Jeu de l'ultimatum

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Le jeu de l'ultimatum (en anglais : ultimatum game) se joue de la manière suivante : une première personne (joueur A) se voit attribuée une certaine somme d'argent, et doit décider quelle part elle garde pour elle et quelle part elle attribue à une seconde personne (joueur B). La seconde personne doit alors décider si elle accepte ou refuse l'offre. Si elle la refuse, aucun des deux individus ne reçoit d'argent.

Le modèle standard de l'Homo œconomicus postule que les individus poursuivent leur intérêt matériel individuel et agissent de manière rationnelle pour atteindre leurs objectifs. Dans un tel cas de figure, le joueur B devrait accepter toute offre supérieure à zéro de la part du joueur A, et le joueur A, anticipant la réponse du joueur B, devrait faire la plus petite offre positive possible. Ces deux prédictions sont rarement vérifiées et divers chercheurs, notamment des économistes comportementaux ont largement utilisé ce jeu pour tenter d'éclairer le rôle des notions de justice et de réciprocité dans les interactions sociales. Certains chercheurs ont cependant noté le caractère très artificiel de l'expérience, et émis l'hypothèse qu'avec le temps, un phénomène d'apprentissage conduirait les individus à modifier leur comportement[1].

Mécanismes cérébraux[modifier | modifier le code]

Certaines régions du cerveau (cortex cingulaire antérieur) sont plus fortement activées par les offres injustes que par les offres justes, et ces régions sont plus activées lorsque les offres injustes sont faites par un humain que lorsqu'elles sont faites par un ordinateur. Parmi celles-ci figurent l'insula antérieure bilatérale, impliquée dans les réactions de dégoût, et le cortex préfrontal dorsolatéral, qui joue un rôle dans la cognition. A offre égale, le taux de rejet est plus élevé lorsque l'activation de l'insula est forte, mais le niveau d'activité du cortex préfrontal ne semble pas avoir une influence significative[2].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) John Gale, Kenneth B. Binmore et Larry Samuelson, « Learning To Be Imperfect: The Ultimatum Game », Game and Economic Behavior, vol. 8, no 1,‎ 1995, p. 56-90 (DOI 10.1016/S0899-8256(05)80017-X)
  2. (en) Alan G. Sanfey, et al., « The Neural Basis of Economic Decision-Making in the Ultimatum Game », Science, vol. 300,‎ 2003, p. 1755-1758 (DOI 10.1126/science.1082976)