Jet d'eau de Genève

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Jet d'eau de Genève
Vue du jet d'eau depuis la rive droite.
Vue du jet d'eau depuis la rive droite.
Présentation
Type Jet d'eau
Date de construction 1891
Dimensions 140 m
Destination initiale Soupape de sécurité
Propriétaire Services industriels de Genève
Destination actuelle Attraction touristique
Géographie
Pays Drapeau de la Suisse Suisse
Canton Canton de Genève
Localité Genève
Adresse Quai Gustave Ador
Accès et transport
Gare Genève-Cornavin, Eaux-Vives
Tramway 12 Rive, Terrassière
Localisation
Coordonnées 46° 12′ 26″ N 6° 09′ 22″ E / 46.207222222222, 6.1561111111111 ()46° 12′ 26″ Nord 6° 09′ 22″ Est / 46.207222222222, 6.1561111111111 ()  

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Jet d'eau de Genève

Le jet d'eau, haut de 140 mètres, est l'emblème de la ville de Genève, en Suisse.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le premier jet d'eau à la Coulouvrenière, aux alentours de 1886.

Au XIXe siècle, Genève se développe de manière importante : de 64 000 habitants en 1850, elle passe à plus de 100 000 en 1890. Le besoin d'eau est impératif, tant pour l'industrie en développement que pour les habitants.

La ville décide donc la construction d'une usine hydraulique à la Coulouvrenière qui est mise en service le . Elle a pour mission de distribuer la force motrice du Rhône aux artisans genevois. Le soir, quand ces artisans arrêtent leurs machines, il se produit des surpressions. Les machinistes de la Coulouvrenière doivent se précipiter pour arrêter les pompes, car ils ne peuvent prévoir à quel moment exact la surpression se produit. C'est alors qu'on a l'idée de créer un débit supplémentaire, grâce à une vanne de sécurité, qui permet de contrôler la pression en laissant s'échapper vers le ciel l'eau en surpression.

Le premier jet d'eau, d'une hauteur de 30 mètres, vient de naître. Il est situé à l'extrémité de l'usine de la Coulouvrenière. Cependant, dès 1889, la fonction de soupape de sécurité revient au réservoir de Bessinge, proche de Cologny[1].

En juillet 1891, à l’occasion des 600 ans de la Confédération suisse, le Conseil administratif de Genève, conscient de l'intérêt esthétique et touristique décide de le recréer au bout de la jetée des Eaux-Vives, au cœur de la rade. Le nouveau jet d'eau, culminant alors à 90 mètres, est inauguré lors de la fête fédérale de gymnastique et mis en lumière le 2 août de la même année. Il était alors composé d'un puissant jet central et de quatre petits jets disposés en éventail qui furent par la suite supprimés. Ce nouveau jet d'eau ne fonctionnait que le dimanche. Il a été illuminé dès 1891 par des projecteurs installés sur un radeau dans la rade. Le jaune, le vert, le violet, le rouge et le blanc ont successivement habillé le jet d'eau et c'est finalement cette dernière couleur qui a été retenue, jugée alors la plus spectaculaire. L'éclairage est arrêté en 1931, les quais étant devenus trop lumineux pour que l'effet des projecteurs sur le jet d'eau soit remarquable. En 1906 sont installés deux groupes de moto-pompes à l'usine des Forces motrices qui permettent d'alimenter en eau toute la semaine le jet d'eau.

Dans les années 1930 est avancée l'idée de construire une station de pompage indépendante, le jet d'eau étant alors raccordé au réseau d'eau potable. Les plans détaillés de l'actuel jet d'eau furent établis en 1947 et acceptés en 1948. Les coûts furent partagés entre les Services industriels et le Conseil administratif de Genève. Les travaux commencèrent en 1950 et le premier essai fut mené à bien le . L'inauguration eut lieu le 3 mai de la même année. Une station de pompage autonome, partiellement immergée et utilisant l'eau du lac Léman, lui permet de fonctionner toute l'année.

Jusqu'en 2003, le jet d'eau est arrêté chaque année pour maintenance le deuxième dimanche du mois d'octobre et est remis en marche au mois de mars suivant, à l'occasion de l'ouverture du Salon international de l'Automobile[2]. Il est exceptionnellement mis en fonction lors d’évènements particuliers comme, par exemple, lors de la première rencontre entre le président américain Ronald Reagan et son homologue soviétique Mikhaïl Gorbatchev à l'occasion de la conférence sur le désarmement en 1985 à Genève.

Depuis 2003, le jet d’eau fonctionne toute l'année[3].

La couleur blanche de son panache est due à une buse qui remplit de bulles d'air l'eau projetée par la tuyère de 16 cm de diamètre.

Données techniques[modifier | modifier le code]

Vue aérienne du jet d'eau (rive droite et bains des Pâquis à l'arrière-plan).
Le lac et le jet d'eau vus de la ville.
  • Hauteur moyenne du jet : 140 mètres
  • Vitesse de sortie de l'eau : 200 km/h
  • Débit : 500 litres/seconde
  • Deux groupes moto-pompes d'une puissance totale de 1000 kW de 2400V.
  • Débit de chaque groupe : 250 litres/seconde
  • Puissance de l'éclairage : 9000 watts
  • Nombre de projecteurs : 12 avec des lampes à iodures métalliques
  • Coordonnées : 46° 12′ 26″ N 6° 09′ 22″ E / 46.20722, 6.15611 ()

La masse d'eau suspendue dans l'air est d'environ 7 tonnes et une goutte d'eau met 16 secondes à sa sortie de la buse pour retomber dans le lac.

L'ingénieur responsable du projet (conception et réalisation) est Oscar Herzog, le grand-père de l'alpiniste Maurice Herzog[4].

Concurrence internationale[modifier | modifier le code]

La compétition internationale fait rage pour battre le record du plus haut jet d'eau du monde. Le plus haut ayant jamais existé, le Jet d'eau de Djeddah, atteint 312 mètres de haut. Un autre, la World Cup Fountain (en), se situe au Seonyudo Park à Séoul, installé pour la Coupe du monde de football 2002, qui atteint 202 mètres (pour symboliser l'année 2002).

La hauteur du jet d'eau de Genève ne peut être augmentée, en raison de son implantation urbaine.

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Il était une fois le Jet d’eau... », sur Services industriels de Genève (consulté le 20 mars 2014)
  2. « Le jet d'eau de la Rade de Genève », sur http://www.sartoretti.org (consulté le 2 avril 2013)
  3. « Fête pour les 120 ans du Jet d’eau de Genève », sur Société Suisse de l’Industrie du Gaz et des Eaux SSIGE (consulté le 2 avril 2013)
  4. Maurice Herzog, le survivant de l'Annapurna - Catherine de Baecque - Arthaud - ISBN 978-2-0812-5427-5

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Elizabeth Williamson, Le Jet d'Eau de Genève : De Cendrillon à la Princesse des contes de fées, Genève, Slatkine,‎ mars 1990 (ISBN 978-2-05-101106-8, LCCN 91177732)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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