Jehan Titelouze

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Jehan Titelouze (ou Jean Titelouze), né à Saint-Omer sans doute en 1563, mort à Rouen le 25 octobre 1633, est un organiste et compositeur français. Il est considéré comme le fondateur (ou le père) de l’école française d’orgue.

Biographie[modifier | modifier le code]

La cathédrale de Rouen, où Titelouze fut organiste de 1588 à sa mort.

Son père était ménétrier : lui-même arriva à Rouen vers l’âge de vingt ans et devait y demeurer pendant le restant de sa vie. Il devint organiste de l’église Saint-Jean en 1585, puis titulaire du grand-orgue de la cathédrale Notre-Dame en 1588. Celui-ci était à cette époque un des instruments les plus considérables du royaume, ce qui laisse à penser le talent de ce musicien de 25 ans. Il devint chanoine de la cathédrale en 1610, et acquit dans cette position la plus grande renommée comme exécutant, compositeur, professeur, expert en facture instrumentale et théoricien de la musique.

Il forma de très nombreux disciples et fut ami de Marin Mersenne avec qui il échangea une correspondance suivie et auquel il fournit de précieux conseils dans la rédaction de son œuvre maîtresse : L’Harmonie universelle publiée de 1634 à 1637. D'ailleurs, l’auteur regrette que Titelouze n’ait pas pu disposer des « caractères particuliers pour marquer les endroits des martèlements, des tremblements, des battements et autres gentillesses dont cet excellent organiste enrichit son jeu lorsqu'il touche les claviers… » (L. VI des Orgues, Proposition XL)

Il publie deux recueils de musique d’orgue, en 1623 et 1626, qui inaugurent véritablement la littérature de l’instrument en France car la musique est notée sur deux portées avec clés d'ut et de fa, et non plus en tablature. L’invention y est beaucoup plus soutenue et contrainte que chez son contemporain italien Girolamo Frescobaldi dont il n’a ni l’impétuosité, ni l’audace rythmique et harmonique, ni le caractère fantasque. Titelouze n’est pas un novateur, mais il porte à un point de perfection encore inconnue une polyphonie savante, monumentale et plutôt sévère.

En 1942, l'organiste et compositeur Marcel Dupré lui rend hommage dans son recueil pour orgue Le Tombeau de Titelouze, op. 38.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Hymnes de l’Église pour toucher sur l’orgue, avec les fugues et recherches sur leur plain-chant. Paris : Pierre I Ballard, 1623. Seconde impression en 1624.
1. Ad cænam agni providi (Lucis creator optime). 2. Veni creator Spiritus. 3. Pange lingua gloriosi. 4. Ut queant laxis (Iste confessor). 5. Ave maris stella. 6. Conditor alme siderum. 7. A solis ortus cardine (Crudelis Herodes). 8. Exultet cælum laudibus (Jesu corona virginum ou Pater superni luminis). 9. Annue Christe sæculorum. 10. Sanctorum meritis (Sacris solemniis). 11. Iste confessor. 12. Urbs Jerusalem beata.
  • Le Magnificat ou Cantique de la Vierge pour toucher sur l’orgue suivant les huit tons de l’Église. Paris : Pierre I Ballard, 1626.
Chacun comporte 7 versets : Magnificat - Quia respexit - Et misericordia - Deposuit potentes (2 versions) - Suscepit Israel - Gloria Patri et Filio.
Primi Toni - Secundi Toni - Tertii Toni - Quarti Toni - Quinti Toni - Sexti Toni - Septimi Toni - Octavi Toni.

Des exemplaires des éditions originales de ces deux recueils sont conservées à la Bibliothèque Sainte-Geneviève de Paris.

Discographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  • Jehan Titelouze, par Brigitte François-Sappey dans le Guide de La Musique d'Orgue, dir. G. Cantagrel, Paris, Fayard, 2012, p. 928-932.
  • Gastoué, Amédée. 1930. Note sur la généalogie et la famille de l'organiste Titelouze, RdM, xi, p. 171–5.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Documentation[modifier | modifier le code]

Écoute[modifier | modifier le code]

Partitions gratuites[modifier | modifier le code]