Jianzhen

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Jianzhen ou Ganjin (鉴真 ou 鉴真; 688-763) était un moine chinois qui a contribué à propager le bouddhisme au Japon. En l'espace de onze ans, de 743 à 754, il essaya près de six fois de se rendre dans ce pays.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jianzhen naquit près de Jiangyin à Guangling (aujourd'hui Yangzhou, Jiangsu) ; son nom de famille était Chunyu (淳于). À l'âge de quatorze ans, il entra dans l'église bouddhiste comme élève du Temple de Daming (大明寺). A vingt ans, il se rendit à Chang'an pour étudier et revint six ans plus tard, devenant finalement abbé du Temple de Daming. Outre son apprentissage en Tipitaka, Jianzhen passe pour avoir été un connaisseur en médecine. Il ouvrit l'église bouddhiste comme un lieu de cure, créant la Cour de Beitian (悲 田 院), un hôpital dans le Temple de Daming.

À l'automne 742, un émissaire du Japon invita Jianzhen à donner des conférences dans ce pays. Malgré les protestations de ses disciples, Jianzhen se prépara au départ et, au printemps 743, était prêt pour le long voyage qui devait le conduire au Japon en franchissant la mer de Chine orientale. La traversée échoua et, les années suivantes, Jianzhen recommença trois tentatives mais fut empêché, soit par des conditions défavorables soit par l'intervention du gouvernement.

Dans l'été 748, Jianzhen fit sa cinquième tentative pour atteindre le Japon. Partant de Yangzhou, il passa par l'archipel de Zhoushan au large de la côte de l'actuel Zhejiang. Mais le vaisseau fut détourné de sa route et se retrouva dans la commanderie de Yande (延 德) sur l'île de Hainan (海南岛). Jianzhen fut alors contraint de revenir par terre à Yangzhou, enseignant en chemin dans un certain nombre de monastères. Il voyagea pour cela le long de la rivière Gan jusqu'à Jiujiang, puis en aval du fleuve Yangtze. L'entreprise manquée lui avait pris au total près de trois ans. Au moment où il revint à Yangzhou, il était devenu aveugle à la suite d'une infection.

À l'automne 753, il décida, bien qu'aveugle, d'embarquer dans un navire de diplomates japonais qui revenait dans son pays d'origine. Après un voyage en mer mouvementée qui dura plusieurs mois, le groupe toucha terre enfin à Kagoshima, Kyūshū le 20 décembre et, au printemps de l'année suivante, arriva à Nara où il fut accueilli par l'empereur. A Nara, Jianzhen fut mis à la tête du Tōdai-ji (東大寺), qui comptait alors parmi les plus anciens établissements bouddhistes au Japon. Les moines chinois qui voyageaient avec lui présentèrent la sculpture religieuse chinoise aux Japonais. En 755, la première plate-forme d'ordination du Japon fut construite à Todai-ji, à l'endroit où l'ancien empereur Shōmu et l'impératrice Kōmyō avaient reçu un an plus tôt l'ordination par Jianzhen. En 759, il se retira dans un morceau de terrain que lui avait accordé la cour impériale dans la partie ouest de Nara. Il y fonda une école et créa également un temple privé, le Tōshōdai-ji. Les dix ans, qui précédèrent sa mort au Japon, lui servirent non seulement à propager la foi bouddhiste parmi l'aristocratie, mais également à transmettre d'importantes parties de la culture chinoise.

Jianzhen mourut le 6ème jour du 5ème mois de 763. Une statue de lui en laque sèche, faite peu de temps après sa mort, peut encore se voir au Tōshōdai-ji[1]. Reconnue comme l'une des plus grandes de son genre, elle fut en 1980 prêtée temporairement au temple d’origine de Jianzhen à Yangzhou dans le cadre d'un échange amical entre le Japon et la Chine.

On attribue à Jianzhen l'introduction au Japon de l'école de bouddhisme Ritsu, qui se concentre sur le Vinaya, c'est-à-dire les règles monastiques bouddhistes.

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Page d'accueil du Tōdai-ji (en japonais) [1]
  • Page d'accueil du Tōshōdai-ji (en japonais) [2]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La statue n’est visible au public que pendant un nombre de jours limité, aux alentours de l’anniversaire de la mort de Jianzhen (en 2007 du 2 au 10 juin selon les prévisions).