Jeux olympiques d'hiver de 1976

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Jeux olympiques d'hiver de 1976
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Localisation
Pays hôte Drapeau de l'Autriche Autriche
Ville hôte Innsbruck
Date Du 4 au 15 février 1976
Ouverture officielle par Rudolf Kirchschläger
Président fédéral de la République d’Autriche
Participants
Pays 27
Athlètes 1 123
(892 masc. et 231 fém.)
Compétition
Nombre de sports 6
Nombre de disciplines 10
Épreuves 37
Symboles
Serment olympique Werner Delle-Karth
Bobeur autrichien
Flamme olympique Christl Haas et Josef Feistmantl
Skieur alpin et lugeur
Mascotte Schneemann, le bonhomme de neige
Précédent 1972 Les cinq anneaux olympiques de cinq couleurs différentes 1980 Suivant

Les XIIes Jeux olympiques d’hiver ont eu lieu, pour la deuxième fois en 12 ans, à Innsbruck (Autriche) en 1976.

Faits marquants[modifier | modifier le code]

  • John Curry obtient le score le plus élevé de l'histoire du patinage artistique messieurs.
  • La skieuse allemande Rosi Mittermaier passe tout près de réaliser le triplé en ski alpin. Victorieuse de la descente puis du slalom, elle manque pour douze centièmes le titre en slalom géant qui lui aurait permis d'égaler Toni Sailer et Jean-Claude Killy. Elle repart toutefois d'Innsbruck avec deux médailles d'or et une d'argent.
  • Attendue par tout un peuple, la victoire de Franz Klammer en descente est acquise au terme d'un duel épique avec le champion olympique de Sapporo, Bernhard Russi. L'Autrichien dépasse les 100 km/h de moyenne sur le tracé.
  • La danse sur glace fait ses débuts olympiques.
  • L'Américain Terry Kubicka réussit le tout premier saut périlleux arrière dans l'histoire du patinage artistique.

Contexte[modifier | modifier le code]

Sélection de la ville hôte[modifier | modifier le code]

Quatre villes déclare leur candidature pour organiser les Jeux olympiques d'hiver de 1976 : Denver (États-Unis), Sion (Suisse), Tampere (Finlande) et Vancouver (Canada). Denver est la favorite. La plupart des installations étant déjà existantes, les organisateurs prévoient que les Jeux ne coûteraient que 14 millions de dollars, ce qui est avantage auprès du CIO[1]. Le 12 mai 1970, pendant sa 69e session organisée à Amsterdam, le CIO attribue les Jeux à Denver. Au troisième tour du vote, la capitale du Colorado reçoit 39 voix alors que Sion en recueille 30[2].

Après avoir obtenu les Jeux, le comité d'organisation de Denver est confronté à plusieurs problèmes. La population du Colorado découvre que l'estimation des coûts a été calculée selon des données incorrectes et une partie des contribuables accordent plus d'importance aux problèmes économiques de l'état qu'aux Jeux olympiques. Par ailleurs, les écologistes estiment que la construction des sites sportifs aurait un impact environnemental trop important dans les Montagnes Rocheuses. Le gouverneur John Love manque de soutien tant parmi les politiques que parmi la population. Lors d'un référendum voté le 7 novembre 1972, la population de l'état refuse par environ 60 % des voix une subvention de 5 millions de dollars destinée à assurer le financement des Jeux. Denver doit alors abandonner les Jeux de 1976[2],[3].

Cette affaire menace de provoquer la fin des Jeux d'hiver. Le président du CIO Avery Brundage, hostile aux Jeux d'hiver à cause de leur commercialisation croissante, est heureux en constatant les problèmes de Denver. En 1972, il déclare qu'il espère que « les Jeux olympiques d'hiver aient un enterrement convenable à Denver ». Lord Killanin, qui le remplace en 1972 à la tête du CIO, est cependant déterminer à poursuivre les Jeux d'hiver. Une dizaine de villes dont Sion, Tampere et Vancouver déclarent leur intérêt pour reprendre l'organisation des Jeux de 1976. Le CIO se réunit à Lausanne (Suisse) le 4 février 1973 et annonce qu'Innsbruck, en Autriche, accueillera les Jeux d'hiver de 1976. Cette ville a organisé avec succès les Jeux de 1964 et dispose encore des sites sportifs utilisés lors de ces Jeux[2],[3].

Contexte historique[modifier | modifier le code]

Les Jeux d'Innsbruck sont les premiers organisés depuis la prise d'otages des Jeux olympiques de Munich en 1972, quand des terroristes palestiniens ont assassiné onze athlètes israéliens. De plus, une prise d'otages qui a lieu six semaines avant les Jeux au siège de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole à Vienne augmente les tensions internationales. Le comité d'organisation adapte donc les moyens consacrés à la sécurité pour éliminer toute menace et cinq mille policiers et soldats sont réquisitionnés. Ils patrouillent armés et en tenue de combat afin de montrer leur présence. Le village olympique est très surveillé : les entrées et les sorties sont contrôlées et des portes métalliques contenant des capteurs électroniques entourent le complexe[4],[5].

Organisation[modifier | modifier le code]

Comité d'organisation[modifier | modifier le code]

Le « Comité d'organisation des XIIes Jeux olympiques d'hiver Innsbruck 1976 » est constitué le 28 mars 1973, soit moins de deux mois après l'attribution des Jeux à Innsbruck. Le ministre fédéral de l'Enseignement et des Arts Fred Sinowatz en est le président alors que le maire de la ville d'Innsbruck Alois Lugger en est le vice-président. Karl-Heinz Klee est nommé au poste de secrétaire général. Le comité d'organisation est composé de l'assemblée générale, qui comprend les autorités et les organisations sportives autrichiennes, du bureau directeur, constitué notamment du président, du vice-président et du secrétaire général ainsi que du membre autrichien du CIO Rudolf Nemetschke (de), du comité exécutif et de diverses commissions chargées de gérer les différents aspects des Jeux[6].

Aspects financiers[modifier | modifier le code]

La réutilisation des sites construits pour les Jeux de 1964 de limiter les dépenses. En effet, les Jeux de 1976 coûtent au total 148 millions de dollars américains, soit environ sept fois moins que ceux de 1972[7].

Les installations sportives coûtent 230 millions de schillings : les autorités fédérales paient 200 millions de schillings, dont 110 pour la nouvelle piste de luge, 40 pour la remise en état du stade de glace et la construction de la piste de patinage de vitesse, 14 pour le hall de la foire et le hall provisoire et 12,7 pour les tremplins de saut à ski. La ville d'Innsbruck dépense quant à elle 20 millions pour les pistes de ski alpin et de ski de fond, alors que la Société du Stade olympique participe à la modernisation du stade de glace à hauteur de 10 millions. Le village olympique, financé par la ville, nécessite un investissement de 394 millions[8].

Le comité d'organisation a 334 millions de dépenses et 274 millions de recettes ; il termine donc avec un déficit de 60 millions, comme prévu avant les Jeux. Ses dépenses comprennent notamment l'équipement des sites sportifs, le matériel, les installations pour les médias et les frais de personnel alors que ses recettes proviennent des droits de télédiffusion (141 millions), des billets d'entrée (81 millions), de la loterie olympique (22 millions), des timbres-poste spéciaux (15 millions) et des participations des pays participants (15 millions)[8].

Les droits de télédiffusion rapportent au total 11,6 millions de dollars américains, soit 208 millions de schillings répartis entre le comité d'organisation (141 millions) et le CIO (66,5 millions), alors qu'ils étaient de 8,5 millions de dollars quatre ans plus tôt. Les Jeux d'Innsbruck sont diffusés dans 38 pays (trois de moins qu'en 1972)[9],[10].

Symboles[modifier | modifier le code]

La mascotte de la compétition.

L'emblème des Jeux de 1976 est inspiré des armes d'Innsbruck, qui représentent le pont sur l'Inn ayant donné son nom à la ville. Le pont et les cinq anneaux symbolisent l'amitié et la compréhension entre les peuples[11]. La mascotte choisie par le comité olympique autrichien est un bonhomme de neige portant un chapeau rouge appelé Schneemann en allemand[12].

Nations participantes[modifier | modifier le code]

Un total de trente-sept nations envoie des athlètes à Innsbruck, soit deux de plus qu'à Sapporo en 1972. Le nombre d'athlètes est de 1 123, contre 1 006 quatre ans plus tôt[13],[14]. L'Andorre fait ses débuts olympiques alors que Saint-Marin participe pour la première fois aux Jeux d'hiver. Le Chili, l'Islande et la Turquie retrouvent cette compétition après l'avoir manquée en 1972. En revanche, la Corée du Nord, la Mongolie et les Philippines, qui ont participé à Sapporo, ne concourent pas à Innsbruck[15].

Le nombre indiqué entre parenthèses est le nombre d'athlètes engagés dans les épreuves officielles pour chaque pays[16]

Déroulement[modifier | modifier le code]

Calendrier[modifier | modifier le code]

Les Jeux olympiques d'hiver de 1976 se déroulent du mercredi 4 au dimanche 15 février. Ils s'étendent donc sur douze jours et deux week-ends, comme les éditions précédentes. En revanche, c'est la première fois que les matchs éliminatoires du tournoi de hockey sur glace ont lieu avant la cérémonie d'ouverture, les 2 et 3 février[17]. Trente-sept épreuves sont au programme contre trente-cinq à Sapporo quatre ans plus tôt ; les nouvelles épreuves sont la danse sur glace en patinage artistique et le 1 000 mètres masculin en patinage de vitesse[2].

 CO  Cérémonie d'ouverture   ●  Épreuve(s)  1  Finale d'épreuve officielle[N 1]  CC  Cérémonie de clôture
Calendrier des épreuves
février 1976 2
Lun
3
Mar
4
Mer
5
Jeu
6
Ven
7
Sam
8
Dim
9
Lun
10
Mar
11
Mer
12
Jeu
13
Ven
14
Sam
15
Dim
Épreuves
Cérémonies CO CC
Logo du biathlon Biathlon 1 1 2
Logo du bobsleigh Bobsleigh 1 1 2
Logo du combiné nordique Combiné nordique ●  1 1
Logo du hockey sur glace Hockey sur glace ●  ●  ●  ●  ●  ●  ●  ●  ●  ●  ●  1 1
Logo de la luge Luge ●  ●  ●  2 1 3
Logo du patinage artistique Patinage artistique 1 1 1 1 4
Logo du patinage de vitesse Patinage de vitesse 1 1 1 1 1 1 1 1 1 9
Logo du saut à ski Saut à ski 1 1 2
Logo du ski alpin Ski alpin 1 1 1 1 1 1 6
Logo du ski de fond Ski de fond 1 1 1 1 2 1 7
Nombre de finales 0 0 0 3 3 6 3 3 3 3 3 4 5 1 37
Total 0 0 0 3 6 12 15 18 21 24 27 31 36 37 37[18]

Conditions météorologiques avant les Jeux[modifier | modifier le code]

Comme en 1964, la neige manque avant les Jeux. Les organisateurs transportent 1 000 camions de neige depuis le col du Brenner. De fortes chutes de neige arrivent cependant une semaine avant la cérémonie d'ouverture, ce qui règle le problème[19].

Cérémonie d'ouverture[modifier | modifier le code]

La cérémonie d'ouverture se déroule le 4 février au stade du tremplin de Bergisel devant environ 60 000 spectateurs. L'ouverture des Jeux est proclamée par le président de la République d'Autriche Rudolf Kirchschläger. Le serment des athlètes est prononcé par le bobeur Werner Delle-Karth et celui des arbitres par Willi Köstinger. La flamme olympique, allumée à Olympie (Grèce) le 30 janvier 1976[20], arrive à Innsbruck après un relais passant par toutes les provinces autrichiennes[21]. Pour la première fois aux Jeux d'hiver, deux vasques sont allumées : une pour les Jeux de 1964 et l'autre pour les Jeux de 1976. Elles sont embrasées par deux champions olympiques de 1964, le lugeur Josef Feistmantl et la skieuse Christl Haas[2],[22].

Épreuves[modifier | modifier le code]

Biathlon[modifier | modifier le code]

Les deux épreuves de biathlon, le 20 kilomètres individuel et le relais 4 × 7,5 kilomètres, se déroulent à Seefeld in Tirol. Le Soviétique Nikolay Kruglov, vice-champion du monde en 1975, remporte le 20 kilomètres avec deux minutes de pénalité. Le Finlandais Heikki Ikola, champion du monde en titre, est deuxième avec 1 minute et 42 secondes de retard alors qu'un autre Soviétique, Aleksandr Yelizarov, termine troisième à 11 secondes d'Ikola. Alexandre Tikhonov est en tête pendant une grande partie de la course, mais il manque complètement sa dernière séance de tirs et termine au cinquième rang[23].

Déjà vainqueurs en 1968 et en 1972, les Soviétiques sont les grands favoris du relais. Yelizarov, Byakov, Kruglov et Tikhonov apportent un nouveau titre à leur pays en réussissant tous leurs tirs. Les Finlandais terminent le premier tour au septième rang, mais ils remontent et terminent deuxièmes à quatre minutes des vainqueurs. La bataille pour la médaille de bronze est plus serrée. Le dernier relayeur est-allemand, Manfred Geyer, remonte du septième au quatrième rang puis dépasse les Allemands de l'Ouest juste avant l'arrivée[24].

Bobsleigh[modifier | modifier le code]

Les deux épreuves de bobsleigh sont disputées sur la piste d'Igls. Les Est-Allemands, qui ont étudié la piste pour trouver les lignes idéales, remportent les deux médailles d'or[25].

L'Allemagne de l'Est participe aux épreuves de bobsleigh dès l'hiver 1972-1973. Ce pays investit beaucoup pour développer une équipe de bobsleigh constituée d'anciens athlètes ; l'ancien lanceur de javelots Meinhard Nehmer et le décathlonien Bernhard Germeshausen obtiennent rapidement des bons résultats malgré leur faible expérience. Ils s'améliorent au fil des ans et, à Innsbruck, ils deviennent champions olympiques de bob à deux en remportant les trois dernières manches. Le bob ouest-allemand de Wolfgang Zimmerer, champion olympique en 1972, est médaillé d'argent et le bob suisse d'Erich Schärer remporte la médaille de bronze. Le bob Autriche II, vainqueur de la première manche, termine au quatrième rang à quatre centièmes de la médaille de bronze[26].

Les Est-Allemands dominent également l'épreuve de bob à quatre. Nehmer et Germeshausen accompagnés de Jochen Babock et Bernhard Lehmann remportent les deux premières manches. Le Suisse Erich Schärer réalise les meilleurs temps des deux dernières manches, mais il doit se contenter de la médaille d'argent. L'Ouest-Allemand Wolfgang Zimmerer remporte quant à lui la médaille de bronze[27]. À 35 ans, Meinhard Nehmer est le troisième pilote à devenir champion olympique en bob à deux et à quatre la même année après l'Allemand Andreas Ostler en 1952 et l'Italien Eugenio Monti en 1968[28].

Combiné nordique[modifier | modifier le code]

Les athlètes font d'abord trois sauts sur le tremplin de Bergisel à Innsbruck, les deux meilleurs étant comptabilisés. Le lendemain, ils font une course de ski de fond de 15 kilomètres à Seefeld in Tirol. Le classement est établi selon un système de points[29].

L'Est-Allemand Ulrich Wehling, champion olympique et champion du monde en titre, est le grand favori de l'épreuve. Il confirme ce statut puisqu'il est le meilleur lors de chacun des trois sauts. Le Finlandais Rauno Miettinen ainsi que les Est-Allemands Claus Tuchscherer et Konrad Winkler le suivent au classement après les sauts. Wehling parvient rester premier en étant treizième du ski de fond. Il est le deuxième athlète à conserver son titre dans cette épreuve après le Norvégien Johan Grøttumsbråten en 1932. En revanche, l'Ouest-Allemand Urban Hettich crée la surprise : onzième après les sauts, il est le plus rapide lors de la course de ski de fond et remonte à la deuxième place. Konrad Winkler gagne la médaille de bronze alors que Rauno Miettinen et Claus Tuchscherer sont respectivement quatrième et cinquième[30].

Hockey sur glace[modifier | modifier le code]

Les matchs de hockey sur glace sont disputés dans l'Olympiaeisstadion et la Messehalle. Les douze équipes participantes jouent d'abord un match pour déterminer leur groupe pour la suite de la compétition : le groupe A (qui attribuent les places 1 à 6) ou dans le groupe B (places 7 à 12). Ensuite, chaque équipe affronte les cinq autres de son groupe. Les joueurs de la Ligue nationale de hockey ne peuvent pas participer aux Jeux car le CIO les considère comme professionnels ; le Canada n'envoie donc pas d'équipe à Innsbruck. Comme plusieurs des meilleurs joueurs suédois sont professionnels depuis peu, la Suède ne participe pas non plus[31],[32].

Aucune surprise n'a lieu lors des premiers matchs et les favoris se retrouvent tous dans le groupe A. Les Soviétiques et les Tchécoslovaques remportent leurs quatre matchs avant de s'affronter le dernier soir des Jeux. Le capitaine tchécoslovaque František Pospíšil est choisi pour un contrôle après le match contre la Pologne, et son entraîneur avoue qu'il a pris un médicament à base de codéine autorisé par la Fédération internationale de hockey sur glace mais interdit par le CIO. Le match est annulé, mais cette décision n'est annoncée qu'après le dernier match pour ne pas réduire le suspense. Lors ce match, la Tchécoslovaquie mène sur le score de 3-2 dans la troisième période. Aleksandr Iakouchev égalise à cinq minutes de la fin et Valeri Kharlamov marque le 4-3 vingt-quatre secondes plus tard. Les Soviétiques remportent ce match et une quatrième médaille d'or olympique consécutive alors que les Tchécoslovaques sont médaillés d'argent comme en 1968[33],[34]. Derrière, trois équipes sont à égalité avec quatre points : l'Allemagne de l'Ouest, la Finlande et les États-Unis. Pour les départager, on prend en compte la différence de buts dans les matchs opposant ces équipes puis le rapport entre les buts marqués et encaissés dans ces matchs. L'Allemagne de l'Ouest et la Finlande ont tous les deux une différence de + 1, mais les Allemands (7/6) ont un meilleur rapport que les Finlandais (9/8) et reçoivent la médaille de bronze[35].

Luge[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Luge aux Jeux olympiques de 1976.

Les trois épreuves de luge sont disputées sur la piste d'Igls. Pour la première fois, les compétitions olympiques de luge sont courues sur de la glace artificielle. Les Est-Allemands dominent la compétition comme en 1972 et remportent les trois médailles d'or ainsi qu'une d'argent et une de bronze[36]. L'équipe d'Allemagne de l'Ouest innove en utilisant des casques de forme ovoïde, plus aérodynamiques. Ils obtiennent trois médailles[37].

Dans la compétition individuelle masculine, l'Est-Allemand Dettlef Günther est le plus rapide dans trois des quatre manches et remporte la médaille d'or. Son compatriote Hans Rinn, champion du monde de 1973, est favori de la compétition mais il doit se contenter de la troisième place finale après une grosse erreur dans la première manche. Le double champion du monde ouest-allemand Josef Fendt termine au deuxième rang avec une demi-seconde de retard sur Günther. L'épreuve est marquée par les deux accidents du Taïwanais Huang Liu-Chong, qui est dernier avec plus d'une minute de retard sur l'avant-dernier[38].

L'Est-Allemande Margit Schumann, triple championne du monde et d'Europe en titre, est largement favorite de l'épreuve féminine. Elle n'est que cinquième après deux manches mais remporte les deux suivantes et remporte la médaille d'or. Sa compatriote Ute Rührold remporte sa deuxième médaille d'argent consécutive, et l'Ouest-Allemande Elisabeth Demleitner termine au troisième rang[39].

L'Allemagne de l'Est présente deux équipes lors de la compétition en double : les favoris Bernd et Ulli Hahn, doubles champions du monde en titre, ainsi que Norbert Hahn et Hans Rinn. Les frères Hahn se loupent dès la première manche et terminent au 16e rang. Leurs compatriotes remportent quant à eux la médaille d'or devant les Ouest-Allemands Hans Brandner et Balthasar Schwarm et les Autrichiens Rudolf Schmid et Franz Schachner[40].

Patinage artistique[modifier | modifier le code]

Les épreuves de patinage artistique se déroulent à l'Olympiaeisstadion. Pour la première fois, la danse sur glace fait partie du programme olympique. Cette discipline est représentée aux Championnats du monde depuis 1952 et des démonstrations ont eu lieu aux Jeux olympiques de 1948 et 1968[41].

La compétition masculine est annoncée comme un duel entre le Britannique John Curry et le Soviétique Vladimir Kovalev. Curry, qui a développé un style plus technique pour satisfaire les juges, prend la tête du classement après le programme court puis gagne le programme libre. Sept des neuf juges le placent en première position et il remporte la médaille d'or. Kovalev est sixième du programme court et quatrième du programme libre mais il obtient la médaille d'argent grâce aux mauvaises performances de ses concurrents directs. Le Canadien Toller Cranston est troisième. L'Américain Terry Kubicka est le premier à réaliser un saut périlleux arrière aux Jeux olympiques[42],[43]. L'Américaine Dorothy Hamill, entraînée comme John Curry par Carlo Fassi, remporte les programmes libre et court et est déclarée championne olympique à l'unanimité. Elle devance les championnes du monde de 1975 et 1974, la Néerlandaise Dianne de Leeuw et l'Est-Allemande Christine Errath[44],[45]. La Soviétique Irina Rodnina, championne olympique quatre ans plus tôt en couple avec Alexeï Oulanov, s'est associée à Aleksandr Zaïtsev. Déjà trois fois champions du monde, ils survolent la compétition olympique et les neufs juges les classent au premier rang. Deux couples est-allemands, Romy Kermer et Rolf Österreich ainsi que Manuela Groß et Uwe Kagelmann, obtiennent les médailles d'argent et de bronze[46]. La danse sur glace fait son entrée aux Jeux et séduit le public malgré les nombreuses chutes. Les Soviétiques Lioudmila Pakhomova et Aleksandr Gorchkov, mari et femme, ont remporté les cinq derniers Championnats du monde. Après une très bonne performance, ils s'adjugent la médaille d'or devant leurs compatriotes Irina Moïsseïeva et Andrey Minenkov et les Américains Colleen O'Connor et James Millns[47].

Patinage de vitesse[modifier | modifier le code]

Saut à ski[modifier | modifier le code]

Ski alpin[modifier | modifier le code]

Ski de fond[modifier | modifier le code]

Cérémonie de clôture[modifier | modifier le code]

La cérémonie de clôture a lieu le 15 février à l'Olympiaeisstadion. La glace est recouverte de pelouse pour l'occasion. Les danseurs de la Société folklorique autrichienne et deux groupes carnavalesques se produisent au son de musique militaire tyrolienne en présence de 549 athlètes[48].

Tableau des médailles[modifier | modifier le code]

Seize des trente-sept nations participant à ces Jeux remportent au moins une médaille, comme détaillé dans le tableau ci-dessous. Déjà première en 1972, l'Union soviétique arrive largement en tête de ce tableau avec vingt-sept médailles (treize d'or, six d'argent et huit de bronze) dont dix gagnées en ski de fond et sept en patinage de vitesse. L'Allemagne de l'Est est deuxième, également comme à Sapporo. Cette équipe remporte les trois épreuves de luge et les deux épreuves de bobsleigh. L'Autriche, qui était deuxième en 1964, est cette fois septième avec six médailles[2].

Nations les plus médaillées
Rang Nation médaille d'or, Jeux olympiques médaille d'argent, Jeux olympiques médaille de bronze, Jeux olympiques Total
1 Drapeau : URSS Union soviétique 13 6 8 27
2 Drapeau : Allemagne de l'Est Allemagne de l'Est 7 5 7 19
3 Drapeau : États-Unis États-Unis 3 3 4 10
4 Drapeau : Norvège Norvège 3 3 1 7
5 Drapeau : République fédérale d'Allemagne Allemagne de l'Ouest 2 5 3 10
6 Drapeau : Finlande Finlande 2 4 1 7
7 Drapeau : Autriche Autriche 2 2 2 6
8 Drapeau : Suisse Suisse 1 3 1 5
9 Drapeau : Pays-Bas Pays-Bas 1 2 3 6
10 Drapeau : Italie Italie 1 2 1 4
11 Drapeau : Canada Canada 1 1 1 3
12 Drapeau : Royaume-Uni Grande-Bretagne 1 0 0 1
13 Drapeau : Tchécoslovaquie Tchécoslovaquie 0 1 0 1
14 Drapeau : Liechtenstein Liechtenstein 0 0 2 2
Drapeau : Suède Suède 0 0 2 2
16 Drapeau : France France 0 0 1 1
Total 37 37 37 111

Sportifs les plus médaillés[modifier | modifier le code]

Six sportifs, dont trois Soviétiques, remportent deux médailles d'or lors de ces Jeux. L'athlète la plus médaillée est la patineuse de vitesse Tatyana Averina, qui gagne quatre médailles en quatre courses : deux d'or et deux de bronze[16].

Sportifs les plus médaillés
Rang Athlète Sport médaille d'or, Jeux olympiques médaille d'argent, Jeux olympiques médaille de bronze, Jeux olympiques Total
1 Drapeau : URSS Tatyana Averina (URS) Patinage de vitesse 2 0 2 4
2 Drapeau : République fédérale d'Allemagne Rosi Mittermaier (FRG) Ski alpin 2 1 0 3
Drapeau : URSS Raisa Smetanina (URS) Ski de fond 2 1 0 3
4 Drapeau : Allemagne de l'Est Bernhard Germeshausen (GDR) Bobsleigh 2 0 0 2
Drapeau : URSS Nikolay Kruglov (URS) Biathlon 2 0 0 2
Drapeau : Allemagne de l'Est Meinhard Nehmer (GDR) Bobsleigh 2 0 0 2

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le chiffre indique le nombre de finales qui se tiennent ce jour-là pour chaque sport.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Kennedy et Patrick 2004, p. 367
  2. a, b, c, d, e et f Pierre Lagrue, « Innsbruck (Jeux olympiques d') 1976 - Contexte, organisation, bilan », Encyclopædia Universalis (consulté le 11 mai 2014) (inscription nécessaire)
  3. a et b Kennedy et Patrick 2004, p. 367-368
  4. Kennedy et Patrick 2004, p. 369
  5. Monnin 2010, p. 95
  6. Neumann 1976, p. 318-319
  7. Kennedy et Patrick 2004, p. 368-369
  8. a et b Neumann 1976, p. 184-185
  9. Monnin 2010, p. 203
  10. Neumann 1976, p. 179
  11. Neumann 1976, p. 395
  12. Neumann 1976, p. 188
  13. « Innsbruck 1976 », sur olympic.org (consulté le 11 mai 2014)
  14. « Sapporo 1972 », sur olympic.org (consulté le 11 mai 2014)
  15. (en) « Olympic Countries », sur sports-reference.com (consulté le 11 mai 2014)
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  24. (en) « Biathlon at the 1976 Innsbruck Winter Games: Men's 4 × 7.5 kilometres Relay », sur sports-reference.com (consulté le 29 mai 2014)
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  27. (en) « Bobsleigh at the 1976 Innsbruck Winter Games: Men's Four », sur sports-reference.com (consulté le 30 mai 2014)
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  30. (en) « Nordic Combined at the 1976 Innsbruck Winter Games: Men's Individual », sur sports-reference.com (consulté le 30 mai 2014)
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  33. Wallechinsky 2001, p. 18
  34. Mogore 1989, p. 137
  35. « Jeux Olympiques d'Innsbruck 1976 », sur hockeyarchives.info (consulté le 30 mai 2014)
  36. (en) « Luge at the 1976 Innsbruck Winter Games », sur sports-reference.com (consulté le 29 juillet 2014)
  37. La Suisse 1976, p. 155
  38. (en) « Luge at the 1976 Innsbruck Winter Games: Men's Singles », sur sports-reference.com (consulté le 29 juillet 2014)
  39. (en) « Luge at the 1976 Innsbruck Winter Games: Women's Singles », sur sports-reference.com (consulté le 29 juillet 2014)
  40. (en) « Luge at the 1976 Innsbruck Winter Games: Mixed (Men)'s Doubles », sur sports-reference.com (consulté le 30 juillet 2014)
  41. (en) « Figure Skating at the 1976 Innsbruck Winter Games », sur sports-reference.com (consulté le 30 juillet 2014)
  42. Wallechinsky 2001, p. 43-44
  43. (en) « Figure Skating at the 1976 Innsbruck Winter Games: Men's Singles », sur sports-reference.com (consulté le 30 juillet 2014)
  44. Wallechinsky 2001, p. 58
  45. (en) « Figure Skating at the 1976 Innsbruck Winter Games: Women's Singles », sur sports-reference.com (consulté le 30 juillet 2014)
  46. Wallechinsky 2001, p. 80-81
  47. Vallet 1988, p. 131
  48. Neumann 1976, p. 220

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) (fr) (en) (ru) [PDF] Bertl Neumann, XII. Olympische Spiele Innsbruck 1976 : Endbericht, Innsbruck,‎ 1976, 452 p. (lire en ligne)
  • (fr) Karl Schranz, Jeux olympiques d'hiver Innsbruck 1976, Sigloch Service Edition,‎ 1976 (résumé)
  • (fr) Innsbruck 76, La Suisse,‎ 1976 (résumé)
  • (en) John J. Kennedy, Jr. et Morgan Patrick, « Innsbruck 1976 », dans Encyclopedia of the Modern Olympic Movement, Westport (Connecticut, États-Unis), John E. Findling et Kimberly D. Pelle, Greenwood Press,‎ 2004, 602 p. (ISBN 0-313-32278-3, résumé), p. 367-372
  • (en) David Wallechinsky, The complete book of the Winter Olympics, Woodstock (New York, États-Unis), Overlook Press,‎ 2001 (ISBN 1-58567-195-9, résumé)
  • (en) Richard Espy, The Politics of the Olympic Games, Berkeley, États-Unis, University Press,‎ 1979 (ISBN 0-520-03777-4, lire en ligne)
  • (fr) Christian Mogore, La grande histoire des Jeux olympiques d'hiver, Chambéry (France), Agraf,‎ 1989 (ISBN 2-908240-01-7, résumé)
  • (fr) Stéphane Vallet, Les Jeux olympiques d'hiver, Lyon (France), La Manufacture,‎ 1988 (ISBN 2-7377-0057-4, résumé)
  • (fr) Éric Monnin, De Chamonix à Vancouver : Un siècle d'olympisme en hiver, éditions DésIris,‎ 2010 (ISBN 978-2-915418-38-5, résumé)

Lien externe[modifier | modifier le code]