Jerónimo Lobo

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Jerónimo Lobo

Naissance 1593
Lisbonne, Portugal
Décès 29 janvier 1678 (à 85 ans)
Lisbonne, Portugal
Nationalité Portugais
Pays de résidence
Profession Missionnaire jésuite
Autres activités
écrivain

Jerónimo Lobo, né à Lisbonne en 1593 et y décédé le 29 janvier 1678 était un prêtre jésuite portugais. missionnaire en Éthiopie il œuvra pour la conversion de l'Église copte éthiopienne au catholicisme, mais sans succès. Expulsé avec les autres jésuites d'Éthiopie en 1633, et revenu en Europe, il écrivit une relation de son séjour en Éthiopie - l'Itinerario - qui fit longtemps autorité sur tout ce qui concernait ce pays.

Sa vie[modifier | modifier le code]

Né à Lisbonne en 1593 Jerònimo Lobo est le troisième enfant de Maria Brandão de Vasconcelos et Francisco Lobo da Gama, gouverneur du Cap-Vert. Il entra au noviciat des jésuites le 1er mai 1609, à l'âge de 14 ans. Peu après son ordination sacerdotale (le 22 avril 1621) il quitte l'Europe, envoyé comme missionnaire en Inde, Le voyage est difficile - son navire est attaqué au large du Mozambique mais il débarque à Goa en 1622

À la suite de la conversion au catholicisme du Nəgusä nägäst, Susenyos obtenue par Pedro Páez, Lobo quitta l'Inde en 1624 pour poursuivre l'œuvre missionnaire en Éthiopie. Il débarqua à Pate et tenta d'atteindre l'empire éthiopien en remontant le fleuve Jubba mais fut forcé de rebrousser chemin. Il repartit l'année suivante, accompagné par Afonso Mendes, le patriarche catholique d'Éthiopie, et huit missionnaires, débarquant, cette fois, à Beylul, un port sur la côte de la mer Rouge sous contrôle du roi des Afars, vassal de l'Empereur d'Éthiopie.

Après avoir traversé le désert dans les hauts plateaux éthiopiens, la communauté atteignit Fremona, où Lobo devint responsables des missions dans le Tigré.

À la demande de son petit-neveu Francisco da Gama, Comte de Vidigueira, et du gouverneur-général de l'Inde il récupéra les restes de Christophe de Gama, qui avait été capturé et exécuté par Ahmad ibn al-Ghazi Ibrihim en 1542. Il servit également en tant que missionnaire au sud-ouest du lac Tana, où il voyagea jusqu'à la source du Nil Bleu.

L'abdication de l'empereur Susenyos en 1632 laissa la communauté catholique de Jerònimo Lobo sans protecteur. Le successeur, Fasiladas, isola d'abord les missionnaires, de nouveau, à Fremona, puis en 1634 Lobo et ses compagnons furent expulsés d'Éthiopie, la communauté étant alors exposée aux vols, aux agressions et aux humiliations par la population locale avant d'atteindre Massawa dirigée par un Naib ottoman qui les envoya à son supérieur à Suakin, où le Pacha fut forcé de payer une rançon, avant qu'ils puissent retourner en Inde. Malgré l'accord conclu sur la rançon de 4300 patacas à payer, au dernier moment le pacha insista sur le maintien du patriarche Mendes et de trois autres prêtres supérieurs contre de l'argent supplémentaire.

Une fois que Lobo atteignit Diu, il repartit pour Goa en canoë où il arriva le 8 décembre 1634. Il tenta alors de convaincre le vice-roi Miguel de Noronha, conde de Linhares d'envoyer une flotte à la mer Rouge pour capturer Suakin et la ville de Massawa,  et délivrer le patriarche par la force, afin de restaurer le catholicisme en Éthiopie. Bien que le vice-roi fut disposé à effectuer une expédition punitive contre Suakin pour libérer le patriarche, il ne voulut pas clairement envoyer les forces portugaises. Par conséquent, Lobo mécontent de la décision du vice-roi, s'embarqua pour le Portugal. Après avoir fait naufrage sur la côte de Natal et s'être fait capturer par des pirates, il arriva finalement à Lisbonne. Mais ni dans cette ville, ni à Madrid et ni à Rome, les plans de Jerònimo Lobo ne furent acceptés.

Il retourna en 1640 en Inde où il devint recteur (puis supérieur provincial) des jésuites à Goa. Il revint quelques années plus tard dans sa ville natale où il mourut.

Ses écrits[modifier | modifier le code]

Un certain nombre d'écrits de Lobo ont survécu. Il tint notamment une correspondance avec Henry Oldenburg de la 'Royal Society' concernant la source du Nil, ce qui a probablement conduit à la publication à Londres d'un petit livre intitulé A Short Relation of the River Nile, of its source and current; of its overflowing the campagnia of Ægypt, till it runs into the Mediterranean and of other curiosities: written by an eye-witnesse, who lived many years in the chief kingdoms of the Abyssine Empire traduit par Sir Peter Wyche.

Gabriel Pereira rapporte en 1903 avoir trouvé trois courts manuscrits de Lobo dans la bibliothèque du duc de Palmela, et en 1966 Fr. Manuel Gonçalves da Costa a découvert dans la bibliothèque d'Ajuda à Lisbonne une autre œuvre de Lobo, Breve Noticia e Relação de Algumas Cousas Certas não vulgares, e Dignas de se saberem, escritas e [sic] Instância de Curiosos, qui contient les informations de A short Relation....

Son œuvre la plus connue sont ses mémoires des années 1622-1640, qui concernent son voyage en Inde, ses expériences en Éthiopie, et son voyage de retour au Portugal : l' Itinerario, qui n'a cependant pas été publié de son vivant. Baltazar Téllez s'inspire beaucoup des écrits de Lobo dans son Historia geral da l'Ethiopie a. Alta (Coimbra, 1660).

L'œuvre de Lobo a été traduite par l'abbé Joachim Legrand en français en 1728 à partir d'une copie détenue par le comte d'Ericeira, sous le titre de Voyage historique d'Abissinie. Une version abrégée en anglais fut traduite par le Dr Samuel Johnson en 1735.

Fr. da Costa a découvert un autre manuscrit de travail de Lobo dans la Biblioteca Pública de Braga en 1947.  L'ensemble de ce manuscrit a été traduit par Donald M. Lockhart, et publié avec une introduction et des notes par FC Beckingham par la Hakluyt Society en 1984.

Sources[modifier | modifier le code]