Jeanne d'Arc (téléfilm, 1999)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Jeanne d'Arc (homonymie).

Jeanne d'Arc

Titre original Joan of Arc
Genre drame, historique, fantastique
Création Christian Duguay
Michael Alexander Miller
Ronald Parker
Production Peter Bray
Musique Asher Ettinger
Tony Kosinec
Charlotte Church (chant)
Pays d'origine États-Unis
Nb. d'épisodes 2 (diffusion aux États-Unis)
2 (diffusion en France sur TF1)
Durée 2'20 (diffusion aux États-Unis)
2'51 (diffusion en France)
3'09 (DVD aux États-Unis)
3'04 (DVD en France)

Jeanne d'Arc est un téléfilm canadien réalisé en 1999 par Christian Duguay.

Le film, très complet (de la naissance à la mort de Jeanne), ne prétend pas être historique, n'avance pas d'hypothèse rationnelle, n'ajoute pas de grands éléments fictifs à l'histoire, mais se repose largement sur des écrits et les respecte assez fidèlement.

Il n'avance pas non plus d'alternative à l'encontre de la sincérité des dires de Jeanne d'Arc, rend une image simple et posée de celle-ci : une fille pieuse, courageuse et charismatique.

Le film a choisi d'omettre des détails comme les examens de Jeanne et certains personnages (Gilles de Rais, Dunois, Xaintrailles…) et d'insister sur les caractères des personnages qui figurent dans le film afin de mieux les cerner et les rendre plus vivants, plus attachants ou plus détestables.

Il ne s'agit donc pas d'un film documentaire tel que Jeanne la Pucelle de Jacques Rivette, bien que le film présent narre de nombreux détails historiques, même s'ils ne reposent pas entièrement sur les faits écrits (capture de Jeanne par exemple).

Finalement, malgré l'histoire romancée, le film donne une image sans creux et assez crédible de l'histoire officielle de Jeanne (une Jeanne et une histoire "qui tiennent la route" en quelque sorte).

Résumé[modifier | modifier le code]

En guise d'introduction, on peut lire le message de Merlin disant qu'une pucelle délivrerait la France[1].

Le film commence par la naissance de Jeanne (1412), l'accouchement d'Isabelle, immédiatement suivie par une attaque de Domrémy par les Bourguignons. Les habitants se réfugient dans un fort en ruines (le château fort de Neufchâteau ?).

Dix ans plus tard (1422), lors d'une messe avec sa famille à l'église du village, elle entend des voix qui insisteront une fois qu'elle sera seule à l'église, après quoi elle a une entrevue avec le curé qui admire sa foi infantile. Il lui raconte la situation de la France.

Sept ans plus tard (1429), lors d'une visite à l'église et d'une discussion avec le curé lui révélant ses voix, un deuxième attaque de Bourguignons a lieu. Une fois de plus, les habitants de Domrémy se réfugient au fort, mais Jeanne perd son meilleur ami, qui, aveugle, est resté à Domrémy. Pleurant le Ciel, elle obtient clairement un message sous une pluie battante. Une fois les Bourguignons partis, les habitants revenus à Domrémy, le capitaine de Vaucouleurs Robert de Baudricourt arrive avec quelques soldats. Jeanne se cache alors dans un chariot que le capitaine affirme être destiné au dauphin, à Chinon, après s'être en vitesse confessée au curé. Mais ce chariot arrive à la place forte de Vaucouleurs.

Jeanne, introduite par un Jean de Metz moqueur, va alors voir le capitaine, qui ne la prend pas au sérieux. Renvoyée, Jeanne fait des miracles à Vaucouleurs. Robert de Baudricourt la fait alors venir et l'envoie à cheval à Chinon, escortée par Jean de Metz et Bertrand de Poulengy.

Contournant Orléans assiégée, elle s'arrête dans un village, où, dans une chapelle, trouve une épée portant cinq croix. Jean de Metz change alors de comportement vis-à-vis d'elle. Jeanne se coupe seule les cheveux, se regardant dans l'eau d'un ruisseau. Arrivée à Chinon, elle rencontre un dauphin désespéré et peu recommandé, à qui elle confie en seul-à-seul un message après l'avoir désigné au milieu de la foule, après quoi il l'envoie sans hésiter à Poitiers afin de la faire examiner.

Jeanne rejoint l'armée et va commencer par rejoindre l'armée postée à Orléans, en armure. Toute l'armée l'acclame déjà, hormis La Hire qui, lui, restera tout le long du film très distant au sujet des voix de Jeanne, mais sera néanmoins loin de la mépriser. C'est Jeanne qui prépare le plan d'attaque des Tourelles, non sans donner une chance de se retirer en paix aux Anglais. La Hire, agacé par la bonté de Jeanne, lui raconte la débâcle d'Azincourt à laquelle il a participé[2] et, le lendemain, lui montre, comme il le prévoyait, que les Anglais restent décidés à garder la place.

Lors de la première vague d'assaut, Jeanne est blessée par une flèche à l'épaule[1], à la grande joie des Anglais qui la croient morte. Elle demande alors pourquoi son armée bat en retraite. Lors de l'opération médicale d'urgence pratiquée par les secouristes et urgentistes de l'époque, elle a une vision. Une fois la flèche retirée, elle demande à l'armée de renouveler l'attaque et y participe à nouveau. Les Anglais sont cette fois apeurés. Elle sauve le capitaine La Hire (qui lui en voudra d'avoir sali ainsi son honneur) avant que l'armée prenne les Tourelles.

Le dauphin se fait couronner à Reims, Jeanne d'Arc à ses côtés. Après le sacre, Pierre Cauchon, qu'elle a déjà rencontré au château de Chinon et qui doute de l'authenticité de ses voix, a une longue conversation seul avec Jeanne.

La Hire doutant du bien-fondé du siège de Paris car le roi Charles VII a signé un traité de paix avec les Bourguignons, Jean de Metz prend la tête de l'armée. Bertrand de Poulangy, qui meurt au cours de ce siège vain, est adoubé chevalier in extremis.

De retour chez ses parents, Jeanne demande en vain le pardon à son père de lui avoir désobéi, étant partie en mission sans sa permission. Charles VII remet à Jeanne ses lettres d’anoblissement, la charte anoblissant Jeanne et toute sa famille, en lui permettant d'adjoindre à son nom la particule du Lys. Répondant à l'appel des habitants de Compiègne assiégée par les Bourguignons, elle y est capturée alors qu'elle a pressenti que le roi va la trahir et que la mère du roi l'en a dissuadé, considérant que son fils, bâtard, ne mérite pas un tel sacrifice. Elle est condamnée à l'issue de son procès pour hérésie (principalement sous l'impulsion de Jean Lemaître le vice-inquisiteur de Rouen, l'évêque Pierre Cauchon qui a finalement pitié d'elle voulant lui épargner le bûcher) et brûlée à Rouen, l'armée de La Hire arrivant trop tard pour la sauver. Jean de Metz rapporte son étendard à ses parents à Domrémy, ces derniers comprenant décès de leur fille.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

personnage acteur rôle historicité
Jeanne d'Arc Leelee Sobieski héroïne de France,
pucelle d'Orléans
réalité[3]
Isabelle d'Arc Jacqueline Bisset mère de Jeanne réalité
Jacques d'Arc Powers Boothe père de Jeanne réalité
Jacquemin (Jacques) Jiri Trnka frère de Jeanne réalité
Pierre d'Arc Justin Peroff frère de Jeanne,
compagnon d'armes de Jeanne
réalité
Jean d'Arc Mikulas Mara frère de Jeanne réalité
Catherine d’Arc, sœur de Jeanne, n’apparaît pas dans le film.
Michel d'Arc Josef Pejchal frère de Jeanne fiction
épouse de Michel d'Arc Klára Issová épouse de Michel d'Arc fiction
Émile Kris Lemche meilleur ami de Jeanne fiction
Émile enfant Jared Wall meilleur ami de Jeanne fiction
Père Monet Robert Loggia curé de Domrémy fiction
Jean de Metz Chad Willett compagnon d'armes de Jeanne
compagnon des premiers heures
réalité
Bertrand de Poulengy Cliff Saunders compagnon d'armes de Jeanne
compagnon des premiers heures
réalité
Robert de Baudricourt Maury Chaykin seigneur de Vaucouleurs réalité
Louis[4] Chris Hoffman compagnon d'armes de Jeanne fiction[4]
Raymond[4] Matt Hoffman compagnon d'armes de Jeanne fiction[4]
Sœur Babette Olympia Dukakis religieuse fiction
Charles VII Neil Patrick Harris roi de France (1422-1461) réalité
Pierre Cauchon Peter O'Toole évêque de Beauvais,
dirigeant du procès de Jeanne
réalité
La Trémoille Robert Haley chambellan méprisant Jeanne réalité
La Hire Peter Strauss compagnon d'armes de Jeanne réalité
Dunois Ron White compte de Dunois,
compagnon d'armes de Jeanne
réalité
Glasdale David Schofield commandant des Tourelles réalité
Le duc de Bedford Jonathan Hyde régent du roi d'Angleterre Henry VI réalité
Le duc de Bourgogne Jaimz Woolvett duc de Bourgogne réalité
L'archevêque John Standing l'archevêque transfertant Pierre Cauchon
à Beauvais
fiction
Le duc de Luxembourg David Nykl le duc capturant Jeanne réalité
Madame de Beaurevoir Shirley MacLaine tante du duc de Luxembourg réalité
Jean Le Maistre Maximilian Schell vice-inquisiteur de Rouen actif
au procès de Jeanne
réalité
Jean d'Estivet Ted Atherton chanoine participant activement
au procès de Jeanne
réalité
le chapelain Rick Warden chapelain chargé
de noter le procès
fiction

Comparaisons du film avec l'Histoire et les autres versions[modifier | modifier le code]

  • Dans le film, deux attaques de Domrémy par les Bourguignons apparaissent, une à la naissance de Jeanne et une autre 17 ans plus tard. Lors des deux attaques, les habitants du village se réfugient dans des ruines isolées à proximité de Domrémy. Historiquement, Domrémy a été attaquée effectivement deux fois par les Bourguignons, le village étant proche des terres bourguignonnes. Les habitants se sont réfugiés chaque fois à Neufchâteau. Il est bien possible que le château de la ville de Neufchâteau, construit aux alentours de l'an 1000, ait déjà été en ruines au XVe siècle.
  • Dans le film, les premières voix se manifestent quand Jeanne a dix ans. Historiquement, elle apparaissent à partir des 13 ans de Jeanne. Il est vrai qu'il est fortement déconseillé de recommander le jeûne à un enfant (quoique pas non plus à un adolescent), et Jeanne jeûnait souvent (pour une raison religieuse).
  • Dans le film, c'est le père de Jeanne, Jacques, qui ordonne aux habitants d'aller se réfugier dans le fort et qui prend la parole lorsque le village voisin vient demander de la nourriture. En effet, Jacques d'Arc était le doyen de Domrémy (en quelque sorte le maire du village).
  • Dans le film, Jeanne rencontre par deux fois Robert de Baudricourt. Contrairement aux faits historiques, entre les deux entrevues, elle reste à Vaucouleurs et n'y est jamais conduite par son oncle Durand Laxart. Ce même personnage n'apparaît pas dans le film.
  • Dans le film, l'archevêque Pierre Cauchon dit au dauphin que Jeanne le reconnaîtra tout de suite au milieu de la foule par son allure jeune, ce qui est plus crédible que le miracle légendaire de la reconnaissance, mais le roi n'a jamais joué à se dissimuler parmi ses sujets[5].
  • Dans le film, Charles VII est un mécréant de la pire espèce, en tant que roi comme dauphin. Il est de plus machiavélique, fourbe, traître, lâche et ingrat, quoique pas naïf. Il ne croit jamais aux voix de Jeanne d'Arc mais à son charisme et son intelligence, et donc à sa capacité de jouer à la pucelle (d'ailleurs, il dit à Jeanne qu'elle n'est pas la première pucelle à se présenter devant lui - ce qui n'est historiquement pas faux) afin de redonner courage à l'armée française. Lors d'une entrevue avec Jeanne, il lui dit bien que rien ne l'oblige à aller porter secours aux habitants de Compiègne (où Jeanne se fera capturer par des Bourguignons), sans doute pour se laver les mains à l'avance de sa trahison. Historiquement, il n'a effectivement rien tenté pour Jeanne d'Arc, mais par la suite a entrepris de grandes réformes, comme réhabiliter Jeanne.
  • Dans le film, le duc de Bedford reproche à Philippe de Bourgogne, d'avoir détourné ses troupes du siège d'Orléans, ce qui s'est réellement produit peu avant la prise des Tourelles par l'armée française sous Jeanne d'Arc pour une dispute d'argent. Il ne restait donc plus que les quelques Anglais postés à Orléans. C'est un facteur qui explique la facilité de la prise soudaine des Tourelles, lors de le venue de Jeanne au siège d'Orléans.
  • Dans le film, dans une chapelle (qui se trouve historiquement à Sainte-Catherine-de-Fierbois), c'est elle-même qui découvre une épée dont la lame est ornée de cinq croix. Historiquement, elle demande à des soldats d'en déterrer une, celle que l'on dira être de Charles Martel.
  • L'anoblissement de Jeanne d'Arc s'est réellement déroulé comme dans le film (comme l'exemption d'impôts pour Domrémy, la décoration ce qui perdurera jusqu'en 1571 et jusqu'en 1766 pour le village voisin, Greux). Charles VII l'appelle officiellement par son nom (D'Arc). En 1614, Louis XIII (1610-1643) retira le titre de noblesse à la famille D'Arc.
  • Dans le film, à Compiègne, elle se laisse vite capturer et emmener par des Bourguignons alors qu'elle était en pleine discussion avec ses compagnons d'armes. En réalité, elle a été capturée dans une bataille avec les Bourguignons lorsque son armée battait en retraite, devant une porte fermée (voir le film Jeanne d’Arc de Luc Besson). C'est probablement cette porte qui a changé le destin de Jeanne ; c'est donc un détail très important et difficilement ignoré que le scénariste a choisi de changer.
  • Avant la rétractation de Jeanne, dans le cachot, Jean de Metz lui dit que son armée va la délivrer, mais elle vient finalement trop tard. Cette entrevue est fictive, et, bien qu'une armée fidèle à Jeanne et commandée par La Hire a effectivement tenté d'attaquer Rouen (une armée s'était installée à Louviers), le seul résultat a été la capture du commandant, trahi par des Bourguignons.
  • Le développement du personnage de La Hire et le fait qu'il n'est jamais montré en train de jurer lui donne un autre visage, bien que restant belliqueux, plus proche, plus brave et plus noble que bien des autres versions.

En dehors des événements, de nombreux personnages réels, souvent absents ou très peu présentés dans d'autres films sur Jeanne d'Arc (pas documentaires), apparaissent significativement dans celui-ci (dans l'ordre d'apparition) :

Récompenses[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b réalité
  2. Il dit à Jeanne que les Français étaient numériquement supérieurs aux Anglais et qu'il y avait une zone de terre boueuse, ce qui est authentique, mais La Hire n'a pas participé à cette bataille.
  3. Selon certaines personnes, Jeanne n'était pas de la famille D'Arc.
  4. a, b, c et d Un Louis et un Raymond ont bien existé lors de la campagne de Jeanne, Louis de Coutes et Raymond de Coutes, et ce serait une énorme coïncidence que le scénario ait choisi ces noms au hasard, mais leur rôle n'est pas exact dans le film.
  5. Henri Guillemin