendant de la déité shinto Amaterasu. La maison impériale actuelle du Japon fonde ses droits au Trône du chrysanthème sur sa descendance directe de Jinmu.

Tradition[modifier | modifier le code]

Selon la tradition décrite dans le Kojiki (Récit des faits anciens, ouvrage considéré comme le tout premier écrit du Japon) et le Nihon Shoki, Jinmu est né le 1er janvier 711 av. J.-C., mort le 11 mars 585 av. J.-C. et fonde l'empire du Japon le 11 février 660 av. J.-C.[1]. Comme les autres premiers empereurs du Japon, son existence historique n'est pas attestée et sa vie relève surtout de la mythologie. Jinmu, qui signifie « puissance divine », est un nom posthume, de forme chinoise et d'inspiration bouddhiste, attribué au VIIIe siècle à Kamu Yamato Iware Hiko no Mikoto lors de la compilation des légendes Yamato dans le Kojiki.

Ascendance[modifier | modifier le code]

Selon la croyance shinto, Jinmu est considéré comme un arrière-arrière-arrière-petit-fils de la déesse du soleil Amaterasu. Celle-ci avait un fils nommé Ame no Oshihomimi no Mikoto et à travers lui un petit-fils Ninigi-no-Mikoto. Elle envoie son petit-fils dans l'archipel japonais où il épouse la princesse Konohana-Sakuya. L'un de leurs trois enfants est Hikohohodemi no Mikoto, aussi appelé Yamasachi-hiko, qui épouse la princesse Toyotama, fille d'Owatatsumi, dieu de la mer et frère d'Amaterasu. Ils ont un fils nommé Hikonagisa Takeugaya Fukiaezu no Mikoto. L'enfant, abandonné par ses parents à la naissance, est élevé par la princesse Tamayori, la jeune sœur de sa mère. Ils finissent par se marier et ont quatre enfants, dont le dernier devient l'empereur Jinmu.

Migration[modifier | modifier le code]

Toujours selon le Kojiki et le Nihonshoki (dont les récits diffèrent cependant en de nombreux points), les frères de Jinmu, nés à Takachiho (au sud de Kyūshū, dans l'actuelle préfecture de Miyazaki), émigrent dans l'est pour trouver un meilleur endroit où s'implanter pour régner sur la région. Itsuse no Mikoto, frère aîné de Jinmu, est le dirigeant initial de la migration, et ils traversent la mer intérieure de Seto avec l'aide du chef tribal local Sao Netsuhiko. Alors qu'ils atteignent Naniwa (l'actuelle Ōsaka), ils rencontrent une farouche résistance de la part d'un autre chef local, Nagasunehiko (« Homme aux longues jambes ») et Itsuse est tué dans la bataille. Jinmu, considérant qu'ils avaient perdu car ils avaient combattu vers l'est, contre le soleil, décide par conséquent de débarquer à l'est de la péninsule de Kii et de combattre tourné vers l'ouest. Ils atteignent Kumano, et guidés par Yatagarasu (八咫烏?, « corbeau aux huit envergures »), se rendent à Yamato, où ils affrontent à nouveau Nagasunehiko et, cette fois, remportent la victoire.

Au Yamato, Nigihayahi no Mikoto, qui clame aussi être un descendant des dieux de Takamagahara, est le protégé de Nagasunehiko. Cependant, quand Nigihayahi rencontre Jinmu, il accepte sa légitimité, et Jinmu est couronné empereur au palais de Kashihara.

Le jour de l'an du calendrier luni-solaire japonais est traditionnellement célébré comme le début du règne de l'empereur Jinmu. En 1872, le gouvernement de Meiji proclame que le jour de la fondation du Japon est le 11 février -660 du calendrier grégorien. Cette date mythique est commémorée par le jour férié Kigensetsu (« jour de l'ère ») de 1872 à 1948, puis sous celui de Kenkoku Kinen no hi (« jour de la fondation nationale ») depuis 1966.

Légende[modifier | modifier le code]

Jinmu aurait reçu d'Amaterasu trois objets extraordinaires : un miroir magique lui permettant de voir toutes les iles du Pacifique, un bijou et une épée. Ces trois objets seraient, de nos jours encore, cachés dans trois sanctuaires différents au Japon.

L'empereur et la propagande Shōwa[modifier | modifier le code]

Cérémonie d'inauguration de la tour du Hakkō ichi'u à Miyazaki, lieu où selon la légende se trouvait le palais mythique de l'empereur Jinmu. Le terme était écrit sur la face du monument avec la calligraphie du Prince Yasuhito Chichibu.

Dès 1928, l'empereur Shōwa devint associé au renouveau du principe du Hakkō ichi'u, les huit coins du monde sous un seul toit. Cette expression avait été employée selon le Nihon Shoki par Jinmu pour décrire son destin « d'unifier le monde sous sa gouverne bienveillante[2] » et devint le fondement de l'expansionnisme du Japon Shōwa[3].

En 1940, le Japon célébra en grande pompe le Kigensetsu, coïncidant avec le 2600e anniversaire de la fondation mythique de la nation[4].

Sujin[modifier | modifier le code]

Le dixième empereur, Sujin, est comme Jinmu désigné sous le nom de Hatsu Kuni Shirasu no Mikoto, « premier souverain gouvernant le pays », et les deux peuvent donc être identifiés l'un à l'autre, ce qui placerait sa vie au IIIe siècle.[réf. nécessaire]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pour des explications supplémentaires à propos de ces dates, se reporter à l'article Datation traditionnelle du Japon
  2. Earhart, David C. (2007). Certain Victory, p. 63.
  3. Bix, Herbert. (2001). Hirohito and the Making of Modern Japan, p. 201.
  4. Brownlee, John. Japanese Historians and the National Myths, 1600-1945: The Age of the Gods, pp. 136, 180-185.

Source de la traduction[modifier | modifier le code]