Jeanne d'Autriche (1535-1573)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Jeanne d'Espagne, v. 1557
Armoiries de Jeanne en tant que princesse de Portugal
Armoiries de Jeanne d'Autriche dans le Real Colegio de San Agustín de Alcalá de Henares.

Jeanne d'Autriche (ou Jeanne de Habsbourg) née le à Madrid et décédée le à San Lorenzo de El Escorial, est une princesse espagnole, fille de Charles Quint et d'Isabelle de Portugal.

Elle épouse en 1552 son cousin germain Jean-Manuel, prince héritier de Portugal. Dix-huit jours après le décès de son mari, le 2 janvier 1554, naît leur enfant Sébastien Ier de Portugal.

Veuve à 19 ans, elle réclame en vain la régence au nom de son fils. Dans le conflit qui l'oppose à sa belle-mère et tante Catherine d'Espagne, les deux dames s'en remettent au roi d'Espagne et empereur germanique, Charles Quint, leur frère et père, qui tranche en faveur de sa sœur. Jeanne se retire alors à Tordesillas, en Castille. Elle n’en gouverne pas moins le royaume d’Espagne durant les absences de Philippe II en Angleterre et en Flandres, entre les années 1554 et 1559.

Jésuite[modifier | modifier le code]

Avant son veuvage, Jeanne était déjà en contact avec François de Borgia, jésuite, qui avait organisé pour les dames de sa cour des journées de retraite spirituelle. Après la mort de son mari, son penchant pour la vie spirituelle s’accentue. Borgia la guide dans la pratique des Exercices spirituels.

Jeanne demande à entrer dans la Compagnie de Jésus. Le cas est délicat, sinon exceptionnel : d’autres femmes avaient été admises, quelque dix ans auparavant, mais Ignace de Loyola avait décidé dès 1547 de les délier de leurs vœux. Il demande conseil à une commission de cinq pères, le 26 octobre 1554. Leur avis est positif. Ignace en informe Jeanne[1]. Reçue sous le pseudonyme masculin de Mateo Sánchez, elle prononce ses vœux de religion[2].

Même si elle ne vécut jamais dans une communauté jésuite, son style de vie austère[3], ses œuvres charitables et son engagement apostolique font preuve d’un esprit religieux évident. Elle soutient activement les œuvres jésuites et les défend contre les attaques du dominicain Melchior Cano. Son intervention permet la fondation du collège de Saragosse. Elle envoie des étudiants au collège Romain et intervient pour que la Compagnie de Jésus soit autorisée à ouvrir une résidence à Louvain, dans les Pays-Bas espagnols. À la demande d'Ignace de Loyola, elle obtient du pape que Borgia ne soit pas fait cardinal[4].

Elle demeure la seule femme à avoir vécu en « jésuite » (avec le rang de scolastique) jusqu’à sa mort, le 7 septembre 1573[2].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Dans une lettre datée du 3 janvier 1555.
  2. a et b Hugo Rahner, Ignace de Loyola et les femmes de son temps, tome I, Paris, Desclée De Brouwer, 1963, p. 95-122 ; cité par Annie Molinié-Bertrand, Alexandra Merle et Araceli Guillaume-Alonso, Les Jésuites en Espagne et en Amérique : Jeux et enjeux du pouvoir (XVIe-XVIIIe siècles), Presses de l'Université Paris-Sorbonne, 2007, 631 p. (ISBN 9782840504894), p. 357.
  3. Les gens de sa cour se plaignaient que le palais avait été transformé en couvent.
  4. Les jésuites font vœu de ne pas accepter de dignité ecclésiastique.

Liens internes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Généalogie des rois et des princes de Jean-Charles Volkmann Edit. Jean-Paul Gisserot (1998)