Jehan Bagnyon

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Jehan Bagnyon ou Jean Bagnyon est un juriste, un historien et un homme politique, né en 1412, à Croy, une commune du canton de Vaud. À cette époque le district faisait encore partie intégrante du duché de Savoie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Bachelier ès lois, citoyen de Lausanne, il débute sa carrière comme conscindic (syndic) de la cité de Lausanne, mais une mauvaise gestion des finances de la cité le contraint à s'installer à Genève.

En 1478, il est l'auteur du Rommant de Fierabras le géant paru à Genève.

Le 18 janvier 1481 il est choisi par la cité de Lausanne « pour faire avancer et soumettre à consultation la question de l'union » avec la ville inférieure.

En 1486, il rédige un traité en latin — Tractatus de et super libertatibus, franchesiis, preeminenciis ac exemptionibus a subjectione dominiorum temporalium eminentis fructifere et solaciose civitatis Gebennarum, (Traité de et sur les libertés, franchises, prééminences et exemptions de la sujétion des dominations temporelles de l'éminente, féconde et délectable cité de Genève), probablement le plus ancien ouvrage de droit laïc imprimé en Suisse romande — dans le but de défendre les libertés de la ville de Genève et prouver qu'elle ne dépendait pas du duc de Savoie mais que ses habitants étaient sujets de l'évêque. Ce traité ne fut imprimé que quelques années après sa rédaction, peut-être en 1493. Il reçut la bourgeoisie de Genève en récompense de son labeur en faveur des libertés genevoises dans l'affaire des subsides de 1486-1487.

En 1489, il édite sa principale œuvre, une Histoire de Charlemagne parue à Lyon et qui lui avait été commandée dès 1465 par le chanoine Bolomier, des chapitres de Lausanne et Genève, futur confesseur du duc Philibert Ier de Savoie (1465-1482). Cette somme est une synthèse romanesque de vielles chansons de geste, elle fut plusieurs fois rééditée jusqu'au XIXe siècle. La geste du géant Fierabras avait fait l'objet en 1478 d'une édition à part.

Jehan Bagnyon apparaît comme un véritable conteur talentueux avec un récit structuré et une unité nette autour du sujet principal, sans digressions. Le merveilleux est moins présent et les questions morales plus approfondies dans le commentaire desquelles il montre sa maîtrise de la rhétorique. En tant qu'humaniste, il se référence souvent à la tradition antique et cite souvent la Bible[1].

Livres[modifier | modifier le code]

  • H.E. Keller : « Une histoire de Charlemagne en Suisse romande » in Mélanges d'études romanes du Moyen Âge et de la Renaissance, Genève, 1992.
  • André de Mandach : Naissance et Développement de la Chanson de geste en Europe V : La Geste de Fierbras, Le Jeu du Réel et l’Invraisemblable, Genève 1987.
  • Clémence Thévenaz Modestin :
    • L'évêque de Genève est-il soumis à l'Empire ? L'argumentation du juriste Jean Bagnyon (1487)
    • « Un juriste au cœur des conflits : Jean Bagnyon au service des villes de Lausanne et de Genève (XVe siècle) », in Mémoires de la Société pour l'histoire du droit et des institutions des anciens pays bourguignons, comtois et romands.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Source initiale : un article de L'Essor savoyard du 11 septembre 2008, rédigé par Rémi Mogenet